Les troubles anxieux

L’anxiété est une réaction émotive provoquée par l’appréhension d’évènements pénibles et remplit une fonction très importante : reconnaître le danger et y réagir. Elle est universelle et adaptative : tout le monde est anxieux à un moment ou à un autre. Or, il arrive que celle-ci ait une emprise excessive sur certaines personnes ou qu’elle soit présente de façon démesurée pour la situation ou répétée, ce qui peut entraîner diverses conséquences nuisant à la gestion du quotidien. Lorsque l’anxiété est source de détresse ou de souffrance et qu’elle nuit au fonctionnement, il est possible qu’on ait affaire à un trouble anxieux.

Peu importe l’ampleur de ce trouble, on peut arriver, par divers moyens, à retrouver un fonctionnement normal et une bonne santé mentale. Pour en savoir plus, consultez les onglets à droite ou communiquez avec nous.

Pour plus d’information, cliquez sur les volets ci-dessous

Il est possible de retrouver du pouvoir sur sa santé et d’apprendre à mieux composer avec un trouble à condition d’y aller petit à petit. Comprendre davantage le trouble et ainsi en savoir plus sur la façon dont il se manifeste pour soi est une étape importante.

Brian Bexton, M.D., psychiatre, psychanalyste et vice-président de Revivre

Visualiser la version PDF

Qu’est-ce que la phobie sociale?

Les personnes souffrant de phobie sociale ressentent une peur intense et persistante dans une ou plusieurs situations sociales ou de « performances » telles que manger en groupe, parler à des inconnus, faire un exposé devant un public, parler à des personnes en position d’autorité, etc. L’anxiété est liée à la peur d’être jugé de façon négative, d’être ridiculisé ou d’être humilié. Certaines personnes ont aussi la crainte de révéler des signes d’anxiété (ex. : rougir, trembler), de se comporter de façon embarrassante et de ressentir de la honte. Tout le monde peut éprouver de la gêne dans certaines situations, mais la phobie sociale est beaucoup plus envahissante et intense.

Les causes ne sont pas encore très bien connues, mais certains facteurs psychologiques sont souvent présents : une faible estime de soi, un manque de confiance en soi, des standards de réussite élevés, un sens de l’autocritique sévère, et le fait d’accorder beaucoup d’importance à l’opinion des autres.

La phobie sociale se développe parfois à la suite d’un traumatisme. Des expériences humiliantes ou des situations de rejet et d’exclusion sociale persistantes pendant l’enfance et l’adolescence peuvent favoriser l’apparition du trouble.

Certaines études mettent aussi en lumière un déséquilibre biochimique dans certaines régions du cerveau qui impliquerait plusieurs neurotransmetteurs (noradrénaline, GABA, sérotonine, dopamine).

Le trouble commence la plupart du temps à l’enfance ou à l’adolescence et a tendance à être familial. Les chiffres diffèrent selon les études, mais il atteindrait entre 3 et 13 % de la population. D’autres troubles sont souvent associés : anxiété généralisée, phobie spécifique, trouble panique, personnalité évitante, ainsi que certains troubles de l’humeur, dont la dépression.

Signes avant-coureurs

Les premières manifestations de l’anxiété sociale se présentent souvent sous la forme de malaises et de sensations désagréables ressentis lors de situations sociales, telles que celles mentionnées précédemment.

La personne qui est atteinte de phobie sociale ressent souvent une importante souffrance et a de la difficulté à fonctionner normalement dans sa vie quotidienne, professionnelle ou sociale. Elle peut aussi adopter des comportements d’évitement lors de certaines situations, ce qui peut grandement nuire à sa qualité de vie et entraîner de l’isolement.

Le trouble touche les gens à différents degrés, mais il arrive parfois que la personne commence par s’empêcher d’aller à des activités qui l’intéressent, et cela peut aller jusqu’à s’isoler complètement des autres, ce qui peut engendrer un fort sentiment de solitude.

Symptômes

Les symptômes les plus fréquents sont les suivants : palpitations cardiaques, rougissement, tremblements, transpiration, problèmes de digestion, nausée, mutisme, bredouillement, bouche sèche, confusion et attaques de panique.

Traitements

Il est parfois possible de s’en sortir par soi-même avec le temps lorsque le trouble n’envahit pas plusieurs sphères de la vie, mais la psychothérapie peut apporter un soutien précieux à plusieurs niveaux. En thérapie, plusieurs moyens peuvent être utilisés pour apprendre à gérer l’anxiété : techniques de relaxation, entraînement aux habiletés sociales, exercices visant à travailler sur les pensées et les croyances associées à l’anxiété. La personne peut aussi apprendre à modifier ses comportements pour affronter les situations au lieu de les fuir.

Certains médicaments, tels que les benzodiazépines et les antidépresseurs, peuvent aussi être prescrits pour aider à soulager les symptômes. Si les premiers peuvent offrir un soulagement temporaire et être utilisés au besoin lorsqu’une situation anxiogène se présente, les seconds sont souvent prescrits pour un traitement à long terme puisqu’ils procurent moins de problèmes au niveau de la dépendance et de l’accoutumance que les benzodiazépines.

Par ailleurs, les groupes d’entraide, notamment ceux offerts à Revivre, peuvent permettre de briser l’isolement en réunissant des gens qui vivent des situations similaires. C’est un lieu où l’on peut partager ses émotions sans crainte d’être jugé. Aussi, il peut être enrichissant d’entendre les témoignages d’autres personnes qui ont appris à vivre avec ce trouble.

Où s’adresser?

Si vous croyez souffrir de phobie sociale et désirez en savoir plus sur les traitements disponibles, l’une des premières étapes pourrait être d’en parler à un médecin. En ce qui concerne l’aide psychologique, on peut s’adresser à un psychothérapeute reconnu par un ordre professionnel, tel qu’un psychologue ou un travailleur social.

Brian Bexton, M.D., psychiatre, psychanalyste et vice-président de Revivre

Visualiser la version PDF

Qu’est-ce que la phobie spécifique?

La phobie spécifique ou phobie simple est une peur intense, irraisonnée et persistante causée par la présence ou par l’anticipation d’un objet ou d’une situation spécifique. Elle provoque une réaction anxieuse immédiate qui prend parfois la forme d’une attaque de panique. Cette peur intense conduit souvent à l’évitement ou est vécue avec une grande souffrance lorsqu’il est impossible de fuir la situation.

Les phobies sont classées en différents sous-types.

  • Type situationnel: concerne une situation spécifique, telle que la phobie des avions, des ponts, des ascenseurs, de la conduite automobile, etc.
  • Type sang-injection-accident: comprend aussi toute procédure médicale invasive. Ce type de phobie est fréquemment associé à un malaise qui peut être suivi, dans certains cas, d’un évanouissement.
  • Type environnement naturel: phobie des orages, des hauteurs, des tempêtes, de la noirceur, de l’eau, etc.
  • Type animal: phobie des insectes, des chiens, des serpents, des rongeurs, des araignées, etc.
  • Autre type: les phobies peuvent être causées par un très grand nombre d’objets ou de situations qui n’entrent pas dans les catégories précédentes. Parmi celles-ci: la peur de s’étouffer, des bruits intenses, d’avoir une maladie, de vomir, etc.

Certaines phobies pourraient être innées et avoir contribué à la survie de l’espèce en favorisant une meilleure adaptation à l’environnement il y a des milliers d’années, mais elles n’ont plus leur pertinence dans le contexte moderne. La phobie des araignées, des serpents ou des hauteurs en sont des exemples.

Parfois, la peur est en lien avec un facteur relié à l’objet de la phobie, tel que la peur de s’évanouir dans le cas d’une phobie du sang ou la peur d’avoir des vertiges pour la phobie des hauteurs.

Selon les différentes études, les phobies touchent entre 7 et 11 % de la population au cours d’une vie et sont, de manière générale, plus répandues chez les femmes, avec des pourcentages différents selon le type de phobie. Il est intéressant de noter que l’objet des phobies varie selon les cultures.

Les enfants ont souvent certaines peurs liées à leur stade de développement qui sont habituellement transitoires et ne doivent pas être considérées comme des phobies, sauf si elles entraînent des difficultés importantes à fonctionner normalement (peur des étrangers, des monstres, d’être séparé de ses parents, peur du noir, de dormir seul, des dangers physiques, de l’école, du rejet social, etc.). Un enfant qui, par exemple, a peur des dangers physiques au point de refuser de sortir de chez lui pourrait souffrir d’une phobie.

Signes avant-coureurs

Lorsque la peur d’un objet entrave les habitudes quotidiennes, le fonctionnement professionnel ou la vie sociale, ou si la personne retire une grande souffrance de sa peur, cela peut être un signe qu’il s’agit d’un trouble phobique et qu’un traitement est nécessaire pour réussir à retrouver le bien-être. Si la peur n’entraîne pas de problème sérieux (par exemple, la peur des avions, alors que la personne n’a pas à voyager), la personne ne recevra pas le diagnostic de phobie spécifique.

Une même phobie est souvent présente chez plusieurs membres d’une même famille. Il s’agit parfois d’un apprentissage par observation. Elle peut aussi être communiquée par d’autres personnes, par des mises en garde des parents sur certains dangers, par exemple. De plus, lorsqu’elle s’adapte au comportement d’évitement de l’enfant et qu’elle lui permet de fuir l’objet de sa peur, la famille peut aussi jouer un rôle dans le maintien de la phobie. Finalement, un traumatisme ou une expérience directe désagréable est souvent à l’origine d’une phobie.

Symptômes

Les premiers symptômes phobiques apparaissent souvent pendant l’enfance ou l’adolescence, mais lorsque l’origine de la phobie est un événement traumatique, elle peut survenir à n’importe quel âge.

La réaction anxieuse survient presque tout le temps immédiatement lorsque la personne est confrontée à l’objet de sa phobie. Elle peut parfois entraîner des symptômes de panique, tels que des battements cardiaques rapides, des étourdissements ou des vertiges, une impression de souffle coupé, des nausées, des picotements ou des engourdissements, des frissons ou des bouffées de chaleur, la peur de mourir, de devenir fou ou de perdre le contrôle de soi, de la transpiration, des tremblements, une douleur thoracique, une sensation d’étranglement et une impression d’irréalité ou de détachement de soi. La simple anticipation d’être en contact avec l’objet de la phobie peut suffire à déclencher ces symptômes.

Traitements

La psychothérapie est le traitement de premier choix pour les phobies spécifiques. Il existe plusieurs types de thérapie et chacune peut apporter des bienfaits. La qualité du lien avec le psychothérapeute est un facteur important. Certaines techniques utilisées lors de thérapies cognitivo-comportementales sont reconnues pour être particulièrement efficaces. Souvent, la réponse à une phobie consiste à fuir ou à éviter la situation. Or, cela contribue paradoxalement à renforcer et à cristalliser la phobie. Pour cette raison, l’exposition est une des techniques employées en psychothérapie. Elle consiste à amener la personne à confronter l’objet ou la situation phobogène de façon contrôlée, graduelle et régulière plutôt que de l’éviter jusqu’à ce que la peur diminue.

Certains médicaments, tels que les benzodiazépines, peuvent aussi être utiles dans certains cas pour aider à diminuer l’intensité des réactions en présence de l’objet qui cause la phobie. Il faut toutefois les utiliser avec prudence et parcimonie, car ils peuvent poser des problèmes au niveau de la tolérance et de l’accoutumance. De plus, bien que ces médicaments offrent un soulagement temporaire de l’anxiété, c’est surtout la thérapie qui permettra à la personne de moins souffrir de sa phobie à long terme.

Par ailleurs, les groupes d’entraide tels que ceux offerts à Revivre permettent de briser l’isolement en réunissant des gens qui vivent des situations similaires. C’est un lieu où l’on peut partager ses expériences et ses émotions sans crainte d’être jugé. Aussi, il peut être enrichissant d’entendre les témoignages d’autres personnes qui ont appris à vivre avec ce trouble.

Où s’adresser?

Si vous croyez souffrir de phobie spécifique et désirez en savoir plus sur les traitements disponibles, une des premières étapes pourrait être d’en parler à un médecin. Du côté de l’aide psychologique, vous pouvez vous adresser à un psychothérapeute reconnu par un ordre professionnel, tel un psychologue ou un travailleur social.

Dans les cas complexes, le médecin de première ligne peut référer l’enfant et sa famille aux différents services pédopsychiatriques du Québec pour une intervention plus spécialisée.

Brian Bexton, M.D., psychiatre, psychanalyste et vice-président de Revivre

Visualiser la version PDF

Qu’est-ce que l’anxiété généralisée?

La personne qui souffre d’anxiété généralisée s’inquiète de façon chronique et exagérée au sujet de plusieurs événements de la vie courante qui ne sont pas nécessairement reliés entre eux, tels que la santé, le travail et les relations interpersonnelles. Les soucis sont difficilement contrôlables et disproportionnés par rapport à la réalité. Ils sont souvent à propos d’événements mineurs. Les gens qui ont ce trouble ont tendance à imaginer des scénarios catastrophiques pour le futur qui ont, en réalité, peu de probabilité de se produire.

Les causes ne sont pas encore bien connues, mais il y aurait une prédisposition génétique et des facteurs biologiques à l’origine du trouble (trois neurotransmetteurs, soit le GABA, la sérotonine et la noradrénaline seraient particulièrement impliqués). Les stresseurs environnementaux ont aussi un rôle important à jouer dans l’apparition de la maladie.

Le trouble d’anxiété généralisée touche environ 5 % de la population. Les femmes sont diagnostiquées plus souvent que les hommes dans une proportion de 55 à 60 %. Le trouble apparaît souvent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, mais plusieurs personnes atteintes rapportent avoir vécu avec cette anxiété toute leur vie ou n’ont pas le souvenir de son commencement. D’autres troubles anxieux et la dépression y sont souvent associés.

Signes avant-coureurs

Lorsque les soucis sont chroniques, c’est-à-dire quand ils sont vécus pendant au moins 6 mois, qu’ils concernent plusieurs événements de la vie, sont excessifs, incontrôlables, entraînent une souffrance significative et nuisent au fonctionnement (au travail, dans les relations sociales ou dans un autre domaine important), il est possible que ce soit un trouble d’anxiété généralisée.

Symptômes

Au moins trois des symptômes suivants (un seul est nécessaire chez les enfants) doivent accompagner l’inquiétude excessive pour recevoir le diagnostic d’anxiété généralisée :

  • agitation;
  • fatigabilité;
  • difficultés de concentration;
  • irritabilité;
  • tension musculaire;
  • perturbation du sommeil.

Traitements

Deux formes de traitement sont réputées comme étant efficaces pour l’anxiété généralisée : la médication et la psychothérapie.

Les antidépresseurs sont souvent prescrits comme traitement de premier choix. Il faut cependant compter quelques semaines avant qu’ils n’atteignent leur pleine efficacité. Les anxiolytiques, tels que les benzodiazépines, peuvent quant à eux offrir un soulagement temporaire des symptômes. Si ceux-ci peuvent offrir un soulagement temporaire et être utilisés au besoin lorsqu’une situation anxiogène se présente, les antidépresseurs sont souvent prescrits pour un traitement à long terme puisqu’ils procurent moins de problèmes au niveau de la dépendance et de l’accoutumance que les benzodiazépines.

En ce qui concerne la psychothérapie, il existe plusieurs approches et chacune peut apporter des résultats. L’approche cognitivo-comportementale est particulièrement bien appuyée par la recherche pour le traitement de ce trouble. Ce type de psychothérapie peut aider la personne à prendre conscience des pensées et des croyances qui sont associées à son anxiété et à lui apprendre à les remplacer par des pensées plus réalistes. Elle peut aussi contribuer à changer certains comportements qui favoriseront une meilleure gestion de l’anxiété.

Par ailleurs, les groupes d’entraide, notamment ceux offerts à Revivre, peuvent permettre de briser l’isolement en réunissant des gens qui vivent des situations similaires. C’est un lieu où l’on peut parler de ses émotions sans être jugé. Aussi, il peut être enrichissant d’entendre les témoignages d’autres personnes qui ont appris à vivre avec ce trouble.

Où s’adresser?

Si vous croyez souffrir d’anxiété généralisée et désirez en avoir le cœur net, un médecin pourrait vous aider à évaluer la situation et, au besoin, vous fournir un traitement approprié. En ce qui concerne la psychothérapie, un spécialiste de la santé mentale reconnu par un ordre professionnel, tel qu’un psychologue ou un travailleur social, peut être consulté pour obtenir du soutien et pour vous aider à cheminer avec la maladie.

Brian Bexton, M.D., psychiatre, psychanalyste et vice-président de Revivre

Visualiser la version PDF

Qu’est-ce que le trouble obsessionnel-compulsif?

Les personnes atteintes d’un trouble obsessionnel-compulsif (TOC) sont envahies par des préoccupations excessives (obsessions), la plupart du temps accompagnées par des routines ou des gestes rituels visant à réduire l’anxiété causée par celles-ci (compulsions). Les gens souffrant d’un TOC sont souvent conscients que leur comportement est exagéré (bien qu’il arrive que ce ne soit pas le cas), mais ne peuvent s’empêcher de l’exécuter.

Les obsessions sont intrusives, irrationnelles et incontrôlables. La personne se rend compte qu’elles sont absurdes, créées par son esprit et non ancrées dans la réalité, mais elle n’arrive pas à s’en défaire. Ces obsessions sont parfois contraires aux valeurs personnelles et peuvent être accompagnées de dégoût et de peur. Les préoccupations ne sont pas liées à des problèmes de la vie réelle (travail, finances, etc.). Le contenu des obsessions peut porter sur plusieurs thèmes, mais ceux qui suivent reviennent fréquemment :

  • la propreté, la peur d’une contamination;
  • la préoccupation pour la sécurité des autres;
  • la peur de commettre des actes agressifs ou scandaleux;
  • les pensées liées à la sexualité ou à la religion;
  • la crainte de commettre des erreurs ou de créer une catastrophe;
  • l’ordre ou la symétrie;
  • les doutes répétés.

Les compulsions sont, quant à elles, des comportements excessifs ou des actes mentaux (par exemple, compter) visant à neutraliser les obsessions et à réduire la détresse qui leur est associée. La plupart du temps, elles ne sont pas en lien de façon réaliste avec ce qu’elles sont censées contrer. Les compulsions suivantes sont courantes :

  • nettoyer des choses ou se laver répétitivement;
  • faire de multiples vérifications (vérifier si la porte est barrée, si le four est éteint, si les lumières sont fermées, etc.);
  • ordonner, classer, placer, toucher des objets;
  • compter, dénombrer;
  • exécuter des rituels magiques, superstitieux.

Le trouble affecte 2 à 3 % de la population et est réparti également chez les femmes et chez les hommes. Les premiers symptômes font souvent leur apparition à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, mais peuvent débuter à l’enfance. La dépression est souvent liée au TOC. Il peut aussi y avoir la présence simultanée d’un autre trouble anxieux tel que le trouble panique et les phobies, d’un trouble des conduites alimentaires ou d’un trouble de personnalité obsessionnelle-compulsive. Il y a aussi une incidence plus élevée de TOC chez les personnes souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette.

Les causes ne sont pas encore bien connues, mais il y aurait une origine génétique et des anomalies au niveau des neurotransmetteurs (la sérotonine aurait un rôle à jouer). Il y aurait aussi des facteurs psychologiques tels qu’un sentiment de responsabilité trop élevé ou un besoin trop grand de contrôle sur les pensées. Aussi, le fait de tenter de neutraliser les obsessions par des compulsions entraîne paradoxalement une recrudescence des obsessions.

Signes avant-coureurs

Lorsque les obsessions ou les compulsions deviennent accaparantes au point d’occuper la personne pendant plus d’une heure par jour, qu’elles nuisent à la vie professionnelle et familiale et qu’elles causent une souffrance importante, il peut s’agir d’un trouble obsessionnel-compulsif.

Traitements

Il existe deux formes de traitement pour le trouble obsessionnel-compulsif : la médication et la psychothérapie. Si vous croyez souffrir de ce trouble, l’une des premières étapes pourrait être d’en parler à votre médecin. Certains antidépresseurs qui agissent sur la sérotonine sont efficaces et peuvent donner des résultats en quelques semaines.

En ce qui concerne la psychothérapie, il existe plusieurs approches et chacune peut apporter des résultats. L’approche cognitivo-comportementale est bien appuyée par la recherche pour le traitement de ce trouble. L’une des façons de le traiter consiste à exposer la personne aux situations qui l’angoissent tout en l’empêchant d’exécuter les rituels associés.

Par ailleurs, les groupes d’entraide, notamment ceux offerts à Revivre, peuvent permettre de briser l’isolement en réunissant des gens qui vivent des situations similaires. C’est un lieu où l’on peut parler de ses émotions et de son expérience de l’anxiété sans craindre d’être jugé. Aussi, il peut être enrichissant d’entendre les témoignages d’autres personnes qui ont appris à vivre avec ce trouble.

Où s’adresser?

Si vous croyez souffrir d’un trouble obsessionnel-compulsif et désirez en avoir le cœur net, un médecin pourrait vous aider à évaluer la situation et, au besoin, vous fournir un traitement approprié. En ce qui concerne la psychothérapie, un spécialiste de la santé mentale reconnu par un ordre professionnel, tel qu’un psychologue ou un travailleur social, peut être consulté pour obtenir du soutien et pour vous aider à cheminer avec la maladie.

Brian Bexton, M.D., psychiatre, psychanalyste et vice-président de Revivre

Visualiser la version PDF

Qu’est-ce que le trouble panique?

Une attaque de panique se caractérise par une peur très intense et soudaine, accompagnée par au moins quatre des symptômes suivants:

  • palpitations ou rythme cardiaque rapide;
  • étourdissements, vertiges ou impression d’être en train de s’évanouir;
  • impression de s’étouffer ou de manquer d’air;
  • nausées ou dérangements d’estomac;
  • picotements ou engourdissements;
  • frissons ou bouffées de chaleur;
  • peur de mourir;
  • peur de devenir fou ou de perdre le contrôle de soi;
  • transpiration;
  • tremblements ou secousses musculaires;
  • douleur ou gêne au niveau du thorax;
  • sensation d’étranglement;
  • se sentir détaché de soi ou avoir une impression d’irréalité.

L’attaque de panique atteint rapidement son intensité maximale, habituellement en moins de 10 minutes, et elle est délimitée dans le temps. Elle est fréquemment associée à la sensation qu’une catastrophe va survenir, et la personne ressent souvent un besoin urgent de fuir. Elle peut se produire n’importe où et à n’importe quel moment. Les attaques de panique peuvent être présentes dans d’autres troubles anxieux, tels que la phobie sociale ou la phobie spécifique. Une attaque de panique peut, par exemple, être déclenchée à la vue d’une araignée chez une personne qui en a la phobie. Par contre, même si les gens qui souffrent d’un trouble panique font aussi parfois des attaques de panique liées ou favorisées par une situation particulière, il doit y avoir la présence d’attaques de panique qui surviennent de façon inattendue pour établir le diagnostic.

Le trouble panique peut être accompagné ou non d’agoraphobie. L’agoraphobie consiste à faire des efforts pour éviter des lieux ou des situations où il serait difficile de s’échapper ou de trouver du secours en cas d’attaque de panique (par exemple : éviter les piscines, les spectacles, les transports en commun, craindre les embouteillages, etc.). Lorsqu’elles ne sont pas évitées, ces situations sont subies dans une grande souffrance ou avec la peur intense de faire une attaque de panique.

Le trouble atteint entre 1,5 et 3,5 % de la population, et bien qu’il y ait beaucoup de variations quant à l’âge où il commence, c’est souvent entre la fin de l’adolescence et le milieu de la trentaine. Le trouble panique sans agoraphobie est deux fois plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. Le trouble panique avec agoraphobie est trois fois plus fréquent chez les femmes.

Des facteurs biologiques et psychosociaux seraient à l’origine du trouble. Des événements traumatiques, de l’anxiété de séparation pendant l’enfance ou l’apprentissage par observation peuvent favoriser son apparition. Au niveau biologique, certains neurotransmetteurs, tels que la noradrénaline, la sérotonine et le GABA, seraient impliqués.

Chez 50 à 65 % des gens, le trouble panique s’accompagne de dépression, et chez un tiers d’entre eux, la dépression a précédé le trouble panique. D’autres troubles anxieux sont aussi souvent présents.

Signes avant-coureurs

Pour certaines personnes, le début et l’aggravation d’un trouble panique sont liés à une rupture ou à la perte d’une relation interpersonnelle significative.

Lorsqu’on a fait plus de deux attaques de panique inattendues et que la crainte de faire des attaques de panique est présente depuis au mois un mois, qu’on vit une souffrance importante, qu’on a des difficultés à vaquer à nos activités quotidiennes, à accomplir notre travail ou que l’on s’empêche de profiter d’occasions intéressantes par peur de subir des attaques de panique, cela peut être un signe que le problème commence à prendre la proportion d’un trouble panique.

Symptômes

Les symptômes du trouble panique peuvent se manifester par des inquiétudes à propos des conséquences ou des implications possibles des attaques. La personne qui en souffre peut, à titre d’exemples, craindre que les symptômes soient reliés à une maladie grave (problème cardiaque, etc.) ou encore avoir peur de perdre le contrôle à jamais et de sombrer dans la folie. Plusieurs personnes peuvent d’ailleurs aller jusqu’à se rendre à l’urgence ou à téléphoner Urgences-santé.

Lorsqu’il y a la présence d’agoraphobie, la personne peut s’isoler de plus en plus au point de diminuer considérablement ses activités et sa vie sociale.

La fréquence des attaques de panique dans un trouble panique varie beaucoup d’une personne à l’autre. Certains en font plusieurs dans une journée, alors que d’autres en font une fois par mois. La sévérité aussi est variable.

Traitements

Les deux formes de traitement principales proposées pour ce trouble sont la psychothérapie et la médication.

La psychothérapie permet de modifier certaines croyances et pensées qui contribuent à exacerber les symptômes des attaques de panique. Une forme de thérapie reconnue pour donner des résultats pour le trouble panique consiste à exposer graduellement la personne aux situations problématiques afin de remplacer les comportements d’évitement par des moyens plus adaptés.

Quant aux médicaments, les antidépresseurs agissant sur la sérotonine sont souvent proposés pour ce trouble. Les benzodiazépines peuvent aussi être prescrites, mais doivent être utilisées modérément étant donné les effets d’accoutumance et de dépendance qu’elles peuvent entraîner.

Par ailleurs, les groupes d’entraide, notamment ceux offerts à Revivre, peuvent permettre de briser l’isolement en réunissant des gens qui vivent des situations similaires. C’est un lieu où l’on peut parler de ses émotions et de son expérience de l’anxiété sans craindre d’être jugé. Aussi, il peut être enrichissant d’entendre les témoignages d’autres personnes qui ont appris à vivre avec ce trouble.

Où s’adresser?

Si vous croyez souffrir d’un trouble panique et désirez en savoir plus sur les traitements disponibles, l’une des premières étapes pourrait être d’en parler à un médecin. En ce qui a trait à l’aide psychologique, on peut s’adresser à un psychothérapeute reconnu par un ordre professionnel, tel qu’un psychologue ou un travailleur social.

Élise St-André, M. D., psychiatre

Visualiser la version PDF

Qu’est-ce que le trouble de stress post-traumatique?

Lorsqu’une personne est confrontée à un événement grave, perturbant, intense, hors de l’ordinaire, qui a porté ou aurait pu porter atteinte à l’intégrité physique ou causer de graves blessures pouvant entraîner la mort (accident, feu, guerre, agression physique ou sexuelle, témoin d’un meurtre, mort subite d’un proche, etc.), elle peut manifester des réactions physiques et/ou psychologiques aiguës pendant quelques jours en réponse au stress énorme subi. Ces réactions sont considérées comme normales pendant un certain temps. Toutefois, lorsqu’elles perdurent au-delà de quatre semaines, on parle alors d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Ce trouble est caractérisé par une peur de grande intensité accompagnée d’un sentiment de désespoir ou d’horreur (une désorganisation ou de l’agitation chez les enfants). La personne revit sans cesse l’événement traumatique et évite les situations qui lui rappellent ce dernier. Le TSPT s’accompagne aussi d’une diminution des réactions émotionnelles ainsi que de multiples réactions anxieuses.

Environ 9 % de la population canadienne développera ce trouble au cours de sa vie. Les taux sont plus élevés dans les régions du monde où il y a des conflits. Les femmes présentent un risque deux fois plus élevé que les hommes de souffrir d’un TSPT, qui peut aussi se développer lorsqu’on est témoin d’un tel événement subi par une autre personne ou même lorsqu’on apprend qu’un membre de la famille ou un proche en a été victime.

La dépression accompagne le trouble dans 30 à 80 % des cas. D’autres troubles peuvent se développer à la suite d’un trauma, tel que l’abus de substances (alcool et drogues), ainsi que d’autres troubles anxieux. L’anxiété est par ailleurs connue comme un facteur aggravant des problèmes de santé physique.

Chez les enfants, des symptômes spécifiques peuvent se manifester : les émotions peuvent être plus difficiles à exprimer et s’observent par un comportement désorganisé ou agité. Il peut y avoir des jeux répétitifs en lien avec des thèmes de l’événement ou des cauchemars sans contenu reconnaissable. L’enfant peut également chercher à reconstituer la situation d’une manière spécifique.

Enfin, les agressions sexuelles n’ont pas besoin d’être violentes pour être traumatisantes. Toute expérience sexuelle inappropriée au stade de développement peut causer un TSPT.

Signes avant-coureurs

Lorsque les symptômes sont présents pendant plus d’un mois, qu’ils entraînent des difficultés à fonctionner normalement aux niveaux social, professionnel ou dans d’autres domaines importants ou qu’ils entraînent une souffrance importante, il peut s’agir d’un TSPT.

Toutefois, les événements traumatiques ne causent pas un TSPT chez toutes les personnes qui les subissent. Certains facteurs pourraient entraîner une vulnérabilité à développer le trouble : présenter une fragilité biologique, avoir été déjà victime d’abus physiques ou sexuels dans le passé, souffrir d’autres troubles de santé mentale, avoir eu des troubles de comportements pendant l’enfance ou l’adolescence ou être soumis à des stresseurs chroniques.

Symptômes

Les symptômes du TSPT peuvent apparaître rapidement après l’événement ou être différés dans le temps et refaire surface beaucoup plus tard (un nouveau stress ou une date anniversaire, par exemple, peuvent réveiller le souvenir d’un trauma antérieur).

Les symptômes se regroupent autour de trois principales catégories :

Événement traumatique revécu de manière persistante

  • souvenirs (images, pensées, perceptions) de l’événement qui resurgissent à tout moment;
  • cauchemars répétitifs;
  • impression que la situation va se reproduire ou conviction soudaine de revivre l’événement;
  • illusions, réminiscences soudaines (« flashbacks ») qui peuvent durer de quelques heures à quelques jours;
  • grande détresse et réactivité physiologique en présence d’éléments qui rappellent le trauma.

Évitement des stimuli associés avec un émoussement des réactions générales

  • évitement de tout ce qui rappelle le traumatisme et efforts pour fuir les pensées, les émotions, les conversations, les activités, les endroits ou les gens qui sont associés à l’événement;
  • incapacité de se souvenir d’un aspect important de l’événement;
  • perte d’intérêt marquée ou diminution de la participation à des activités qui étaient importantes pour la personne avant le trauma;
  • impression d’être dans un brouillard;
  • sentiment d’être détaché des autres;
  • difficulté à éprouver certains sentiments;
  • perte d’espoir pour des projets qui tenaient à cœur jadis.

Symptômes d’activation neuro-végétative

  • problèmes de sommeil;
  • irritabilité;
  • colère;
  • difficulté à se concentrer;
  • hypervigilance;
  • réactions de sursaut exagérées.

L’intensité et la durée du trouble varient d’un individu à l’autre et il n’est pas nécessaire d’avoir tous les symptômes de chaque catégorie mentionnée plus haut pour recevoir le diagnostic.

Traitements

Vaut mieux prévenir! Après un événement traumatique, les heures qui suivent sont très importantes : ne pas rester seul (c’est le temps de profiter de nos amitiés, de nos familles), se regrouper avec d’autres personnes avec une expérience similaire, éviter dans le cas de catastrophe de masse d’écouter en boucle les nouvelles télévisées (ceci vaut encore plus pour les enfants : selon certaines observations, des enfants, même loin de l’événement peuvent développer des symptômes de TSPT à la vue d’images catastrophiques), s’assurer d’un sommeil adéquat (au besoin, dans un premier temps, consulter un pharmacien), et éviter les intoxications volontaires (l’alcool provoque l’illusion d’un bon sommeil, mais perturbe les phases normales du sommeil, augmente le lendemain l’anxiété, l’irritabilité, les symptômes dépressifs…) et si possible, s’observer. Si les symptômes persistent ou sont trop lourds à porter, il faudra consulter.

Le fait de recevoir du soutien rapidement, soit dans les 24 à 72 heures suivant l’événement, peut aider à prévenir le développement ultérieur d’un TSPT chez plusieurs personnes. Par contre, il est préférable de ne pas insister ou mettre de la pression pour faire parler la personne : être disponible au besoin suffit. Verbaliser n’est pas efficace pour tout le monde et dans certains cas, cela permet l’installation de symptômes en faisant revivre l’événement « de force ».

Parmi les approches proposées en psychothérapie, celle de type cognitivo-comportemental centrée sur le trauma est l’une de celles qui sont particulièrement reconnues pour traiter un TSPT. Une technique fréquemment employée consiste à exposer graduellement la personne à des éléments rattachés à l’événement en imaginant en premier lieu des scènes liées au trauma jusqu’à ce que l’anxiété diminue. Elle est ainsi emmenée à confronter ses émotions au lieu de les fuir. On utilise aussi habituellement dans ce type de thérapie la restructuration cognitive. Il s’agit alors d’identifier et de modifier les pensées problématiques liées à l’événement, telles que celles qui provoquent des sentiments de culpabilité ou de responsabilité.

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une autre technique de plus en plus reconnue. Après une évaluation complète, le thérapeute amène le patient à verbaliser sur une pensée négative en lien avec la situation traumatique et à trouver une issue positive. On identifie l’émotion en cause et le niveau de détresse, puis, le patient imagine « la pire image » reliée au trauma et est invité en même temps à faire des mouvements latéraux avec les yeux (en suivant les doigts du thérapeute, par exemple) jusqu’à ce que la détresse associée à cette image diminue. Le mouvement des yeux aiderait à l’intégration de l’information dans la mémoire.

Certains médicaments, tels que les antidépresseurs, peuvent être prescrits au cours du suivi médical pour atténuer les symptômes. Le propanolol serait efficace, mais dans les toutes premières heures suivant le trauma (des recherches sont en cours concernant son utilisation plus tard dans le courant de la maladie). Les benzodiazépines sont à utiliser avec grande prudence : elles peuvent mener à une sur utilisation, une dépendance et une désinhibition dans des périodes de danger (idées noires possibles). Certaines observations préliminaires suggèrent aussi que ces substances pourraient favoriser l’installation du trouble de stress post-traumatique.

Où s’adresser ?

Si vous croyez souffrir d’un trouble de stress post-traumatique, un médecin pourrait vous aider à évaluer la situation et vous fournir un traitement approprié au besoin. En ce qui concerne la psychothérapie, un spécialiste de la santé mentale reconnu par un ordre professionnel, tel qu’un psychologue ou un travailleur social, peut être consulté pour obtenir du support sur une base régulière, établir avec vous un plan de traitement et vous aider à retrouver une meilleure qualité de vie.

Hugues Simard, M.D., pédopsychiatre, et l’équipe de la clinique spécialisée des troubles anxieux du CHU Sainte-Justine

Visualiser la version PDF

Qu’est-ce que l’anxiété?

L’anxiété est une réponse normale à la perception d’un danger, tel un signal d’alarme. Elle se manifeste par une sensation diffuse de malaise, de détresse, d’impression de danger et par un sentiment de peur souvent intense.

Chez l’enfant et l’adolescent, l’anxiété est inhérente à certaines étapes du développement et se manifeste normalement par des peurs spécifiques à ces étapes : peur des étrangers (6-18 mois), peur des monstres, peur d’être séparé des parents (2-3 ans), peur du noir, peur de dormir seul (3-6 ans), peur des dangers physiques, peur de l’école (6-10 ans), inquiétudes au sujet des amitiés et de l’exclusion (10-12 ans), peur de l’identité, de l’intégration sociale, de l’intimité et de l’avenir (adolescence).

Les troubles anxieux

L’anxiété devient problématique lorsqu’elle entrave le développement ou qu’elle atteint significativement le fonctionnement général. L’évitement des situations angoissantes (l’école, par exemple) devient prédominant. On parle alors de « trouble anxieux ».

Manifestations

Chez l’enfant, les manifestations d’un trouble anxieux peuvent varier selon l’âge et l’étape du développement. On peut rencontrer l’anxiété de séparation (peur intense d’être éloigné du parent), le mutisme sélectif (incapacité de parler en dehors de la famille). Progressivement, avec le développement, les manifestations se rapprochent de celles rencontrées chez les adultes : phobie spécifique (peur d’un objet ou d’une situation, par exemple, peur de l’école, peur de vomir), anxiété généralisée (inquiétude excessive, impression de catastrophe imminente), phobie sociale (peur du jugement des autres, d’être humilié au point d’éviter les situations sociales), trouble panique (épisode d’anxiété intense, aiguë, avec peur de mourir, de perdre le contrôle, palpitations cardiaques, difficulté à respirer, tremblements, chaleurs, etc.), trouble obsessionnel-compulsif (idées ou images intrusives désagréables – peur de la contamination, par exemple – et gestes pour annuler les idées obsédantes – lavage excessif, par exemple). On peut également rencontrer le syndrome de stress post-traumatique lorsque l’enfant a subi un ou des traumatismes sévères (revivre l’événement traumatique par des souvenirs envahissants ou « flash-back », éviter les situations rappelant l’événement, être en état d’hypervigilance).

Le trouble anxieux peut également être sous-jacent à certaines présentations particulières, tels l’évitement scolaire, l’anxiété de performance, la somatisation (souvent des douleurs abdominales sans cause physique).

Ces problématiques ont tendance à se retrouver dans les familles. Le tempérament inhibé chez l’enfant peut être une prédisposition au développement d’un éventuel trouble anxieux. Les études établissent la prévalence des troubles anxieux chez l’enfant et l’adolescent entre 10 et 20 %, ce qui en fait le trouble psychique le plus fréquent dans cette tranche d’âge.

Que faire?

  • Il faut d’abord procéder à une bonne évaluation diagnostique;
  • Une fois le diagnostic établi, différentes approches thérapeutiques peuvent être indiquées, selon chaque situation. Les parents devront, la plupart du temps, être mis à contribution dans le processus thérapeutique. Les approches peuvent être de nature psychothérapeutique variée : cognitivo-comportementale, psychodynamique, de groupe, de relaxation, familiale, etc. Dans les cas sévères, la pharmacothérapie peut devenir indiquée en combinaison avec les approches psychothérapeutiques.

La collaboration des intervenants scolaires est souvent nécessaire, en particulier autour de la problématique du refus scolaire.

Où s’adresser?

La demande initiale de service doit être faite auprès du réseau de soins de première ligne : pédiatre, omnipraticien, psychologue, travailleur social, psychoéducateur, souvent via le CLSC.

Dans les cas complexes, le médecin de première ligne peut diriger l’enfant et sa famille vers les différents services pédopsychiatriques du Québec pour une intervention plus spécialisée.

Questionnaire d’auto-évaluation de l’anxiété

Nous joindre

Visualiser la version PDF

Soutien et information

1 866 REVIVRE (738-4873)
Disponible sans frais partout au Canada, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h

Écrire à un intervenant
revivre@revivre.org

Forum
www.revivre.org/forum

Ateliers d'autogestion du programme J'avance!

Le programme J’avance! est constitué de cinq types d’ateliers qui visent le soutien à l’autogestion de la santé pour les personnes touchées par l’anxiété, la dépression ou la bipolarité.

Ces ateliers ont été conçus par Revivre, en collaboration avec une équipe de recherche et de nombreux experts. En plus des ateliers offerts par Revivre dans la région de Montréal, plus d’une vingtaine d’organisations offrent présentement les ateliers du programme J’avance! dans différentes régions du Québec.

Consulter la page de l'atelier d'autogestion de l'anxiété du programme J'avance!

Groupes d'entraide

Les groupes d’entraide de Revivre sont des rencontres qui permettent aux personnes souffrant d'anxiété, de dépression ou de trouble bipolaire d’exprimer leur vécu et leurs émotions en lien avec ce dont ils souffrent, dans un climat empreint d'écoute et de respect. Les groupes d'entraide sont offerts à toute personne ayant eu un diagnostic de trouble anxieux, dépressif ou bipolaire. On parle de groupe « ouvert » lorsque les participants ne sont pas tenus de débourser quoi que ce soit ni de s’inscrire. Cette formule flexible permet aux gens de décider du moment et du nombre de rencontres auxquelles ils ont envie d’assister.

Horaire

  • Les lundis et mercredis en après-midi, de 13 h 30 à 15 h 00
  • Les lundis en soirée, de 19 h 00 à 20 h 30
  • Les vendredis en matinée de 9 h 30 à 11 h 00

Lieu : Bureaux de Revivre

Nos partenaires