Les troubles dépressifs

Il arrive à tout le monde d’avoir à traverser des épreuves et de se sentir abattu. En temps normal, on reprend pied en faisant appel à ce qui nous fait du bien ou en prenant un peu de recul. Lorsque l’énergie, la concentration et la capacité d’éprouver du plaisir n’y sont plus, que la tristesse ou le désespoir nous envahissent jour après jour et que les stratégies habituelles ne fonctionnent pas, il est possible qu’on ait affaire à un épisode de dépression.

On peut perdre l’espoir de s’en sortir et tout peut sembler noir, mais on arrive à reprendre pied peu à peu. Plusieurs stratégies peuvent aider en ce sens, les plus importantes étant de se donner le temps d’y arriver et de chercher du soutien. Pour en savoir plus, consultez les onglets à droite ou communiquez avec nous.

Pour plus d’information, cliquez sur les volets ci-dessous

Il est possible de retrouver du pouvoir sur sa santé et d’apprendre à mieux composer avec un trouble à condition d’y aller petit à petit. Comprendre davantage le trouble et ainsi en savoir plus sur la façon dont il se manifeste pour soi est une étape importante.

Brian Bexton, M.D., psychiatre et psychanalyste, vice-président de Revivre

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Qu’est-ce que la dépression?

Il est très important de bien faire la nuance entre ce qu’on appelle la déprime qui n’est en fait qu’une réaction dépressive normale en rapport avec certains événements de la vie, et la dépression qui est une véritable maladie nécessitant une attention particulière et des traitements adéquats.

La déprime est une réaction à des facteurs sociaux et psychologiques (ex. : deuil, séparation, divorce, perte d’emploi, faillite, etc.) qui engendrent des états dépressifs normaux. Ces phénomènes ont une durée limitée dans le temps et laissent habituellement place à une humeur réactive, c’est-à-dire que la personne réagit encore à certains plaisirs et autres stimuli.

Dans le cas de dépression majeure, il existe des facteurs biologiques et héréditaires chez les personnes qui en sont atteintes. La durée d’une véritable dépression est habituellement longue et peut même s’étendre sur une ou deux années si elle n’est pas traitée adéquatement. De plus, la personne dépressive ne réagit pas aux stimuli et ne trouve donc peu ou pas de plaisir à quelqu’activité que ce soit.

Quelques données sur la dépression

  • 17 % des personnes seront atteintes de dépression à un moment donné au cours de leur vie;
  • À chaque année, 5 % des personnes sont atteintes de dépression;
  • La maladie s’avère plus fréquente chez la femme durant la période fertile, soit de la puberté à la ménopause;
  • Chez l’homme, la dépression est plus fréquente à partir de 40 ans;
  • Un grand nombre d’adolescents et de personnes âgées souffrent de dépression;
  • Tous les peuples sont sujets à la dépression, quelle que soit leur race ou leur religion;
  • Le taux de dépression est plus élevé chez les personnes dont l’histoire familiale présente des problèmes de dépression, d’alcoolisme ou une perte parentale avant l’âge de 13 ans.

Signes avant-coureurs

Illustration de l’interaction bio-psychosociale de la dépression

  • Stress social
    • Défense psychologique (déprime ou réaction physique)
      • Sensibilité biologique (dépression majeure ou maladie physique)

Les facteurs environnementaux, biologiques et psychologiques décrits ci-après peuvent contribuer au déclenchement des épisodes de dépression et ce, à différents degrés fluctuant d’un individu à l’autre.

Facteurs environnementaux

La dépression peut être provoquée par divers facteurs environnementaux :

  • habitudes de vie;
  • consommation de drogues;
  • climat de travail malsain;
  • chômage;
  • famille monoparentale.

Facteurs psychologiques

Certains facteurs psychologiques sont notés lors d’une dépression :

  • un sentiment de rejet et de perte face aux personnes aimées et ce, même si celles-ci sont encore près d’elle;
  • une sévérité envers sa propre personne, une conscience très rigide en rapport avec elle, une volonté de se punir pour tout ce qu’elle a fait de mauvais dans le passé;
  • des pensées négatives, une certitude d’être une mauvaise personne, que tout ce qui l’entoure est mauvais et que tout sera toujours mauvais;
  • une impression que la vie est sans valeur, sans espoir et qu’il n’y a pas d’aide possible.

Facteurs biologiques

Chez la personne aux prises avec une dépression majeure, certains changements au niveau des neurotransmetteurs s’effectuent :

  • une baisse de la sérotonine qui entraîne des sentiments dépressifs, d’anxiété et des pensées obsédantes ainsi qu’une perte de sommeil et une diminution de l’appétit;
  • une baisse de noradrénaline qui provoque une perte d’énergie, une perte de motivation ainsi que des pensées négatives;
  • une baisse de la dopamine qui entraîne une diminution des sentiments de plaisir et une difficulté au niveau de la concentration.

Au niveau hormonal, on peut remarquer d’autres phénomènes biologiques vécus par la personne dépressive :

  • chez la femme, une fluctuation hormonale s’effectue au niveau des cycles fertiles ainsi que durant la grossesse et après l’accouchement et chez l’homme, il y a une baisse progressive des niveaux d’androgènes après 40 ans;
  • dysfonction de la glande thyroïde;
  • augmentation de la libération du cortisol relié au stress;
  • la fonction immunitaire est également amoindrie.

Symptômes

Les principaux symptômes qui permettent de diagnostiquer une dépression majeure chez une personne sont les suivants :

  • humeur dépressive présente presque toute la journée, presque tous les jours et ce pendant au moins 2 semaines;
  • troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie);
  • troubles de l’appétit avec perte ou gain de poids;
  • perte d’énergie et fatigue;
  • perte de l’intérêt et du plaisir;
  • ralentissement ou agitation psychomoteur;
  • baisse de concentration ou de l’aptitude à penser ou indécision;
  • sentiments de culpabilité;
  • pensées de mort récurrentes (dans 60% des cas), idées suicidaires récurrentes (dans 15% des cas).

Il faut détecter au moins cinq de ces neuf symptômes chez une personne avant de poser un diagnostic de dépression.

Symptômes associés

  • anxiété;
  • retrait social.

Traitements

  • Les traitements psychologiques, biologiques et communautaires de la dépression ont pour but d’améliorer l’état général de la personne atteinte en tenant compte des différents facteurs bio-psycho-sociaux en cause.

1. Les psychothérapies

En début de traitement, les psychothérapeutes peuvent venir en aide aux malades de la façon suivante :

  • en offrant du support et de l’information à la personne dépressive;
  • en organisant des rencontres d’information avec la famille;
  • en impliquant le malade dans son processus de recouvrement de sa santé physique et mentale.

En période de crise, la personne en dépression majeure peut recevoir une aide individuelle spécifique :

  • via une thérapie cognitivo-comportementale;
  • via une thérapie interpersonnelle.

Après la période de crise, le processus suivant pourra être entrepris :

  • une thérapie plus en profondeur avec la personne;
  • une démarche thérapeutique impliquant les proches.

Durant tout ce processus, la référence de la personne dépressive et de ses proches à des organismes communautaires, tel Revivre, s’avère très utile.

2. Le traitement biologique

La dépression est traitée à l’aide de médicaments appelés antidépresseurs, tout en s’occupant des facteurs psychologiques et environnementaux de la personne.

Cette médication régularise le niveau des neurotransmetteurs et permet de retrouver assez rapidement (normalement en quelques semaines) :

  • le sommeil;
  • l’appétit;
  • un regain d’énergie;
  • du plaisir;
  • des pensées positives;
  • une meilleure concentration;
  • une baisse de l’anxiété.

Si le premier choix d’antidépresseur ne fonctionne pas, des combinaisons d’antidépresseurs ou des ajouts de d’autres traitements peuvent potentialiser l’humeur :

  • hormones (œstrogènes, testostérones, extraits de la glande thyroïde);
  • tryptophane;
  • stabilisateurs de l’humeur (lithium, anticonvulsivants);
  • neuroleptiques atypiques;
  • psychostimulants.

Les antidépresseurs doivent être prescrits pour une période d’au moins six mois après la rémission de la maladie, afin de minimiser le risque de récidive. Toutefois, le traitement pourra être prolongé si les troubles dépressifs persistent. Ils ne créent aucune accoutumance mais devraient, à la fin du traitement, être cessés progressivement.

Le traitement de la dépression par les antidépresseurs est efficace chez 75 % des personnes souffrant de dépression. Il importe de mentionner que l’on doit viser la rémission complète de la maladie.

Où s’adresser?

Si vous croyez souffrir de dépression ou que l’un de vos proches vous semble dépressif, n’hésitez surtout pas à consulter votre médecin de famille. Celui-ci est probablement en mesure de traiter cette maladie ou de référer une personne dépressive à un autre professionnel de la santé mentale habilité à la soigner.

Leanna J. Zozula, Ph. D., psychologue

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Qu’est-ce que la dépression post-partum?

Mettre au monde un enfant entraîne de nombreux bouleversements et il est normal, après un accouchement, de se sentir parfois joyeuse, parfois triste et irritable. Peu après la naissance de leur enfant, la majorité des femmes (environ 80 %) vit ce qu’on appelle le syndrome du 3e jour, ou le « baby blues ». Cet état entraîne des sautes d’humeur et des excès de tristesse temporaire qui débutent quelques jours après l’accouchement et qui durent plusieurs jours, mais pas plus de deux semaines. Le « baby blues » est transitoire; il disparaît sans intervention.

La dépression post-partum est un trouble beaucoup plus sérieux qui survient autour de la troisième semaine après l’accouchement. Les symptômes se manifestent pour une durée allant de quelques semaines à quelques mois ou plus. Une dépression post-partum peut se manifester dans les 12 premiers mois après l’accouchement, mais dans la majorité des cas, elle se présente dans les premières semaines qui suivent la naissance. Elle se manifeste par de l’anxiété, de l’insomnie et des symptômes dépressifs.

La dépression post-partum touche environ 8 à 15 % des femmes qui ont accouché, mais toucherait aussi 5 % des nouveaux papas, qui doivent eux aussi composer avec des changements de vie importants.

La psychose post-partum est un état plus rare, qui touche 0,1 % des nouvelles mères. Les symptômes surviennent dans les heures et les jours après l’accouchement et comprennent, entre autres, des délires, des hallucinations et une coupure avec la réalité qui peut augmenter les chances d’un acte suicidaire ou homicidaire, spécialement envers le nouveau-né.

Signes avant-coureurs

Être un nouveau parent demande un temps d’adaptation. Durant les premiers jours, il est tout à fait normal de se sentir plus épuisé et irritable. Cela commence à être inquiétant lorsque les symptômes entraînent une grande souffrance ou ont un impact important sur le quotidien, et qu’ils perdurent au-delà de deux semaines.

Les signes avant-coureurs de la dépression post-partum peuvent être fort difficiles à cerner puisqu’ils se confondent souvent au départ avec le « baby blues », s’il est présent. Il faut surtout porter attention à l’intensité des symptômes et à la durée de ceux-ci. Par exemple, une très grande irritabilité qui dure plusieurs jours et qui n’est pas interrompue par des moments plus sereins, ou une humeur si basse que des idées suicidaires sont présentes, sont des signes auxquels il faut porter attention.

Certains facteurs peuvent rendre une femme plus à risque de souffrir d’une dépression post-partum. Les plus importants sont les suivants :

  • avoir déjà souffert d’une dépression;
  • avoir un historique familial de troubles de l’humeur (risque plus élevé si ce trouble était post-partum);
  • avoir souffert de dépression ou d’anxiété pendant la grossesse.

Des situations ou événements stressants pendant la grossesse ou après la naissance peuvent aussi augmenter les chances de souffrir d’une dépression post-partum, tels que :

  • manquer de soutien social;
  • vivre une situation conjugale difficile;
  • être victime d’abus ou de violence;
  • avoir un accouchement particulièrement difficile;
  • se mettre trop de pression pour être un parent parfait;
  • avoir des attentes irréalistes quant à la naissance.

Symptômes

La nouvelle mère peut se sentir triste et avoir souvent envie de pleurer. Elle peut aussi avoir des troubles digestifs et des changements sur le plan de son appétit, de même que des troubles du sommeil qui se traduisent souvent par de l’insomnie ou de la difficulté à se concentrer et à accomplir les tâches quotidiennes. Elle peut être apathique et se désintéresser des activités qui lui plaisent normalement ou être, au contraire, très agitée. Elle se sent aussi souvent très anxieuse, ce qui entraîne parfois des attaques de panique.

Par ailleurs, elle peut se sentir irritable en présence du bébé, ne pas ressentir de plaisir à son contact et avoir de la difficulté à s’en occuper. Elle a parfois des pensées troublantes envers son enfant et peut avoir peur de lui faire du mal. Tout cela peut amener un fort sentiment de culpabilité et l’impression de ne pas être à la hauteur. La mère se sent souvent épuisée, désespérée et dépassée par la situation. Finalement, dans les cas les plus sérieux, elle peut avoir des idées obsessives de mort, de suicide, d’agression envers l’enfant et même d’infanticide. Ces idées sont irrationnelles et ne mènent pas, dans une grande partie des cas, à de tels comportements, mais elles causent cependant un stress important.

Traitements

Une dépression post-partum non traitée peut avoir des impacts non négligeables sur le développement psychique de l’enfant, celui-ci étant très sensible à la qualité des échanges que sa mère entretient avec lui au début de sa vie. De plus, un post-partum traité tôt aura moins d’influence dans la vie de la nouvelle mère, et elle pourra se rétablir plus vite.

La médication, la psychothérapie et le soutien social font partie des formes de traitement possibles pour la dépression post-partum.

Sur le plan de la médication, on peut se faire prescrire un antidépresseur par un médecin. Celui-ci permet souvent de retrouver un meilleur sommeil, un changement dans l’appétit, un regain d’énergie, des pensées plus positives, une réduction de l’anxiété et une meilleure concentration. Toutefois, plusieurs nouvelles mères sont réticentes à prendre un antidépresseur, entre autres parce que cela peut contrevenir à leur désir d’allaiter. D’autres options sont alors possibles.

La psychothérapie est une bonne option. On peut en tirer un soutien précieux et aller y chercher des outils pour réussir à s’adapter à sa nouvelle vie. Elle peut aider à travailler sur les pensées, les émotions et les comportements qui sont liés à l’humeur dépressive. Le lien de confiance qu’on entretient envers le psychothérapeute demeure l’élément le plus important. Il existe plusieurs approches qui peuvent aider, mais celle de type cognitivo-comportemental est particulièrement appuyée par la recherche. Celle-ci permet de travailler sur les ruminations négatives qui entretiennent l’humeur dépressive afin de les remplacer par une vision plus juste de la réalité. Cela peut aider à augmenter l’estime de soi, à reprendre confiance en sa capacité d’être une bonne mère et à retrouver de l’espoir. On y aborde aussi les comportements qui pourront graduellement être adoptés pour aider à se rendre la tâche moins lourde.

Aussi, le soutien social peut grandement aider à s’en sortir : trouver de l’aide pour les tâches domestiques, faire garder l’enfant de temps à autre pour souffler un peu, appeler des lignes d’écoute, fréquenter des organismes qui viennent en aide aux nouvelles mères, écrire sur des forums de discussion et participer à des groupes d’entraide sont autant de moyens qui peuvent aider à briser l’isolement et à alléger le poids qu’on ressent sur ses épaules.

Où s’adresser?

Si vous croyez souffrir de dépression post-partum et désirez en savoir plus sur les traitements offerts, l’une des premières étapes pourrait être d’en parler à un médecin ou à une infirmière qui vous est attitré. Pour recevoir de l’aide psychologique, on peut s’adresser à un psychothérapeute reconnu par un ordre professionnel tel qu’un psychologue ou un travailleur social.

Hani Iskandar, M. D., chef médical, Unité des soins intensifs, Urgence, Unité d’intervention brève, Unité de sismothérapie, Institut Douglas

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Qu’est-ce que la dépression saisonnière?

Avec l’arrivée de l’automne, de nombreuses personnes vivent des changements sur les plans de l’appétit, du poids, du sommeil, de l’humeur et de l’énergie. Ce phénomène est normal, de courte durée et n’est pas inquiétant. La dépression saisonnière, aussi appelée   « trouble affectif saisonnier », est un problème plus sérieux qui demande une attention particulière. Il s’agit d’une forme de dépression récurrente qui survient toujours au cours de la même période chaque année. Elle débute généralement à l’automne, souvent vers la fin du mois d’octobre, prend de l’ampleur vers janvier et février et se termine généralement vers la fin du mois d’avril ou en mai, lorsque les journées redeviennent plus longues. Elle est directement liée à la diminution du temps d’ensoleillement et se produit plus fréquemment dans les pays dont la latitude se rapproche du Nord.

Ce trouble touche environ 2 à 3 % de la population canadienne, et 70 à 80 % des personnes qui en souffrent sont des femmes. Il survient surtout à l’âge adulte (une forte proportion des personnes atteintes sont dans la trentaine), mais certains cas ont été recensés chez des enfants et des adolescents. Enfin, on remarque un caractère saisonnier chez 10 à 15 % des personnes ayant un trouble de l’humeur récurrent (dépression ou trouble bipolaire).

Signes avant-coureurs

On note parfois des changements dans les relations interpersonnelles : on se sent plus irritable, on peut avoir envie de s’isoler davantage. On perd l’énergie pour accomplir les tâches quotidiennes, on peut se sentir moins productif au travail ou dans nos autres activités parce qu’on manque d’énergie, on perd la concentration et la motivation. Lorsque chaque année, depuis au moins deux ans, les symptômes reviennent avec l’arrivée de l’automne ou de l’hiver, nous empêchent de fonctionner à notre rythme habituel, nous procurent une grande souffrance et persistent jusqu’au printemps, il peut s’agir d’une dépression saisonnière.

Symptômes

Les symptômes de la dépression saisonnière sont les suivants :

  • humeur dépressive présente presque toute la journée et presque tous les jours;
  • diminution de l’intérêt et du plaisir pour les activités qui nous plaisent habituellement;
  • augmentation de l’appétit (on note souvent une envie irrésistible de consommer des aliments sucrés ou contenant des hydrates de carbone);
  • augmentation du temps de sommeil, difficulté à sortir du lit le matin et baisse d’énergie;
  • baisse de concentration ou de l’aptitude à penser ou indécision;
  • impression d’être au ralenti, ou au contraire, d’être agité;
  • sentiment de culpabilité, de dévalorisation ou même, dans certains cas, apparition d’idées de mort ou de pensées suicidaires.

Par ailleurs, comme les manifestations de la dépression saisonnière se confondent avec celles de la dépression majeure, on doit être prudent quant aux véritables déclencheurs. Il se peut que le temps d’apparition d’une dépression ou d’une rechute coïncide avec l’automne, mais que celle-ci n’ait pas de caractère saisonnier. C’est la récurrence des épisodes dans cette période précise de l’année qui le déterminera.

Traitements

Puisque ce trouble trouve son origine dans la diminution du temps d’ensoleillement, la luminothérapie fait partie des traitements les plus indiqués. Dans ce type de démarche, on s’expose aux rayons d’une lampe spéciale qui reproduit la lumière blanche naturelle du jour et qui comprend un filtre pour les rayons UV nocifs. Pour être efficace, ce type de lampe doit produire un minimum de 10 000 lux (l’équivalent d’un matin ensoleillé de printemps). Le traitement doit se faire préférablement le matin puisqu’il peut causer des difficultés d’endormissement si on le fait plus tard dans la journée.

On s’expose quotidiennement à cette lumière pendant une période d’environ 30 à 45 minutes, et il est possible de faire d’autres tâches en même temps (déjeuner, lire, etc.). Le traitement présente un taux de succès de 60 à 90 %. On note habituellement des changements en l’espace d’une semaine lorsque la dépression est vraiment liée au manque de luminosité. Certaines restrictions s’appliquent, notamment en fonction de notre état de santé et des médicaments qui nous sont prescrits. Pour cette raison, il faut d’abord consulter un médecin avant de commencer tout traitement.

La psychothérapie peut, quant à elle, aider à travailler les pensées, les émotions et les comportements qui entretiennent l’état dépressif. On peut aller y chercher du soutien et des outils pour arriver à se remettre en action. Il existe plusieurs approches qui peuvent convenir selon le besoin de chacun, mais celle de type cognitivo-comportemental est particulièrement appuyée par la recherche. Le lien de confiance qu’on entretient vis-à-vis du thérapeute et le fait de se sentir compris dans ce que l’on vit demeurent les facteurs les plus importants pour que la thérapie puisse porter ses fruits.

Pour ce qui est de la médication, il est possible de se faire prescrire des antidépresseurs. Ils peuvent aider à retrouver l’énergie et une humeur plus positive. Ces médicaments donnent souvent de bons résultats, mais doivent être pris pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour atteindre leur pleine efficacité.

Par ailleurs,comme ce type de dépression est en lien direct avec le manque de luminosité, faire une promenade quotidienne, particulièrement en matinée, peut aider à s’en sortir. Cela permet également de faire une activité physique, un autre facteur qui contribue à vaincre la dépression.

Où s’adresser?

Si vous croyez souffrir de dépression saisonnière et désirez en savoir plus sur les traitements offerts, une première étape pourrait être d’en parler à un médecin. Du côté de l’aide psychologique, on peut s’adresser à un psychothérapeute reconnu par un ordre professionnel tel qu’un psychologue ou un travailleur social.

Finalement, vous pouvez utiliser la ligne d’écoute, d’information et de références de Revivre en composant le 1 866 REVIVRE (738-4873) pour savoir comment louer ou vous procurer une lampe de luminothérapie. Vous pouvez aussi vérifier au comptoir des prescriptions de votre pharmacie puisque plusieurs d’entre elles en font la vente.

Jean Leblanc, M. D., psychiatre

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Qu’est-ce que la dysthymie?

La dysthymie est une forme chronique de dépression qui dure au moins deux ans (un an pour les enfants), mais qui perdure souvent pendant de nombreuses années. Les symptômes associés à ce type de dépression sont moins nombreux et moins sévères que ceux reliés à la dépression majeure, mais ils peuvent tout de même nuire sérieusement à la qualité de vie de ceux qui en sont atteints. À long terme, ces symptômes ont autant de répercussions négatives sur le fonctionnement que la dépression majeure.

Le trouble débute souvent tôt, à l’enfance, l’adolescence ou au début de l’âge adulte. 6% de la population en souffrira au cours de sa vie. Les femmes adultes sont deux à trois fois plus à risque que les hommes de développer une dysthymie. Chez les enfants, le trouble survient toutefois aussi souvent chez les garçons que chez les filles.

Les recherches tendent à démontrer qu’une vulnérabilité génétique serait à la base du trouble. On peut toutefois avoir cette fragilité sans qu’elle ne s’exprime nécessairement au cours d’une vie. Les facteurs qui provoquent une dysthymie sont multiples et interagissent ensemble. Ils peuvent être de nature biologique, psychologique ou sociale.

Sur le plan biologique, certains neurotransmetteurs tels que la sérotonine seraient impliqués. En ce qui concerne l’environnement, plusieurs situations, telles que des difficultés financières et interpersonnelles, ainsi qu’un niveau de stress élevé peuvent affecter le moral à long terme et contribuer à l’apparition d’un trouble dysthymique.

Signes avant-coureurs

Il est normal de se sentir plus déprimé certains jours ou lors de certaines épreuves, d’être mélancolique à l’occasion ou de ne pas se sentir toujours à la hauteur. Cela devient un problème lorsque ce sentiment s’étire dans le temps et que les symptômes entraînent une souffrance importante ou nuisent au fonctionnement général, que ce soit au travail, dans les relations interpersonnelles ou dans les aspects importants de sa vie.

Symptômes

En plus d’une humeur dépressive présente presque toute la journée au moins un jour sur deux pendant deux ans ou plus, les personnes atteintes souffrent d’au moins deux des symptômes suivants :

  • baisse d’énergie ou fatigue;
  • faible estime de soi;
  • problèmes de concentration ou difficultés à prendre des décisions;
  • sentiment de perte d’espoir;
  • troubles de l’appétit (diminution ou augmentation);
  • troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie).

Les symptômes psychomoteurs, les troubles de sommeil et les troubles de l’appétit sont toutefois présents moins fréquemment que lors d’une dépression majeure.

La personne qui souffre d’une dysthymie peut aussi se sentir souvent triste, s’autocritiquer et être sévère envers elle-même et son environnement, ruminer des éléments du passé, ressentir de la culpabilité, être irritable ou colérique, être moins productive et avoir peu d’intérêt et de plaisir envers la plupart des activités. Elle peut aussi s’isoler des autres et se replier sur elle-même.

Les personnes dysthymiques attribuent parfois les symptômes qu’elles ont à leur personnalité puisqu’elles peuvent avoir l’impression de toujours avoir été comme ça, surtout lorsque le trouble commence tôt dans la vie.

Chez les enfants, l’humeur peut être irritable plutôt que déprimée. On remarque souvent chez les jeunes une diminution des performances scolaires, des difficultés au niveau des interactions sociales, une faible estime de soi et une attitude pessimiste.

Il peut arriver que la personne se sente plus joyeuse à l’occasion, plus énergique. Toutefois, pour qu’il s’agisse d’un trouble dysthymique, il faut que les intervalles où l’on se sent mieux ne durent pas plus de deux mois pendant une période d’au moins deux ans.

Les symptômes s’aggravent parfois et la dysthymie peut alors s’accompagner d’une dépression majeure pour une certaine période. La personne souffre à ce moment de ce qu’on appelle une double dépression. Le diagnostic de trouble dysthymique n’est toutefois pas porté si un épisode de dépression majeure se présente au cours de la période initiale de deux ans.

Traitements

Les deux formes de traitement privilégiées sont la médication et la psychothérapie.

Du côté de la pharmacothérapie, les antidépresseurs sont habituellement prescrits. Ils agissent sur plusieurs neurotransmetteurs impliqués dans les symptômes de la dépression, comme la sérotonine, la norépinéphrine et la dopamine. Ces médicaments prennent plusieurs semaines avant d’agir à leur plein potentiel et dans le cas d’une dysthymie, il est particulièrement recommandé de les prendre sur une longue période. Lorsque la personne va mieux, il arrive que le médecin suggère une dose de maintien pour plusieurs années, et parfois à vie afin de prévenir les rechutes.

La psychothérapie peut quant à elle aider à travailler sur les pensées, les émotions et les comportements qui sont liés à l’humeur dépressive. Le lien de confiance qu’on entretient envers le psychothérapeute demeure l’un des éléments les plus importants. Il existe plusieurs approches qui peuvent aider, mais celle de type cognitivo-comportemental est particulièrement appuyée par la recherche. Ce type de thérapie permet de travailler sur les ruminations négatives qui entretiennent l’humeur dépressive afin de les remplacer par une vision plus juste de la réalité. Cela peut aider à augmenter l’estime de soi, à reprendre confiance en ses propres capacités et à retrouver de l’espoir envers le futur. On y travaille aussi sur des comportements qui pourront graduellement être adoptés pour réussir à se mettre en action malgré les symptômes et reprendre une vie active et sociale.

La psychothérapie interpersonnelle, un autre type de psychothérapie efficace dans le traitement de la dépression majeure, est aussi utile dans le traitement de la dysthymie.

Les groupes d’entraide et les ateliers tels que ceux que nous offrons à Revivre peuvent aussi apporter une autre forme pertinente de soutien. C’est un lieu où l’on peut parler de ses émotions sans être jugé. Cela peut aider à se sentir moins seul dans ce que l’on vit et à valider notre expérience de l’humeur dépressive avec des gens qui vivent des situations similaires. On peut ainsi s’inspirer de ce qui nous rejoint dans les témoignages des autres pour essayer de nouvelles voies qui peuvent aider à s’en sortir.

Où s’adresser ?

Si vous croyez souffrir de dysthymie et désirez en savoir plus sur les traitements disponibles, une des premières étapes pourrait être d’en parler à un médecin. Au niveau de l’aide psychologique, on peut s’adresser à un psychothérapeute reconnu par un ordre professionnel tel qu’un psychologue ou un travailleur social.

Patricia Garel, M.D., psychiatre, et François Maranda, M.D., psychiatre, CHU Sainte-Justine

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Qu’est-ce que la dépression?

La dépression majeure n’est pas une maladie réservée aux seuls adultes. Elle touche 1 % de la population préadolescente (12-15 ans) et 7 % des jeunes avant la fin de l’adolescence (15-18 ans). Voilà des chiffres qui doivent nous inciter à mieux connaître la dépression afin d’en déceler rapidement les symptômes chez les jeunes.

La dépression majeure est une maladie, mais elle n’est pas tout à fait une maladie comme les autres, car elle altère le jugement de la personne. Pourtant, au même titre que les autres maladies, elle doit être expliquée, démystifiée et traitée rapidement. Les enjeux de la maladie et du traitement doivent être bien compris par le jeune et sa famille. Il ne faut pas souffrir inutilement ni rester seul.

Déprime et dépression

La déprime est différente de la dépression. Elle est une réponse normale aux contraintes psychologiques ou sociales que nous subissons tous, à un moment ou un autre, dans notre vie. Passagère, la déprime n’empêche pas qu’on puisse éprouver du plaisir lors de certaines activités ou à certains moments, même si on a le cafard. Une déprime peut être causée par une insatisfaction relative à un rendement scolaire, des relations conflictuelles avec la famille et les amis ou des ennuis de la vie quotidienne…

La dépression « maladie » ou dépression majeure se caractérise par une altération importante du fonctionnement et un manque d’intérêt marqué pour ses activités habituelles. Le jeune s’isole ou au contraire est incapable de rester seul; il manque de concentration, il a parfois peur de tout ou bien il devient irritable, agressif. Certains troubles du comportement peuvent être des équivalents dépressifs (toxicomanie, fugues…) et il faudra éliminer un épisode dépressif avant de parler de trouble de conduite.

Signes avant-coureurs

Éléments pouvant prédisposer un jeune à la dépression :

  • avoir dans sa famille des personnes atteintes de maladie mentale;
  • subir des agressions aux plans physique, émotif ou sexuel;
  • perdre un parent tôt dans l’enfance, par décès, divorce ou abandon;
  • être atteint d’une maladie chronique;
  • avoir des personnes qui se sont suicidées dans sa famille, etc.

Un diagnostic de dépression se pose à partir d’un ensemble variable de symptômes évoluant dans le temps et dans un contexte donné, et non pas d’un seul symptôme. Un jeune dépressif pourra présenter certains des symptômes associés à la dépression majeure.

Symptômes

Symptômes en phase de dépression :

  • difficultés soutenues dans ses rapports avec ses proches et dans ses relations avec ses amis;
  • irritabilité anormale et apathie par rapport aux choses courantes de la vie;
  • négligence pour l’hygiène corporelle et l’entretien de sa chambre;
  • comportements évoquant la délinquance : par exemple, sauter des journées d’école, comportements violents dans la parole et dans le geste, abus d’alcool et de substances toxiques;
  • dérèglement de l’appétit;
  • troubles d’attention et de concentration;
  • troubles du sommeil : insomnie ou hypersomnie (dormir tout le temps);
  • changements de l’humeur : tristesse, irritabilité, agressivité;
  • comportements ou idées suicidaires envahissantes, désir de mort pour mettre un terme à une souffrance intolérable.

Traitements

Habituellement, le traitement de la dépression chez les jeunes comprend deux facettes: biologique et psychologique.

1. Le traitement biologique

Le médecin prescrit un ou des médicaments qui agissent sur les neurotransmetteurs (antidépresseurs ou autres). Les neurotransmetteurs sont des substances chimiques par lesquelles les neurones communiquent et assurent le fonctionnement cérébral. En phase dépressive, cette communication est altérée. Les médicaments visent à rétablir correctement ces échanges. Il faut savoir que l’action de ces médicaments n’est pas instantanée. Il faut parfois patienter quelques semaines avant qu’ils atteignent leur plein potentiel. Lorsqu’efficaces, ils permettent au jeune de retrouver progressivement une vie équilibrée, soit :

  • le sommeil;
  • l’appétit;
  • une énergie normale;
  • une concentration normale (ce qui peut parfois revenir tardivement);
  • retour du plaisir dans les activités;
  • des projets réalistes;
  • le goût de poursuivre ses études, etc.

2. Les traitements psychologiques

Les thérapies cognitives visant à corriger les conceptions et les perceptions fausses qui accompagnent la dépression sont efficaces et complémentaires aux traitements pharmacologiques. D’autres types de thérapies (thérapie de groupe, thérapie d’orientation analytique, etc.) peuvent être indiqués selon chaque cas particulier.

Pour chaque jeune atteint de dépression, il s’avère important de considérer l’amélioration de l’hygiène de vie : les horaires, l’alimentation, le sommeil, l’exercice, la non-consommation de drogues (particulièrement la marijuana), etc.

Où s’adresser?

Le rôle des différents intervenants par rapport à un jeune atteint de dépression

Les parents sont souvent les premiers à remarquer la rupture de fonctionnement de leur enfant. Ils demeurent des observateurs privilégiés même si le lien parent-enfant peut parfois biaiser leurs perceptions. Il est alors important de formuler leurs craintes ou leurs doutes auprès d’une personne compétente. Ils sont toujours essentiels dans la démarche d’évaluation et d’accompagnement.

Le médecin de famille est souvent consulté en première instance du fait des nombreux symptômes physiques liés à la dépression (fatigue, douleurs…). Il fera un bilan médical éliminant une affection somatique pouvant expliquer ce tableau (problème thyroïdien, infectieux, anémie, etc.) et poursuivra l’évaluation avec le jeune et ses parents. Il peut alors demander une consultation à un psychiatre ou instaurer un traitement après un délai raisonnable.

Le psychiatre est le médecin spécialiste des troubles mentaux. Il est l’interlocuteur privilégié pour coordonner l’ensemble des traitements à offrir.

Les intervenants scolaires (l’infirmière, le psychologue, le travailleur social) sont souvent les premiers consultés par le jeune. Leur rôle est majeur dans l’accueil, le soutien et l’accompagnement de ce jeune en détresse. Ils dirigeront le jeune vers les spécialistes appropriés.

Le jeune peut aussi rencontrer et se confier à un professeur « confident ». Celui-ci pourra le conseiller et l’appuyer dans sa démarche auprès d’un médecin ou d’un organisme.

Les équipes de santé mentale jeunesse des Centres de santé et de services sociaux sont spécialisées dans les difficultés que les jeunes rencontrent. On peut communiquer avec elles sans hésiter.

Les organismes comme Revivre, Jeunesse, J’écoute et Tel-Jeunes ont un rôle d’information et de soutien auprès de cette clientèle et de leur famille. Ils peuvent être consultés en tout temps pour des renseignements sur les ressources, de l’orientation, de l’aide et du soutien à différents niveaux.

Les proches du jeune peuvent l’aider!

Il arrive souvent qu’un jeune qui se sent mal se confie à ses proches (ami,sœur,frère, etc.). Ces derniers lui seront d’une aide précieuse pour passer à travers l’épreuve qu’il vit et ils ne le laisseront pas dans l’isolement et la solitude. Ils le mettront en contact avec une personne importante qui pourra faire les démarches nécessaires.

Si vous reconnaissez quelques signes et symptômes de dépression chez votre enfant ou votre jeune, consultez un omnipraticien ou un pédopsychiatre. Détecter la maladie et la faire soigner rapidement par des personnes compétentes est le geste le plus important à poser.

Questionnaire d’auto-évaluation de la dépression

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Soutien et information

1 866 REVIVRE (738-4873)
Disponible sans frais partout au Canada, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h

Écrire à un intervenant
revivre@revivre.org

Forum
www.revivre.org/forum

Ateliers d’autogestion du programme J’avance!

Le programme J’avance! est constitué de cinq types d’ateliers qui visent le soutien à l’autogestion de la santé pour les personnes touchées par l’anxiété, la dépression ou la bipolarité.

Ces ateliers ont été conçus par Revivre, en collaboration avec une équipe de recherche et de nombreux experts. En plus des ateliers offerts par Revivre dans la région de Montréal, plus d’une vingtaine d’organisations offrent présentement les ateliers du programme J’avance! dans différentes régions du Québec.

Consulter la page de l’atelier d’autogestion de la dépression du programme J’avance!

Groupes d’entraide

Les groupes d’entraide de Revivre sont des rencontres qui permettent aux personnes souffrant d’anxiété, de dépression ou de trouble bipolaire d’exprimer leur vécu et leurs émotions en lien avec ce dont ils souffrent, dans un climat empreint d’écoute et de respect. Les groupes d’entraide sont offerts à toute personne ayant eu un diagnostic de trouble anxieux, dépressif ou bipolaire. On parle de groupe « ouvert » lorsque les participants ne sont pas tenus de débourser quoi que ce soit ni de s’inscrire. Cette formule flexible permet aux gens de décider du moment et du nombre de rencontres auxquelles ils ont envie d’assister.

Horaire

  • Les lundis et mercredis en après-midi, de 13 h 30 à 15 h 00
  • Les lundis en soirée, de 19 h 00 à 20 h 30
  • Les vendredis en matinée de 9 h 30 à 11 h 00

Lieu : Bureaux de Revivre

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