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MessagePosté: 08 Juin 2011, 11:15 
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Inscription: 03 Juin 2011, 13:07
Messages: 371
Bonjour Guillaume,

Tu vois tu nous donne là une information très importante: tu as été agressé.

Je me dis alors que tu n'es pas paranoïaque et que tu vis surtout un stress post-traumatique auquel tu réagis fortement avec les fragilités de la personnalité. J'ai été agressée il y a 7 ans et j'ai encore peur des gens en général et de mes voisins. C'est une réaction normale. On est pas "fou" pour ça.

Ta rencontre avec ta psychologue va être très bénéfique je te le dis. C'est l'fun que tu te donnes la chance de faire confiance à quelqu'un pour t'aider. Si j'étais toi je continuerais à douter au niveau de la schizophrénie. Peut-être que tu pourras guérir de tes instants psychotiques. Pourquoi pas si c'est une réaction forte à un traumatisme.

Ne lâche pas ! Continue à chercher de l'aide et des réponses. Y'a de l'espoir!

Pascale


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MessagePosté: 08 Juin 2011, 11:39 
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Inscription: 14 Fév 2010, 19:32
Messages: 320
Salut Guillaume,

Ton post sur le pot m'a beaucoup fait réfléchir... C'est vrai que c'est une drogue à proscrire absolument si on a des tendances psychotiques.

Pour répondre à ta question ''suis-je schizo?''

Je vais t'en poser une autre: as-tu des hallucinations? Auditives? Visuelles? Avec ou sans la médication?

Tsé, même si c'était le cas, je t'assures qu'avec un bon médecin et des habitudes de vie saines, on peut très bien s'en tirer à bon compte. J'ai eu un coloc schizo, un chic type en fait. Très gentil garçon et puis aujourd'hui il a une job, une blonde, il voyage, fait des projets... La seule chose, c'est qu'un bizarre petit lutin vêtu de mauve l'a suivi pendant un bon moment... On blaguait là-dessus. Je ne sais pas s'il s'en est débarrassé mais je crois que ça n'a pas trop d'incidence sur sa vie.

Pour ce qui est de ton angoisse, ben je pense que c'est tout à fait normal. Quand j'ai fait un épisode mixte avec éléments psychotiques, j'ai vécu longtemps après avec une angoisse toujours présente. J'avais parfois l'impression que mes colocs parlaient dans mon dos, que ma patronne voulait me congédier au profit d'un autre employé, que mes amis en avaient marre de moi mais sans me le dire, que certaines personnes me regardaient méchamment dans la rue...

Ça finit par passer. Laisse le temps faire son oeuvre, c'est normal que ce soit long. Ton corps, ton cerveau et ton psyché a subi un traumatisme: il faut qu'il s'en remette. Commence par arrêter de croire en ton délire, ça va t'aider! Se remettre d'une psychose, c'est looooooong!

_________________
No human


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MessagePosté: 08 Juin 2011, 12:29 
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Inscription: 22 Mar 2011, 12:09
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Salut Guillaume

Si ce n'est deja fait, va au club video, et demande pour le film Un Homme D'exception (avec Russel Crow).

C'est le cas véridique, d'un chercheur en Mathématique (John Nash) qui a fait de la schzophrénie et qui en fait toujour d'ailleur, mais qui a réussi a controlé ces démons et a avoir une vie exceptionnel...le gars a meme gagné un prix nobel en Économie.

Moi je suis bipolaire, donc rien a voir avec la schizophrénie....mais ce film est une grande inspiration pour moi, mon but étant un jour de controlé ma maladie comme lui controlait la sienne.

Bon visionnement.


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MessagePosté: 08 Juin 2011, 13:18 
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Inscription: 18 Mai 2011, 14:34
Messages: 89
Merci pour cette référence, je vais regarder ce film. Pour répondre à vos questions, j'ai eu des hallucinations quand j'étais sous l'influence de pot. Je croyais entendre mes voisins baiser et qu'ils me parlaient aussi. J'ai surtout eu des fausses croyances, DELUSIONS en anglais. Je pensais qu'on me persécutait (droguait, empoisonnait) et qu'il y avait une fille qui essayait de m'aider de l'autre côté de la porte de mon appart. (J'entendais chuchoter). J'ai lu sur ce que c'était de 'paranoid schizophrenia' et c'est basé sur les DELUSIONS.

Paranoid schizophrenia is manifested primarily through impaired thought processes, in which the central focus is on distorted perceptions or paranoid behavior and thinking.[3] Delusions are in most cases grandiose or persecutory, or both.[4] Delusions may be multiple, but usually organized and coherent.[5]
( This type of schizophrenia is dominated by relatively stable, often paranoid, delusions; this is accompanied by hallucinations, usually auditory, and perceptual disturbances. Disturbances of affect, volition, speech, and catatonic symptoms, are not prominent in this branch of schizophrenia.[6] Often, people who have their first episode of schizophrenia in their late teenage years lose out on a lot of important development.[7]

Anyway, comme je n'ai pas de high et down, je suis probablement pas bipolaire. Donc déjà je peux regarder ailleurs.

Merci encore!

Guillaume


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MessagePosté: 08 Juin 2011, 22:40 
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Inscription: 07 Juin 2011, 22:51
Messages: 2
3 choses;

Bonne initiative pour la psy, je ne vous dis pas que ce sera simple, si ce l'était il n'y aurait pas de soucis... mais très certainement vous pourrez trouvez un sens à ce qui vous arrive. Déjà à travers votre message un sens commence à prendre forme, soyez-y attentif, vous y arriverez.

Pour ce qui est du film "Beautifull Mind" ce n'est selon moi qu'un récit romancé de la psychose qui ne représente en rien le vécu phénoménologique d'une psychose. C'est la psychose selon Hollywood. Ça reste une opinion personnelle.

Ici je tournerai les coins ronds et je résume grossièrment ;)
Au niveau de la littérature anglophone il y a un peu une confusion autour des "Delusions" et de la Paranoïd Schizophrénia. Les anglophones, après le passage de Mélanie Klein on perdu la nuance que le corpus théorique français propose. Pour eux tout est dit paranoïd, pourtant la structure psychotique est caractérisée par trois grands sous types de structures; la schizophrénie, la paranoïa, et la mélancolie. Pour le corpus français, le terme paranoïde fait uniquement référence à une angoisse de persécution provenant d'entités qui n'auraient pas une forme humaine, par exemple des ondes, de la magie, des forces occultes, en gros pas la persécution d'un autre humain (angoisse paranoïde).

Ainsi, quand on parle d'une angoisse de persécution qui proviendrait d'un autre humain, on parle plutôt d'angoisse paranoïaque. Donc, on pourrait avoir une schizophrénie avec angoisse paranoïde ou paranoïaque. Faut être vigilant et pas trop mélanger les termes sinon on n'y comprend facilement plus rien.

D'autre part, il est aussi possible d'avoir une une structure psychotique dite paranoïaque, qui est caractérisé par une certaine forme d'hostilité relationnelle, de revendication constante, de surestimation de soi-même et de mépris des autres, en plus d'une d'idéation paranoïaque. Par moment cette dernière peut se décompenser et verser dans un délire dit paranoïaque. Ici on se rapproche un peu plus de la personnalité paranoïde sur l'axe 2 du DSM.

Bien que les deux soient considérés comme psychotique au niveau de la structure, les enjeux sont très différent. Généralement nous sommes tous porteur d'une structure soit psychotique, soit névrotique ou parfois dans des aménagements qu'on nomme astructuration limite. Cela ne nous empêche en rien de mener une vie harmonieuse. C'est lorsque ça fissure et ça fragmente que cela devient plus difficile (décompense). Chacun, selon son histoire et sa structure réagira différemment face à une adversité, par exemple face à une agression, un névrotique pourra se défendre en développant un trouble anxieux sévère, alors qu'un psychotique pourra se défendre à l'aide d'un repli sur soi autistique ou d'un délire qui vise à affronter le principe de réalité et investir une néo réalité qui est plus tolérable. C'est important de mentionner qu'un névrotique, particulièrement le névrosé obsessionnel pourra lui aussi utiliser des mécanismes de défense similaire au délire en moment de grande menace à l'intégrité de sa personne. Le délire n'est jamais un choix absurde, c'est une façon de faire face à une réalité ou une pulsion devenu trop menaçante pour l'intégrité de la personne qui le choisit. Autrement dit, c'est une façon particulièrement habile, mais contraignante de faire face à la réalité.

Ce qui est particulier du délire, c'est que quelque chose d'intolérable à l’intérieur (pulsion) se retrouve projeté à l'extérieur dans le réel, sous forme d'hallucination ou autres idées pouvant être presque obsédantes ou très rigides. Par exemple l'idée de l'empoisonnement que vous soulevé, qui pourrait presque faire symboliquement référence à l'intrusion forcée d'un corps étranger mauvais dans un moment de passivité/vulnérabilité (sommeil)... Bref, tout ça pour dire que le délire c'est loin d'être fou (si je peux me permettre le mot d'esprit) faut s'y intéresser pour faire du sens et vous en libérer en touchant à ce qui est refusé...


Dernière édition par tranzference le 08 Juin 2011, 23:31, édité 2 fois.

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MessagePosté: 08 Juin 2011, 23:23 
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Inscription: 18 Mai 2011, 14:34
Messages: 89
Bonjour tranzference,

tu connais bien ça ! Serais-tu psy? Ou tu travailles en santé mentale? Tu m'as vraiment aidé à comprendre la paranoïd schizophrenia avec de très bons exemples. Je prends ça avec beaucoup de sagesse maintenant, je me dis que tout ce que sais c'est que j'ai fait une psychose et que si je prends mes médicaments j'ai pas de psychose! Mais bon, j'ai des effets secondaires!

Maintenant, à savoir si je suis ceci ou cela, je suis dans l'incompétence la plus absolue, seulement un médecin, un psychiatre peut affirmer de telles choses!

Merci encore pour tes précieuses lumières


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MessagePosté: 09 Juin 2011, 11:04 
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Inscription: 16 Juil 2010, 16:18
Messages: 202
[quote="tranzference"]Pour ce qui est du film "Beautifull Mind" ce n'est selon moi qu'un récit romancé de la psychose qui ne représente en rien le vécu phénoménologique d'une psychose. C'est la psychose selon Hollywood. Ça reste une opinion personnelle.[quote]

Je suis de votre avis. Ce film est loin d'être représentatif.

[quote="tranzference"]D'autre part, il est aussi possible d'avoir une une structure psychotique dite paranoïaque, qui est caractérisé par une certaine forme d'hostilité relationnelle, de revendication constante, de surestimation de soi-même et de mépris des autres, en plus d'une d'idéation paranoïaque. Par moment cette dernière peut se décompenser et verser dans un délire dit paranoïaque. Ici on se rapproche un peu plus de la personnalité paranoïde sur l'axe 2 du DSM.

Bien que les deux soient considérés comme psychotique au niveau de la structure, les enjeux sont très différent. Généralement nous sommes tous porteur d'une structure soit psychotique, soit névrotique ou parfois dans des aménagements qu'on nomme astructuration limite. Cela ne nous empêche en rien de mener une vie harmonieuse. C'est lorsque ça fissure et ça fragmente que cela devient plus difficile (décompense). Chacun, selon son histoire et sa structure réagira différemment face à une adversité, par exemple face à une agression, un névrotique pourra se défendre en développant un trouble anxieux sévère, alors qu'un psychotique pourra se défendre à l'aide d'un repli sur soi autistique ou d'un délire qui vise à affronter le principe de réalité et investir une néo réalité qui est plus tolérable. C'est important de mentionner qu'un névrotique, particulièrement le névrosé obsessionnel pourra lui aussi utiliser des mécanismes de défense similaire au délire en moment de grande menace à l'intégrité de sa personne. Le délire n'est jamais un choix absurde, c'est une façon de faire face à une réalité ou une pulsion devenu trop menaçante pour l'intégrité de la personne qui le choisit. Autrement dit, c'est une façon particulièrement habile, mais contraignante de faire face à la réalité.

Ce qui est particulier du délire, c'est que quelque chose d'intolérable à l’intérieur (pulsion) se retrouve projeté à l'extérieur dans le réel, sous forme d'hallucination ou autres idées pouvant être presque obsédantes ou très rigides. Par exemple l'idée de l'empoisonnement que vous soulevé, qui pourrait presque faire symboliquement référence à l'intrusion forcée d'un corps étranger mauvais dans un moment de passivité/vulnérabilité (sommeil)... Bref, tout ça pour dire que le délire c'est loin d'être fou (si je peux me permettre le mot d'esprit) faut s'y intéresser pour faire du sens et vous en libérer en touchant à ce qui est refusé...
[quote]

Psychologie dynamique 101 :P J'aurais bien utilisé vos connaissances lors de ma dernière session. :P

Catnips

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A first visit to a madhouse is always a shock. -Anna Freud


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