Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Girafe
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Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Message par Girafe » 16 mai 2010, 22:25

Bonjour à tous!

Aujourd'hui, je vais me défouler sur notre joli système de santé.

Fin 2009, j'ai eu un gros down à cause d'un événement dur dans ma vie. Je ne me sentais vraiment pas bien alors j'en ai parlé à une psychologue en privé que j'avais trouvée sur internet l'année d'avant et que j'avais consultée quelques fois. En parlant par courriel de mon histoire, ma situation, mes hauts et mes bas qui durent plusieurs mois, etc… elle croit que mon problème a en fait une source physiologique et me conseille fortement d'en parler à mon médecin de famille (je remercie le ciel d'en avoir un en ces temps de pénurie... grâce à mon problème de thyroïde).

Mon médecin de famille me donne un billet pour une consultation en psychiatrie pour raison de cyclothymie et dissociation. Elle me dit de me présenter au CLSC (maintenant appelé CSSS) de mon quartier, et ça adonne bien, c'est juste à côté de chez-moi. Alors le lendemain je demande congé à mon patron car le CLSC n'est pas ouvert le soir ou la fin de semaine. Le surlendemain, je me présente au CLSC de Saint-Henri avec ma note du médecin. Alors on me dit qu'on ne peut pas me référer un psychiatre comme ça, alors on me fait passer une évaluation avec une travailleuse sociale, qui me donne vraiment bonne impression. Elle me dit que mon cas sera traité en priorité et qu'on devrait me rappeler le plus rapidement possible pour me référer à un psychiatre.

Quelques semaines plus tard, je reçois un appel d'une autre travailleuse sociale rattachée au même CLSC, mais qui travaille dans un autre bâtisse du CLSC où est le psychiatre, et elle me dit qu'il faut qu'elle me fasse une évaluation. Alors là, je lui explique que j'ai déjà passé une évaluation à l’autre CLSC. Elle me dit qu'elle l'a en main mais qu'elle est incomplète. Mais comme l'autre CLSC, ils n'ont pas de rendez-vous de soir ou la fin de semaine. Je lui suggère de répondre à ses questions au téléphone pour ne pas avoir à manquer encore du travail. En fait, elle n'avait pas mon historique familial de santé mentale. Mais j'avais dit à l'autre que c'est tabou chez-moi et que j'ai essayé de sonder le terrain, mais que je n'arrive pas vraiment à savoir. Alors elle me dit qu'elle va étudier mon dossier et me rappeler pour me dire si j'aurai un rendez-vous avec le psychiatre.

Après cela, elle m'a rappelée et m'a donné un rendez-vous avec lui. Je ne sais pas trop c'est quoi son diagnostic, mais il me prescrit 750 mg d’Épival et du Trazodone. Le psychiatre m'avait dit qu’il pense que je suis bipolaire état mixte avec trouble de la personnalité mais que je suis un cas difficile à diagnostiquer (pas très rassurant). Il me revoit une fois après prise de sang pour vérifier la dose et il m’augmente à 1000 mg d’Épival. Il me dit que je dois faire le suivi avec mon médecin de famille pour les renouvellements.

Alors je prends rendez-vous avec mon médecin de famille, ce qui prend bien sûr quelques mois. Quand je la vois (c'est une femme mon médecin de famille), elle me dit qu'elle ne veut pas faire de suivi psychiatrique, que ce n'est pas de son ressort. Elle a une note que mon psychiatre lui a envoyé comme quoi je prends Épival, mais rien ne dit que je suis stabilisée et il ne lui demande pas directement de faire le suivi, alors elle ne veut pas le faire. Aussi, je lui parle du fait que je commence à avoir une agitation intense l'après-midi, tellement que j'ai mal partout à force de contracter mes muscles. Elle me dit de revoir mon psychiatre.

Alors j'appelle sa secrétaire directement, pas question de passer encore par la travailleuse sociale. J'explique à la secrétaire que le psychiatre m'a prescrit tel et tel médicament depuis un mois et que j'ai tel symptôme et que je voudrais voir le psychiatre. Elle accepte et me donne un rendez-vous la semaine suivante à un nouveau bureau à Verdun, ils ont déménagé la clinique. Un autre congé à demander à mon patron (je ne les compte plus, je passe mes heures de vacances à aller à des r-v médicaux!). Quand je vois le psychiatre, il change mon Trazodone pour du Seroquel qu'il me dit de prendre avant de me coucher, toujours en combinaison avec mon Épival. Il me dit que je devrais prendre rendez-vous avec la travailleuse sociale, qu’elle doit me faire un suivi en santé mentale et que ce serait elle qui le contacterait pour prendre un rendez-vous si les choses changeaient… Que je ne suis pas supposée prendre mes rendez-vous par moi-même.

Je vais chercher le Seroquel à ma pharmacie Jean-Coutu, à côté de chez-moi à Saint-Henri, et ils n'en ont pas! Je leur demande s'ils peuvent m'en faire venir. Ils disent que non, ils ne peuvent pas, ils ne vendent pas ce médicament. Après quelques appels, on trouve un autre Jean-Coutu qui en a et qui n'est pas trop loin d'un métro, à Verdun. Je retourne au même métro où je venais de voir mon psychiatre, pour enfin avoir la prescription et je demande 2 mois au lieu d’un pour pas avoir à y retourner à chaque mois. On m’annonce que ça me coûte 150$ pour deux mois, j’ai failli me décrocher la mâchoire (je dois faire une demande par la poste pour me faire rembourser par mes assurances, ils n'ont pas de système de carte médicament...). Je dois aller virer là à chaque fois.

Pendant mes quelques premiers jours de Seroquel, je manque le travail (4 jours) parce que je ne peux me lever, la somnolence est hyper intense le matin, je n'arrive pas à focusser sur mon image dans le miroir, mes yeux ne suivent pas tellement je m'endors. Je vais voir la pharmacienne à Verdun où j'ai acheté le médicament. Elle me dit de le prendre plus tôt, genre après souper au lieu d’avant de me coucher, et ça aide beaucoup. Mon corps finit par s'adapter et c'est merveilleux. J’ai été chanceuse, à la 2e tentative, on a trouvé un cocktail qui semble assez bien marcher.

Alors comme le médecin me l’a conseillé, j'appelle la travailleuse sociale qui m'avait appelée la deuxième fois. Elle me dit qu'il faut qu'ils évaluent mon dossier pour voir si mon dossier sera attribué en santé mentale et à qui parce qu'ils sont plusieurs travailleurs sociaux. Alors elle me rappelle quelques semaines plus tard et me dit que mon dossier a été attribué et que c'est elle-même qui va s'occuper de moi. Elle me pose quelques questions au téléphone pour orienter notre consultation et m'explique que c'est pour court ou moyen terme, mais pas long terme. Personnellement, je ne sais pas vraiment ce que j'attends de cette thérapie. J'explique à la travailleuse sociale que c'est le psychiatre qui m'a demandé ça.

Elle me dit que pour le suivi avec les médicaments, ça devrait être mon médecin de famille maintenant que je suis stabilisée. Je lui explique que j’avais déjà essayé avec mon médecin de famille, mais qu’elle n’avait pas voulu faire le suivi. La travailleuse sociale m’explique alors que les psychiatres des CLSC ne sont pas des psychiatres traitants, mais des psychiatres consultants, alors ils peuvent me voir à l’occasion, mais pas me faire un suivi de traitement. Et que mon médecin de famille devrait faire mon suivi et le contacter si les choses semblent changer. Ça adonne bien, j’ai mon rendez-vous pour le résultat de mes prises de sang de mon bilan annuel avec mon médecin de famille deux jours plus tard. Elle lui laisse un message téléphonique pour qu’elle la rappelle, afin de lui expliquer la situation. Elle me dit que si elle n’a pas de nouvelles, elle va envoyer une note du psychiatre le matin même de mon rendez-vous qui est en après-midi.

Alors le jeudi suivant, je vais voir mon médecin de famille et je lui parle de la situation. Elle dit qu’elle n’a pas eu le message de la travailleuse sociale au téléphone, et que si elle a envoyé une note le matin même, elle ne l’aurait pas parce qu’il faut qu’elle passe par le département de la numérisation avant. Alors là, j’insiste en lui disant qu’il me reste juste un mois de ma prescription pour mes médicaments. Alors elle me fait une prescription de ‘dépannage’ pour trois mois, en spécifiant bien qu’elle ne ferait pas le suivi. Surtout qu’elle n’a même pas de note du médecin à part la première qui disait que je prenais Épival, et qui ne spécifiait pas si je suis stabilisée.

Alors en revenant, découragée vous comprenez, j’appelle la travailleuse sociale pour lui dire. Elle semble avoir oublié qu’elle m’avait dit qu’elle enverrait une note au médecin. J’avais déjà un rendez-vous planifié avec elle pour le mois de juin, alors vu que j’ai assez de médicaments pour me rendre là, elle a dit qu’on en reparlerait à ce moment-là. J’ai dit ok, et j’ai raccroché, au bout de mes ressources… et les mains pendant de chaque côté de ma chaise…

Vraiment, je me dis une chance que je ne suis pas en dépression ! Parce que l’aide, il faut creuser creux en torpinouche pour en avoir ! Quand ils disent aux gens en détresse d’aller chercher de l’aide, c’est quoi qu’ils veulent dire ? Parce qu’il faut pas être à terre pour se faire aider, je vous le certifie ! Je me sens vraiment tombée dans une des craques du système. Entre deux chaises… Y A-T-IL UN PSYCHIATRE DANS LA SALLE ???

Girafe
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Marinade
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Re: Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Message par Marinade » 17 mai 2010, 01:32

Bonjour,

je te comprends tellement. mais j'ai du mal a comprendre qu'une pharmacie de vend pas de seoquel et que l'autre n'a pas de système de carte de médicament surtout un jean-coutu. Essaie de trouver d'autres endroits. Je prend seroquel et ca me coute je ne sais pas par coeur mais entouca moins de 20 $. Tu as une prescription de combien de mg ?

Pour le truc du psychiatre, j'ai a l'époque consulté a l'urgence de l'hôpital quand j'étais, il y a 10 ans, en dépression crise de panique extrême. J'avais vu un psychiatre a l'hôpital qui je crois m'avais référé a un de mon clsc. Je ne suis plus sure comment ca s'est passé. Mais un psychiatre au clsc depuis 10 ans et il a toujours fais mon suivit de médicament dans mes moments stable ou instable.

J'ai déjà essayé de changer de psychiatre et en trouver un est presqu'impossible surtout quand on en a déjà un.

Je ne connais pas ce que c'est de la cyclo et dissociation, p-e qu'ils jugent que ca devrait être gérable par un médecin régulier mais pas tout les médecins généralistes qui veulent traiter les maladies mentales par peur de faire erreur dans la médication car les études pour la psychiatrie ne sont pas les mêmes que la santé physique. Ce qui est dommage et évident c'est qu'on manque de ressource et quand ils jugent que ce n'est pas si grave, on doit comme tu dis être débrouillard. J'ai été aussi oublié par un psychiatre d'un hôpital a un moment ou je refaisais des crises et que j'avais besoin de réajuster ma médication car mon RV avec mon psy régulier n'était que dans 1 mois et je me sentais comme morte a dedans de moi, je ne faisais que pleurer et trembler. Etk j'ai été oublié pour un suivi, des promesses de rappel puis rien.

Etk je te souhaite bonne chance et j'espere que tu trouveras quelqu'un pour s'occuper de toi .

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kayaka
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Re: Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Message par kayaka » 17 mai 2010, 06:32

J'ai bien ri quand j'ai lu ton message Girafe :lol: ....Et en même temps j'ai constaté une fois de plus que le système de la psychiatrie est vraiment malade :cry: ...

En région on envie les grandes villes pour leur tonne de service...Mais on a tendance à oublier l'accessibilité
a ces services... :roll:

Alors ici chez moi...LE Clsc n'intervient pas dans le système...Donc une affaire de moins à s'occuper...ON a une pénurie de médecin et on a gagné la loto si on a un médecin de famille...Par contre, dans les quelques cliniques sans rendez-vous (3 je crois), ce sont toujours les mêmes médecins et surtout à la mienne ou le médecin est toujours le même. Donc tu peux avoir un médecin de famille sans rendez-vous ;) ...On commence aussi à attirer des nouveaux médecin grâce à un programme de stage pour les résidents supervisé par 2 cliniques médicale :) ...

La psychiatrie...on a juste une hôpital...Donc y'on pas le choix de faire quelque chose quand on es malade...Mais nous n'avons pas de psychiatre qui reste ici...On les appel les itinérants. Mais ce sont toujours les mêmes qui viennent donc on peut avoir un suivi quand même avec le même...Le hic c'est que le miens vient aux 2 mois et je suis en ajustement de médication...Disons que c'est pas pratique quand j'ai des problèmes car il m'est impossible de voir un autre psychiatre (j'endure ou je tente de voir mon md de famille)...Et comme il n'y a qu'une secrétaire dans le département, on fini par la connaître ce qui facilite encore le contact.

Des pharmacies...Y'en a 4...Et je n'ai jamais eu de problèmes à trouver mes médicaments..Mais je me rappelle il y a 2 semaines à Québec que j'ai couru comme une folle pour avoir de la morphine en liquide pour ma fille qui venait de subir une chirurgie...(et oui on avait pas d'ortho avant 10 jours!)...Ici j'aurais certainement jamais eu ce problème...

Et je trouve comme toi que c'est déjà assez dure de vivre des épisodes de santé si en plus il faut courir partout pour avoir un rendez-vous..Disons qu'il y a un illogisme la-dedans..

Bref...Quand on se regarde on se désole et quand on se compare on se console...

Alors...J'invite tous les gens ayant des problèms de santé mental à déménager en région :lol:

kayaka

A Fleur Séché: la cyclothymie c'est une maniaco dépression très légère. Elle est encore très mal connu du monde médical et il semble qu'il y ait une possibilité qu'elle entre dans une autre section dans le prochain DSM...Les variations d'humeurs sont moin importantes. Par contre, les états de mixités sont plus présent ce qui fait que cette maladie peut être très souffrante... Les façons de la traiter sont aussi différentes...Quand à la dissociation je n'en ai aucune idée
Le ridicule n'a jamais tué personne...Vivons ce que nous sommes c'est tout.

keytek
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Re: Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Message par keytek » 17 mai 2010, 08:15

Bonjour Girafe,

Mais quel problème que tu as à vivre dans ta ville!!!! Ce n'est vraiment pas drôle pour les patients qui n'ont pas le même service médical que dans les petites villes dont la population est de 50,000, à ce nombre il y a beaucoup de services des spécialistes de l'extérieur, dont 4 psychiatres qui sont présents toutes les semaines; 2 pour les lundi, mardi et mercredi et 2 autres pour les jeudi et vendredi. Donc si j'ai des problèmes je n'ai qu'à téléphoner et j'ai toujours le retour d'appel du psychiatre la journée dont il est présent, jamais il ne m'a pas fait le retour.

Je trouve ça vraiment bizarre que ton médecin refuse de te suivre du côté psychiatrique, cela ne fait pas parti d'un protocole médical, je peux même te dire qu'elle n'a pas le droit de refuser les soins, d'autant plus que ce n'est que pour te suivre au point de vue pharmacologique car en ce qui concerne la psychothérapie je constate que c'est une travailleuse sociale qui s'en occupe. Et si les produits pharmacologiques ne fonctionnent plus c'est là que tu peux revoir le psychiatre...

Maintenant ce qui concerne la pharmacie Jean Coutu, c'est vraiment bizarre, car c'est une grande pharmacie qui est supposé d'avoir tous les médicaments, ce doit être séroquel xr, et même encore là en principe elle est supposée ce les procurer pour te les livrer le lendemain et pour te les avoir pour les prochaines fois que tu en auras besoin... donc mauvais service de leur part. Mais tu sais que c'est dans tous tes droits de leur exiger de te les fournir.

Ça prend tout un monde pour faire un monde, mais celui-là est vraiment compliqué!!!
Laisse au temps faire ce que l'on ne peut faire sans le temps...

Keytek

Continental_Ka
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Re: Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Message par Continental_Ka » 17 mai 2010, 09:57

:arrow:
Modifié en dernier par Continental_Ka le 28 juin 2010, 14:27, modifié 1 fois.
Ce qui se balance au dessus de tes épaules pèse 2lbs et se nomme une tête. ESt-ce que tu sais t'en servir?

Girafe
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Re: Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Message par Girafe » 17 mai 2010, 11:45

Bonjour à tous! Merci pour vos commentaires si rapides!

Fleur séchée: tu m'as dit:
j'ai du mal a comprendre qu'une pharmacie de vend pas de seoquel et que l'autre n'a pas de système de carte de médicament surtout un jean-coutu. Essaie de trouver d'autres endroits. Je prend seroquel et ca me coute je ne sais pas par coeur mais entouca moins de 20 $. Tu as une prescription de combien de mg

En fait, ce n'est pas le Jean-Coutu qui n'a pas de système de carte, c'est mon assurance qui n'a pas d'arrangement avec les pharmacies. Alors je paie, et ensuite, j'envoie les papiers pour me faire rembourser quand j'en ai plusieurs d'accumulés. Ma prescription est de 150 mg XR. C'est peut-être à cause du XR que c'est plus cher? Ça se dilue dans ton sang pendant 24 heures.
Je ne connais pas ce que c'est de la cyclo et dissociation
La cyclothymie, c'est des changements d'humeur fréquents à un degré moins élevé que la Bipolarité. Il est dans le tableau sur la fiche Bipolarité sur le site principal de Revivre. La dissociation, dans mon cas, c'était que je me dissociais de la réalité. Je vivais un traumatisme et mon cerveau se mettait à 'off' si on veut. J'avais des trous de mémoire, genre j'oubliais mon mot de passe au travail, j'oubliais de fermer les coffres forts avant de partir du travail, j'oubliais des choses vraiment importantes. Souvent, je n'arrivais pas à faire une tâche parce que je n'avais aucune suite dans les idées. Toutes mes idées se succédaient mais n'étaient pas liées ensemble. Et des fois, quand je marchais dans des corridors ou sur le trottoir, j'avais l'impression d'être comme dans un film et de tout voir à travers une caméra ou comme si je volais en haut de ma tête et je remarquais toute la perspective des murs ou des buildings. C'était vraiment bizarre.

En fait, ce sont les diagnostics de mon médecin de famille, mais maintenant, c'est plutôt bipolarité mixte mon diagnostic. Tk c'est ce que le psychiatre m'a dit.

Kayaka: ok, j'arrive en région!!

Keytek: oui, t'es pas le premier à me dire que je devrais les exiger... mais j'ai déjà essayé. Je suppose que c'est parce qu'il y a tellement de Jean-Coutu à Montréal qu'ils jugent que ce ne serait pas un service utile? Ou peut-être que c'est réservé pour l'âge d'or?

Continental_Ka: Je suis en vacances cette semaine, j'ai pris une de mes semaines de vacances parce que je n'étais plus capable, d'autant plus que je vis une situation très tendue avec ma co-équipière au travail qui ne veut plus m'adresser la parole... Et que la médiation n'arrête pas d'être reportée. Alors je me suis dit que c'était le temps d'utiliser une de mes semaines de congé. Je suis tout près de Douglas, en effet, mais pour y être traité, il faut être référé par le CLSC et ma TS dit que vu que je suis plus stable, ils ne me donneront pas de référence. La seule façon pour moi d'avoir accès à un médecin là, ce serait d'aller à l'urgence en crise. Mais je ne suis pas en crise, alors... Je ne veux quand même pas abuser du système juste pour être traitée quand le milieu médical juge que je n'ai pas besoin de suivi psychiatrique...

Je vois la ts environ une fois au mois et demi, je ne sais pas si on peut appeler ça un suivi... La dernière fois, je lui ai parlé du problème, c'est pour ça qu'elle m'avait dit qu'elle parlerait à mon psychiatre pour qu'il écrive une notre qu'elle transmettrait à mon médecin de famille. Je lui ai exactement dit que j'aimerais que la communication se fasse plus aisément! Et il semble qu'elle ne l'a pas fait, alors je vais attendre à notre prochaine rencontre en juin pour essayer encore une fois de démêler tout ça!

Et elle m'a suggéré un groupe d'entraide qui s'appelle Revivre, elle m'a donné l'adresse du site internet :D

Merci à tous pour vos encouragements! Continuez, j'aime bien vous lire! Enfin un peu de réconfort...
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kayaka
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Re: Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Message par kayaka » 17 mai 2010, 12:43

Girafe...

Le fameux diagnostique: bipolaire mixte ce n'est pas un diagnostique. Le trouble bipolaire est un diagnostique et la mixité est un état vécu dans le trouble. Je te suggère le livre: Soigner sa cyclothymie: 7 clés pour retrouver le contrôle de soi. Bien que j'ai un trouble bipolaire, j'ai pu vraiment identifier les état et les outils pour y faire face. Je me les suis approprié et j'y ai maintenant recours...Donc...Dans le trouble bipolaire on a les phase de manie qui se caractérise par une sur-exitation du cerveau. Moi dans ces moments mon cerveau roule a 100 à l'heure, je suis incapable de structurer ma pensée, je parle avec une infinitude de détail et beaucoup. Je donne tout en vrac, les conversations ne sont pas assez vite pour moi et je peux facilement faire du coq à l'âne et je deviens super intelligente au bureau car les connexions se font rapidement. Les projets les plus fous naissent et rien ne peux m'arrêter...Je vole et j'aime ca...Par contre, peu de gens s'en appercoivent vraiment car j'ai un tempérament extravertie et je parle beaucoup de nature. Moi je sais par contre quand je suis dans ces états...
Les phases dépressives...Je ne penses plus, je suis très très très fatiguée, plus le goût de rien, ce que j'aimais avant ne m'intéresse plus. Par contre, je demeure fonctionnelle...Mais ca me prend une énergie épouventable pour me pousser...Avant d'être contrôlée j'ai eu envie de pleurer sans arrêt pendant au moins 5 ans...

Les états mixtes: épouvantable...Y'a juste ceux (et je le précise) qui ont la maladie pour savoir vraiment ce qui se passe. Dans le livre j'ai pu identifié plusieurs états de mixité: hypomanie ralentie, hypomanie mixte dépressive, hypomanie avec pauvreté de la pensée, dépression mixte agitée, dépression mixte exitée, dépression mixte avec pensée abondante...Ces états sont tous classés selon les types de pensées, les émotions associés et le corps. Ca m'a permis à moi de mettre des mots sur mes épisodes de mixité et de mieux les expliquer à mon psychiatre puisque l'ajustement de la médication se fait en conséquence. Un exemple...En janvier je prend effexor, lamictal et épival (je précise à ce moment mes états de mixité) ...Ca ne marche plus, congé de maladie et on revoit la médication. On introduit seroquel. Mais là les états de mixité se prolongent. Je viens tout juste de sevrer l'anti dépresseurs puisqu'il est prouvé qu'il peut provoquer de la mixité avec le seroquel. Et déjà je commence à voir une différence. Donc, si tu arrives à les identifier, tu sera en mesure de donner l'heure juste à ton médecin et il pourra ajuster les combinaisons en conséquence. Ne néglige jamais les épisodes de mixité car ils sont présents particulièrement dans les troubles de cyclothymie et les troubles bipolaire de type 1. ILs sont extrêmement exigent à gérer. Les phases de manies et de dépressions sont plus franches dans les types 2. Donc une bonne connaissance de SA maladie est essentiel...Un journal de l'humeur aide énormément et il y a des façons de faire dans le livre. Quant aux trouble de dissociations et bien j'en conclue qu'il s'agit de perte de mémoire et ce que tu décrit je le vis autant dans mes hauts que dans mes bas.

Congé de maladie...Quand tu commence à te mettre en vacance pour te reposer de ta maladie il est temps je penses d'en prendre un. Tu gruge inutilement dans ces congés. Les congés de vacance c'est pour prendre des vacances et toi ce n'est pas des vacances que tu prend. Cependant le choix te reviens...Accepter de prendre un congé de maladie c'est c'est une étape et pas toujours difficile à accepter. Mon premier congé de maladie je l'ai vécu excessivement durement...Et j'ai attendu trop longtemps et malgré mon diagnostique d'il y a 7 ans, je ne me suis pas dompté, j'ai encore attendu trop tard...Mais je me pardonne, j'apprend...

Je reprend ce que Continental mentionne: fragmenter les volets, une chose à la fois, Ne pas ventiler dans un bureau de t.s.. Ici je suis entièrement en désaccord et voici pourquoi. Si tu te présente dans un épisode d'hypomanie ou de mixité il te sera IMPOSSIBLE de ne pas ventiler...Par expérience on arrive pas à structurer notre pensée, les idées viennent à un rythme infernal et on arrive pas à se ramasser. Sans compter les émotions associées. Donc permet moi de te dire de ne pas te sentir coupable si tu n'arrive pas à le faire, c'est normal...Et effectivement, dans ces moments, la t.s. devra prendre le temps de t'écouter et elle devra pour toi ramasser ce que tu dis. Par la suite, en thérapie, tu apprendra à TE ramasser quand ca arrive. Encore une fois, il faut persévérer puisqu'il y a des façons de faire. J'ai vécu des évènements récemment qui m'ont complètement désorganisée et oui, j'ai dis des conneries mais j'apprends à me gérer afin d'une recherche de stabilité. Si tu te présente avec ta t.s. dans des états dépressifs, ton débit de pensée sera peut-être moins grand mais comme aussi on vit dans le brouillard, il est possible que tu pleure davantage. En hypomanie ca t'arrivera pas...Dans les 2 cas, il faut un endroit pour ventiler, une personne qualifiée pour recevoir, et t'aider à faire le point. Encore faut-il que t'accepte de te laiser aller, t'accepte les émotions qui t'habite, que tu ai assez confiance en la personne pour les livrer. Car en détresse, quand on se met tout nu devant quelqu'un on expose sa vulnérabilité et on s'expose aussi à recevoir des choses qui peuvent nous faire mal inutilement et on a pas le recul nécessaire pour faire face à ces propos. Ceci se vaut aussi aux confidences que tu fais...J'y ai goûté assez durement récemment et je n'ai pas été épargnée et je le précise ici, je ne me suis pas non plus épargnée.

Préparer ses rendez-vous avec une liste. Moi chaque fois que je l'ai fais, les intervenants m'ont dit de flucher ma liste et de parler. Ainsi, ils pouvaient vraiment saisir dans quel phase j'étais. Ne t'en demande pas trop avec la structure de la liste, en vrac c'est ok à mon avis.

Alors maintenant assez dit...J'ai une maladie mentale qui s'appelle la bipolarité de type 1. Au moment ou j'écris ces lignes je suis dans un état assez stable. Assez en forme pour parler et assez stable pour structurer...

bonne quête...

kayaka
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Catnips

Re: Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Message par Catnips » 17 mai 2010, 14:04

Girafe a écrit :Je suis tout près de Douglas, en effet, mais pour y être traité, il faut être référé par le CLSC et ma TS dit que vu que je suis plus stable, ils ne me donneront pas de référence. La seule façon pour moi d'avoir accès à un médecin là, ce serait d'aller à l'urgence en crise. Mais je ne suis pas en crise, alors... Je ne veux quand même pas abuser du système juste pour être traitée quand le milieu médical juge que je n'ai pas besoin de suivi psychiatrique...

Salut Girafe,

Je tien à te répondre pour deux raisons : la première est que j'habite tout près de Douglas aussi et la deuxième, c'est qu'on m'a refusé de me suivre là bas (thank god parce que je suis bien contente de ne pas y être).

En 2008, j'ai consulté pour, selon moi, un problème de santé. Finalement, on m'a diagnostiqué en premier lieu une dépression et en deuxième lieu, cyclothymie. Tout ça se passe à la clinique familiale. On me met sous médication (Épival) et ça reste comme ça. Ayoye, l'Épival est sur le point de me tuer tellement que je down. Au rendez-vous suivant (prend note ici que j'en suis à une troisième consultation avec un médecin différent à chaque rencontre), donc à ce fameux rendez-vous j'explique que l'Épival me pourri la vie et que je ne suis plus fonctionnelle du tout. Pas de problème Catnips, on a une autre pilule pour toi. Le médecin me rajoute du Wellbutrin... Ayoye, je ne tiens plus en place, la paranoia, j'en perds des bouts... Catastrophe! Je tiens le coup juqu'à mon prochain rendez-vous. Alors la rencontre suivante je vois encore un nouveau médecin. Elle demande une évaluation psychiatrique à Douglas et entre temps je commence un suivis avec une TS du CLSC que je vous aux 2 semaines. Je passe l'évaluation psychiatrique et résultat : Trouble bipolaire type 2 et ''léger'' trouble de personnalité. La psychiatre fait des recommande de me mettre sous Lamictal et d'entreprendre une psychothérapie. Pas de trouble, je commence à me chercher un psy avec la TS, je rencontre le docteur (par chance que c'était la même cette fois là) et elle décide de me laisser sous Épival pour une raison que j'ignore. Le rendez-vous suivant, je pète une crise car je n'en peux plus de vivre comme ça. Paff! Elle me dit que je suis borderline, arrête mon suivis et me dit d'arrêter mon Épival. Elle me donne une référence pour la clinique St-Jacques et plus rien... J'avais un rendez-vous au clsc cette journée là. Je pète ma crise chez ma TS, elle me suggère de téléphoner au MEL à Douglas. Donc je suis ses directives, je téléphone au MEL et j'attends de voir ce qui va se passer. Toujours la même journée, je reçois un téléphone de la clinique et m'invite à rencontrer le médecin que j'ai vu plus tôt dans la journée. Donc je me rends à la clinique et ce soir là je gagne un médecin de famille (la fille qui m'avait foutu à la porte) et on change ma médication pour le Lamictal. Si vous trouvez que c'est le bordel vous avez rien vue encore....

Mon nouveau médecin de famille s'acharne sur mon diagnostique. Selon elle, je ne suis pas bipolaire mais bien borderline. Elle demande à Douglas si je peux participer à une thérapie de groupe pour les troubles de personnalités. C'est à partir de là que l'enfer commence. Je passe l'évaluation à la clinique de Douglas. Je rencontre un psychologue et ensuite un psychiatre. Entre temps, je continue mon suivi au CLSC. La TS était en stage donc à notre dernier rendez-vous je rencontre son superviseur. Oh my god... Première erreur que j'ai fais. J'ai avoué que je n'irai pas à la thérapie de groupe car je ne suis pas borderline et la deuxième erreur, je lui fais part que je n'ai toujours pas trouvé un psy. Le bonhomme pète les plombs et se met sur mon cas. À la fin de notre rencontre il me fait une offre : il me donne un suivis avec un psy et un suivi avec une TS à conditions que je suis la thérapie de groupe. Finalement, je refuse son offre. Pas question d'aller à la clinique des troubles de personnalité, je ne me vois pas en tant que borderline... Je n'ai plus de suivis au CLSC et plus rien à Douglas.

Quelques semaines passent... Je rencontre mon médecin. La médication est efficace au niveau des downs mais je n'arrive toujours pas à me calmer, à manger et à dormir. Mon docteur décide de me retourner au MEL pour obtenir une suggestion au niveau de la médication. Le MEL croit que mon docteur veut une autre évaluation psychiatrique... Ils ne sont pas contents et personnellement je ne le suis pas non plus puisque qu'on me fait remplir encore l'&"/$ de questionnaire et que la psychiatre est bête comme ses pieds. Mon docteur reçoit la deuxième évaluation psychiatrique. J'ai un diagnostique de TDAH et de ché pas quoi... Mon docteur fou l'évaluation au poubelle et demande à la clinique de Douglas à St-Henri de faire un suivis avec moi car elle n'est pas en mesure de m'aider. Douglas accepte mon dossier mais pour une raison que j'ignore le TS du CLSC apprend que mon médecin à fait une deuxième évaluation psychiatre à Douglas et qu'elle à fait une requête pour avoir un suivis à la clinique psychiatrique à St-Henri. Le mec me convoque au CLSC, me fou de la m*rde par ce que selon lui, j'abuse du système et que je ne veux pas m'aider. Il annule mon suivi à la clinique de St-Henri et il refuse de me donner un suivi au CLSC. Je me retrouve donc devant un médecin qui ne sait plus quoi faire de moi et je suis banis de Douglas à cause de mon ''abus'' et de mon ''niaisage''.

Finalement, je me trouve un psy et mon docteur décide de m'ajouter le Seroquel et de voir si cela me convient. La dernière fois que je l'ai vue c'était en 2009, 6 moi après que nous avons débuté le de Seroquel. Bien sûr que je l'ai rencontré entre juin et décembre 2009 mais depuis, plus rien. Nous nous sommes parlé entre temps de la thérapie de groupe à Douglas. Moi et mon psy avons décidés que cette thérapie n'est pas si bête que ça et qu'après un an de suivis individuel la thérapie de groupe peut être une excellente combinaison avec ma thérapie individuelle. Douglas m'a contacté par la POSTE de mon refus à la thérapie de groupe. J'abandonne les traitements alternatifs et je désire seulement travailler avec mon psy. Je prends mes foutus médocs que j'aime tant (sarcasme) et j'essaie d'obtenir un rendez-vous avec mon docteur.

Le système est mal fait. Mon médecin a détruit ma réputation au CLSC et Douglas car elle n'était pas assez compétente pour me soigner. Aujourd'hui je l'aime beaucoup, nous nous entendons très bien et elle avait raison concernant mon diagnostique de trouble de personnalité. Il reste que je souffre d'un trouble de l'humeur et que la médiation aide un peu mais j'ai réalisé qu'ils sont rapides sur l'étiquette et sur les prescriptions mais au niveau psychologique, il n'y a pas de ressources en mois que tu sois un cas lourd.


Catnips
Modifié en dernier par Catnips le 17 mai 2010, 14:27, modifié 1 fois.

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kayaka
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Re: Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Message par kayaka » 17 mai 2010, 15:38

catnip j'en ai ri tellement c'est épouventable... :lol: :lol: :lol: Histoire d'horeur...toute ces démarches, diagnostiques ouf! ON s'y perd à la longue...Moi j'ai eu beaucoup de chance car en région on peut pas vous envoyer d'un bord et de l'autre car y'a juste UN bord et des médecins? Très peu donc y'on pas le choix...

Et j'aime aussi La facon dont tu raconte l'histoire...C'est une dérision mais au moment où tu l'a vécu ce fut surment une dure épreuve...Je vois que tu es plus stable avec psy, médecin, médicaments...Ben oui comme tu le dis si bien, faut les prendre les maudits tabar...de médicaments mais en même temps...Il ME font tellement du bien (la pro pschychiatrie qui parle tu t'en souviens ;) :) Mais comme tu le dis aussi si bien....Une gestion du comportement est aussi inévitable...

Et...Je pensais pas que Douglas c'était comme ca...Moi qui aurait tant aimé avoir un suivi là bas...J'ai pesté à ce moment notre manque de ressource ici...

A+

Kayaka
Le ridicule n'a jamais tué personne...Vivons ce que nous sommes c'est tout.

belly

Re: Faut être drôlement débrouillard pour se faire soigner!!!

Message par belly » 17 mai 2010, 16:50

Je sais pas si on peu appelé Sherbrooke un lieu en région mais je suis exactement comme toi Kayaka en ce qui concerne les services. J'ai même dit à une copine que l'hôpital était comme une pouponnière pour moi!

Je me sens super bien entouré et ma relation avec mon psychiatre et tous les autres est excellente. Je ne pense même plus à déménagé pour cette raison. Et je pensais aussi que Douglas était beaucoup mieux que ce que tu décris Catnip mais bon, ça semble toujours plus vert sur le gazon de voisin!

Alors Girafe, je pense à toi et n'hésite pas à venir ici ou comme Kayaka t'a lancé l'invitation viens nous rejoindre en région!!!

Et pis toi Catnip, tu aimerais pas ça la vie à la campagne? :P

Prennez soin de vous.

Bellyxx

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