Mon histoire - si ça peut rejoindre certains d'entre vous

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Jambon
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Mon histoire - si ça peut rejoindre certains d'entre vous

Message par Jambon » 15 févr. 2016, 16:44

D'abord, merci de nous offir cette tribune afin de nous permettre de nous exprimer librement sans peur d'être jugés.

Je suis habitée par un mal de vivre profond. Il est ancré solidement en moi : Il fait parti de moi.

Il y a trois ans, suite à une rupture que j'ai vécu très difficilement (et le mot est faible), j'ai reçu un diagnostique de dépression majeure avec un "possible" trouble de la personnalité limite. Oui je me reconnais dans la liste des symptômes de cette "maladie". J'ai été suivie et médicamentée. J'étais déjà prise en charge par le CLSC et suivait une thérapie avec un merveilleux psychologue. D'un commun accord, avec le psy en question, j'ai quitté la thérapie parce que je stagnais dans mon développement. J'ai aussi la chance d'avoir des assurances avec mon travail... Cependant, 6 mois plus tard, le psychiatre embauché par la compagnie a décidé qu'il était temps que je me botte les fesses et que je retourne travailler. Le système étant ce qu'il est, je n'était peut-être pas si prête que ça...mais bon ; ce qui est fait, est fait!

Alors me revoilà aujourd'hui, à vous écrire ces mots, cherchant un peu de compréhension et de réconfort... Je vous demanderais, s'il vous plaît, de garder pour vous les commentaires du genre :"Retourne te faire soigner!", "Prends des pillules" ou bien "Va voir un psy". Je sais que ce n'est pas pour mal faire, mais je les trouve extrêmement blessant quand même! Surtout que j'ai un peu en "grippe" le système actuel et cette course au positivisme à tout pris qui, selon moi, fait plus de tord que de bien... C'est une des raisons pour lesquelles je m'isole depuis des semaines ; ces conseils-là, pus capab'! Ils sont, à mon avis, simplistes et réducteurs...

Vous devez savoir que j'ai subi de l'intimidation de la fin de mon enfance, durant l'entièreté de mon adolescence, jusqu'au début de l'âge adulte. J'ai été élevée pour être la victime "parfaite" : ne parle pas trop fort pour ne pas faire fâché papa, reste gentille pour ne pas faire pleurer maman... Ahhh! j'en ai fais des courbettes pour essayer de me faire aimer! Malheureusement, j'ai grandi avec cette idée que je devais tout faire pour mériter l'amour des autres, ce qui m'a transformée en tapis Welcome... il faut aussi dire que la nature ne m'a pas beaucoupé choyée sur le plan physique, du moins pas à cette époque-là ou la mode était aux Demi Moore aux lèvres minces et silhouettes filiformes. L'adolescence est une période ingrate pour beaucoup! C'était très drôle de se moquer de la ptite laidronne timide, et ça a été loin... Rejet, violence, abus physique et sexuel... Il y a 20 ans de ça, les termes "intimidations" et "dépressions" étaient à éviter le plus possible. Pour cette raison j'ai senti que j'étais une honte pour la famille. D'ailleurs je n'ai eu aucun soutient des adultes responsables de mon entourage, même si la situation était connue de tous. Mes bourreaux allant jusqu'à effectuer leurs bassesses même devant les proffesseurs sans jamais n'avoir de conséquences...

Dans ce contexte-là, non je ne suis pas devenue une adulte épanouie. Mon estime de moi était dans le négatif, j'abandonnais tout ce que j'entreprenais persuadée, à la moindre petite erreure, que j'étais pourrie de toute façon. Les mots :"Personne ne m'aime!" sortaient régulièrement de ma bouche, et je les sentais jusqu'à la moelle! Plus je m'enfoncais de ce cercle vicieux, plus je me donnais raisons à moi-même. Mauvaises décisions, mauvaises fréquentations, et surtout mauvais choix amoureux... La dépendante affective que je suis en a pris (et en prend toujours) plein la gueule!

Et pourtant, je suis encore là aujourd'hui. Je "fonctionne" en société ; j'ai un travail honnête et assez payant pour avoir ma voiture, mon condo, faire rouler l'économie convenablement... mais le mal de vivre est toujours là. Je me sens extrêmement seule là-dedans ... Je dois vous avouer quelque chose : je contemple l'idée du suicide, depuis toujours en fait, mais aujourd'hui plus qu'à d'autres périodes... Loin de moi l'idée de vous choquer mais, je ne veux pas nécessairement me débarasser des ces idées noires : j'ai besoin de garder cette liberté que si jamais ma vie fou trop le camps, je peux en finir. Je veux garder la mort comme une option envisageable pour moi! Essayer d'expliquer ça à votre entourage sans faire capoter tout le monde!

... mais c'est ça le problème ; malgrés les apparences, et je ne suis pas à plaindre, elle fou le camps ma vie! Je vous mentirais si je disais que je suis mon plan de vie présentement. J'ai 35 ans, mon travail n'est pas très palpitant, je vis seule, je n'ai pas d'enfants...et pour moi c'est un drame! Et là, ne me dite pas que j'ai encore le temps ; statistiquement les chances ne sont pas tellement de mon bord. Ne jouons pas à l'autruche s'il vous plaît...

Ben oui, j'suis retournée avec cette homme qui m'a tant blessé il y a 3 ans. Ben oui c'est aussi difficile qu'avant... De plus, je le rend malheureux! Que voulez-vous... J'suis trop molle pour qui se passe quelque chose, j'ai encore espoir qu'un jour, il m'aimera... Pis pour un tas de raison, ben moi je l'aime! Ne me jugez pas.

Me voici ici et maintenant, à côté de la vie, à regarder les autres se réaliser en tant qu'êtres humains, être heureux, être amoureux, avoir des enfants... Ah bien sûr ça ne doit pas être toujours facile! Je suis jalouse de votre bonheur... Je ne vais pas vous le voler! J'aimerais seulement avoir le mien...

Je suis la dépression, j'ai cette mélancolie, qui me rend aussi plus empathique et critique. Et je suis capable d'apprécier ça! Bizarrement, autant j'en ai marre, autant j'veux pas qu'on me l'enlève... La dépression est là depuis si longtemps qu'elle est maintenant l'essence même de qui je suis : j'existe! Ma souffrance est réelle et justifiée. Elle n'est pas due à un malaise, ce n'est pas un symptôme! Je refuse qu'on me compare à une "maladie"... C'est là et c'est tout. Je suis Jambon!

Merci de m'avoir lu xxxx

RocHats
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Re: Mon histoire - si ça peut rejoindre certains d'entre vou

Message par RocHats » 15 févr. 2016, 23:29

Salut Jambon!

Moi je trouve que c'est un drame de ne jamais pouvoir savourer le bonheur. La dépendance affective, le manque d'estime, je connais aussi. J'ai aussi un bon background dépressif depuis mon enfance, alors difficile de m'en défaire. Mais, à force de mettre du noir dans tous les plats que je reçois, je finis par ne plus rien manger de ce que la vie me donne. Je n'accepte pas ce qui est, ce qui fait de moi une personne déprimée et vide.

Tu dis que tu n'est pas à plaindre. Moi je trouve que oui. Il y aura toujours des gens pour te dire que tu n'as pas le '' droit '' d'être malheureuse, que tes conditions ne te le permettent pas, mais ne pas pouvoir vivre pour de vrai est un grand malheur. J'ai l'impression à 21 ans de voir passer le train, alors je n'imagine pas à 35. Pourtant la vie est si belle des fois.

Je te souhaite plein d'amour et de courage :)

Jambon
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Re: Mon histoire - si ça peut rejoindre certains d'entre vou

Message par Jambon » 15 févr. 2016, 23:36

Merci RocHats! tu écrits très bien et ton message m'a fait un bien énorme ce soir!

Parfois, se sentir compris, que l'on est pas seul, c'est tout ce que ça prend...

RocHats
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Re: Mon histoire - si ça peut rejoindre certains d'entre vou

Message par RocHats » 16 févr. 2016, 18:20

Merci Jambon. Je suis content que ça t'aies fait du bien! C'est tout ce que ça prend des fois :)

Rachel2015
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Re: Mon histoire - si ça peut rejoindre certains d'entre vou

Message par Rachel2015 » 21 févr. 2016, 18:45

Bonjour Jambon,
On m'as dit que c'est important de trouver mon équilibre. Ce n'est pas si évidant.
Dans mon enfance il n'y avait pas de place pour que je m'exprime devant les autres. Nous parlons pas du tout de nos sentiments, c’était un sujet tabou.
J'ai eu 'la chance' de rencontrer quelqu'un qui as pris beaucoup de place dans notre relation, un homme contrôleur. J'étais tellement amoureuse et naïve que je ne me suis pas rendu compte a quel point un homme pareil peut me rendre malheureuse. Je pensais que l'amour suffirait mais après des années de vie ensemble je me rends compte qu'on s'est vraiment éloignés un de l'autre, surtout lors des dernières mois. Au début de notre relation j'étais forte, j’endurais le mal psychique sans riposter. J'ai accumulé beaucoup de frustration au cours des année. Je me suis réfugié dans le travail, car j'aimais qu'est ce que je faisais jusqu'au moment ou j'ai eu un nouveau superviseur grâce a qui j'ai subi de la discrimination, de harcèlement psychologique... J'ai claqué, j'en pouvais plus, continuer a l’infini... j'ai essayé d'ignorer son comportement envers moi pour un période ça marchais mais après je me suis sentie vidée, sans ressources, sans aide, je sentais que même mes collègues étaient contre moi et ils m’espionnaient pour lui rapporter des détails de mon travail a lui.
Je me suis sentie comme un proie, puis moi je ne me sentais assez sauvage pour me défendre tout seule.
J'essaie de surpassé une dépression majeure présentement. Et je me sente très seule. Les amies qu'on a ne connaissaient pas mon état, savent pas qu'est ce que je vis car sont des amies communes et pour mon mari c'est la honte pour nous s'ils le savaient.
Je me suis dit que si tu savais une partie de mon histoire ça pourrait t'aider.

floralie
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Re: Mon histoire - si ça peut rejoindre certains d'entre vou

Message par floralie » 27 févr. 2016, 23:34

Bonjour Jambon,

ton histoire et tes réflexions me rejoignent sur plusieurs points. Tout d'abord, concernant le mal de vivre profond qui n'est pas, pour moi, seulement passager comme pour certains qui vivent une période de dépression et s'en remettent par la suite. Ce mal de vivre me suit et me poursuit depuis tant d'années (depuis le début de l'adolescence et j'ai maintenant 36 ans) qu'il fait partie intégrante de qui je suis. J'ai suivi plusieurs thérapies au cours desquelles j'ai appris à très bien me connaître et où j'ai développé une bonne capacité d'introspection mais côté humeur, j'en reste toujours au même point. En fait, je deviens même de plus en plus désillusionnée et amère plus les années passent.

Tout comme toi, j'ai été victime d'intimidation au début de l'adolescence parce que j'étais introvertie, que j'avais un physique hors-norme (j'étais petite et maigre) et sûrement parce que je manquais déjà d'habiletés sociales. Alors, moi non plus, je ne suis pas une adulte épanouie, je suis malheureuse et, oui, j'envie le bonheur des autres. Le travail est le seul domaine où j'ai réussi un tant soit peu dans ma vie, grâce une bonne dose de persévérance. Au plan relationnel, c'est le néant et un échec total qui m'affecte beaucoup. Malgré les efforts, je ne parviens pas à quoi que ce soit de ce côté.

...
Je dois vous avouer quelque chose : je contemple l'idée du suicide, depuis toujours en fait, mais aujourd'hui plus qu'à d'autres périodes... Loin de moi l'idée de vous choquer mais, je ne veux pas nécessairement me débarasser des ces idées noires : j'ai besoin de garder cette liberté que si jamais ma vie fou trop le camps, je peux en finir. Je veux garder la mort comme une option envisageable pour moi!
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Je te comprends tout à fait; c'est aussi le genre de réflexions que j'ai régulièrement. En fait, j'aimerais avoir moins d'idées noires mais je veux moi aussi me garder une porte de sortie si jamais la souffrance devient trop intolérable.

DemiLiard
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Re: Mon histoire - si ça peut rejoindre certains d'entre vou

Message par DemiLiard » 02 mars 2016, 00:35

J'avais une réflexion du genre récemment alors que j'étais contentionné. C'était affreux. Je voulais me suicider mais je pouvais à peine me gratter. Dès qu'ils m'ont détaché cette idée de suicide s'est volatilisée... Reste que ça me fait peur d'avoir eu cette idée de façon aussi forte.

Chibouki
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Re: Mon histoire - si ça peut rejoindre certains d'entre vou

Message par Chibouki » 06 avr. 2016, 16:49

Salut Jambon,

C'est mon premier message ici sur ce forum.

Je voulais te dire que je t'ai lu, et aussi que ton histoire aussi me rejoint. Je me reconnais en toi. Moi aussi, les idées noires, en finir un jour avec la vie si j'en peux plus, c'est quelque chose que je connais et on dirait que moi aussi, me garder cette porte de sortie me rassure, comme si je pouvais garder un certain contrôle sur ma vie, et la souffrance que je vis. Mais je n'ai jamais fait de tentatives. J'essaie de keep going... toujours.

Moi aussi, comme toi, je vis seule, suis sans enfant, sans conjoint, et j'ai l'impression que je ne suis pas digne d'amour, mais oh mon Dieu que j'aimerais que ma vie soit remplie d'amour. Et oui, j'envie le bonheur des autres aussi. J'ai l'impression qu'ils l'ont peut être facile. Non j'admet que moi aussi, je trouve ça dur.

Alors ce que je peux nous souhaiter à nous deux, c'est du courage et de l'amour, amour de soi, amour de la vie.

Je te fait un câlin virtuel xx

zoe1978
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Re: Mon histoire - si ça peut rejoindre certains d'entre vou

Message par zoe1978 » 14 août 2016, 08:33

Bon matin Jambon,
j'étais entrain d'écrire un petit mot sur moi pour savoir comment vont les gens qui ont été abusé, violenté antérieurement. Avec le filtre de recherche, j'ai atterri sur ton message. Je prends soin de te saluer ce matin et de te dire que je te comprends, nous réussissons à fonctionner en société malgré toute cette souffrance. Je me dis parfois....hé oui, je suis encore en vie. Et pourquoi je le suis encore?
En fait, je n'ai pas la réponse à la question. Pourquoi malgré toutes mes souffrances (trouble de la personnalité, trouble stress post traumatique qui cause mon insomnie chronique depuis oct2013) je tiens toujours le coup. Chaque matin, malgré une nuit difficile, je serre fort mon petit chien qui a 8 ans et qui demande de mon temps, elle a besoin de moi. Comme tu peux te douter, je n'ai pas d'enfant mais mon animal me fait sentir importante. Depuis 2007, j'ai un journal intime bien simple où j'écris tous les jours sur comment je me sens, ce que je vis....et aussi mes petits bonheurs de la journée. Sourire à une personne âgée lors d'une marche le matin, réussir la lecture d'un chapitre d'un livre malgré mon manque de concentration, concocter mon dessert préféré, faire mon épicerie sans avoir aucune arrière pensée ou de ressentir l'anxiété. Je n'ai toujours pas la réponse pourquoi je suis toujours en vie mais je tente de vivre des petites victoires chaque jour, me féliciter et ressentir la satisfaction que ça m'apporte. Je souhaite que ce message puisse te réconforter et rappelle toi aussi, un petit bonheur au quotidien. Le soir au coucher, tu peux être fière car c'est toi qui prend des actions, c'est toi qui a du courage et c'est toi qui fait....la Différence. Gros calins, Zoé

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