Les chroniques d'une maniaco-dépressive

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Cabotine
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Enregistré le : 14 févr. 2010, 18:32

Les chroniques d'une maniaco-dépressive

Message par Cabotine »

Ici la Lune, en direct de la Terre (pour une fois)

Épisode 1: L'Hôpital

Atterrissage douloureux à l'urgence. Motif? Écoeurantite aigue et flacon de pilules. Eh ben alors?

Le médecin de garde est furieux de savoir qu'on va lui coller un tel boulet. Pourquoi t'as fait ça? Tu es jeune, brillante, en parfaite santé... tu vois bien qu'ici les gens souffrent comme c'est pas possible! Tu vois bien que ce n'est pas de leur faute! Alors pourquoi?

Mépris, léger.. Emmerdant.

Regarde les autres patients: ils ont mal, ils sont invalides et pourtant ils continuent.. le combat. Et toi? Tu lâches tout? Apprends de leur courage! (oh que oui, comme vous êtes courageux monsieur le cancérieux, madame la diabétique!)

Aie du courage. Et continues.

En attendant, on va t'enfoncer un tube dans le nez, tu vois, l'idée est de récupérer le flacon de pilules. (si seulement on pouvait les revendre!) T'aimes pas ça? Je peux t'attacher aussi tu sais.

Patient troublant. Troublé. Trouble.

Un paquet de troubles, je vous dis!

Oui mais moi... Oui mais moi, je suis malade aussi...

On verra ça avec le psychiatre dans.... une bonne douzaine d'heures. En attendant, reste couchée, reste tranquille.

Compassion...

Plus tard, le psychiatre arrive. Quinze minutes. Pourquoi t'as fait ça?

Mal. J'ai mal.

Prescription. Pilules. Ironie. Pas de conneries

Il vous faudra travailler sur vous-mêmes, il vous faudra entreprendre une thérapie.

Pas de quartiers: le monde est cruel. Il n'en tient qu'à toi. Il n'en tient qu'à toi. Il n'en tient qu'à toi.

Retour à la maison, à coups de pieds au cul. Ben quoi? Il faut bien qu'on te le donne, t'es pas capable.

Ah bon.

Prochain épisode: Le merveilleux monde... du travail.
No human
DonaldB
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Enregistré le : 22 mars 2011, 11:09

Re: Les chroniques d'une maniaco-dépressive

Message par DonaldB »

Salut Cabotine

C'est presque drole quand ton te lit, et pourtant je sais que ce tu raconte c'est a peine romancé.

Y a déja un urgentologue qui m'avais dit que lui était a l'hopital pour s'occupé d'accidenté de la route et de bras cassé, pas de dépressif qui dorme pas depuis 2 semaines. Quand je suis sortie de la salle d'examen, encore plus découragé qu'a mon entrée, j'ai perdu connaissance...on ma ramené a la vie, on m'a donnée un verre d'eau et on m'a laissé partir sans plus d'attention.

C'est triste, voir même choquant, mais c'est comprenable. L'urgence d'un hopital c'est pour mettre des plaster rapide sur des bobo qui pourrait etre traité par n'importe quel médecin a travers la province. Pas besoin de connaitre le patient pour lui dire qu'il a une foulure de la cheville ou un doigt cassé.

Mais pour bien diagnostiqué et traité un problème mentale, c'a prend un médecin (psy ou med. générale) qui suit le patient depuit un bout, qui peux prendre une demi heure 3/4 heure avec le patient dans son bureau, et surtout qui peut offrir le suivi apres le diagnostique.

:)
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Maggie_Mae
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Enregistré le : 14 sept. 2010, 16:52

Re: Les chroniques d'une maniaco-dépressive

Message par Maggie_Mae »

Bonjour Cabotine

Lire ton texte me rappelle ma première visite à l'hôpital.

Après un lavage d'estomac au super charbon, on m'a gardée pour la nuit sous observation. Un charmant infirmier par la suite est venu me voir question de vérifier mon état et essayer de faire son ''psy''. Voici ce que cela a donné en quelques lignes :

Infirimier: Pourquoi as-tu fais ça?
Moi-même: J'en ai assez d'avoir mal.
Infirmier: Tu te rends compte que tu fais mal à tout le monde?
Moi-même: Oui je sais mais j'ai mal aussi
Infirmier: Tu veux avoir seulement de l'attention. Moi je ne ferais jamais quelque chose du genre. J'ai une belle vie.

Résultat? J'ai quitté l'hôpital encore plus ''down'', je me sentais coupable plus que jamais et j'y suis retournée la semaine suivante pour une autre tentative de suicide.

L'infirimier en question n'y étant pas cette fois, j'ai eu par contre la chance de rencontrer une très bonne infirimière.
Elle a posé un geste qui a m'a fait du bien. Elle a tout simplement posé sa main sur la mienne et m'a sourit. C'est un tout petit geste qui n'a même pas pris 30 secondes mais qui a fait toute une différence.

Donc je te comprend entièrement. On oublie souvent que les maladies mentales sont aussi des maladies physiques. À mon avis, beaucoup de gens travaillant dans les hôpitaux oublient aussi le côté humain.

Voilà!
Maggie_Mae
I'm just a girl... interrupted
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