Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

(maniaco-dépression)
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ladolcevita
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Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

Message par ladolcevita »

J'ai été silencieuse depuis des jours, mais j'ai lu vos écrits avec beaucoup d'attention et d'intérêt... vous m'avez tous et toutes fait du bien et je me suis reconnue plus que jamais dans vos messages. J'aime les membres de ma belle, grande et nouvelle famille qui, comme moi, ont du fil à retordre avec leurs hauts et leurs bas :|
Vous me faites du bien!

Depuis le diagnostic de ma bipolarité (au milieu des années 90), ma pire ennemie et celle qui malheureusement, arrive sans le vouloir à déclancher mes manies ou mes déprimes: ma mère. Elle habite loin de chez-moi et on ne se voit qu'une fois par année. Chacune de ses visites m'est néfaste. Elle sait que je suis bipolaire et que je me suis créé un environnement de vie très sain et très rigoureux. Elle sait que mon passé est lourd et que j'ai travaillé fort pour en arriver où je suis aujourd'hui. Malgré tout, elle débarque chez-moi et réussis à polluer mon espace avec ses problèmes personnels, ses complaintes, son esprit négatif et tout le reste.

J'ai toujours cru que ma mère a elle-même des problèmes d'ordre psychologiques. Elle refuse de se faire traiter. Bref, elle représente une nuisance pour moi, et chaque fois qu'elle me visite, je dois avaler des médiaments pour me calmer et je ne dors pas bien du tout. J'en arrive chaque fois à la même conclusion: si elle ne change pas son comportement et son attitude, je ne pourrai plus la recevoir chez-moi.

Ces derniers jours, j'ai dû prendre la décision moi-même sans lui donner une seule option. Je lui ai dit que nos rencontres physiques devaient s'arrêter, et que je voulais uniquement communiquer avec elle par courriel ou par téléphone. Même si je sais que c'est la meilleure chose à faire, c'est un constat qui m'attriste tout de même....

J'avais un urgent besoin d'en parler. Merci d'avoir lu, mon coeur sera plus léger sous peu....
Waldgänger
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Re: Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

Message par Waldgänger »

Je suis de tout coeur avec toi ladolcevita. Juste l'idée de laisser mon père seul à lui-même, l'an prochain m'arrache la peau mais c'est une étape, la tempête avant le calme...le calme "intérieur" et il n'y a que toi qui peut le discerner.
Bibine
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Re: Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

Message par Bibine »

Allô!

Je l'ai fait et oui, ça m'a torturé, mais ça a été si libérateur une fois la décision prise et maintenue...j'ai finalement pu faire les pas que je voulais vers ma guérison.

Pourquoi doit-on tolérer les situations d'abus psychologiques, physiques ou tout autre forme que la violence peut prendre? Non! On ne doit pas la tolérer!

Pourquoi tolère-t-on cela quand ça vient de nos proches, quand on ne le tolèrerait pas dans toutes les autres formes de relations (ami, collègue, chum, blonde, boss, voisin, étranger sur la route ou dans l'autobus...etc).

Cette personne ne veut pas te voir avancer, parce que ça la confronte avec ses propres problèmes. Rester en contact avec toi est une façon de maintenir le statu quo, ce même statu que tu n'est justement plus capable d'endurer parce que toi tu es capable, tu es courageuse de faire face à ta vie et à te prendre en main réellement.

Alors, tu sais ce qu'il te reste à faire. Tu as le courage, la constance et la volonté pour le faire. Je t'appuie à 100%!

Mais je te mets en garde, dans mon cas bien précis, il y a eu des représailles, de l'incompréhension et j'ai été traitée de tous les noms, humiliée, rejetée et même on a attenté à ma personne et à celle de mon conjoint à plusieurs reprises. Je te souhaite qu'il en soit autrement, mais sache qu'il est possible que ce geste soit interprété d'une façon qui crée un vif sentiment d'abandon et de trahison. Le ressentiment et la vengeance ne sont jamais bien loin dans les situations difficiles. Mais si tu veux te sauver la peau, tu dois assumer les conséquences et prendre les dispositions pour te renforcir et te protéger émotionellement encore plus.

L'aide d'un psychologue pourra être nécessaire pour passer à travers cela. En tout cas, je sais que toute seule je n'y serais jamais arrivée. C'est un pas de géant, que de changer l'image qu'on a de ses parents, et de les voir tels qu'ils sont réellement, avec leur vraie nature, leurs vrais défauts. Quand on est petits, on se crée des images de superhéros, images qui ternissent à l'adolescence. Mais ces images persistent quand même...et on doit les changer pour avancer. Être adultes, au même niveau que ses parents. Quand on est enfants, on est dépendants et soumis à eux. On peut mourir s'ils nous abandonnent...on est à leur merci! Ça leur donne un pouvoir incroyable sur notre petite tête et ça forge nos comportements. Mais là on est adultes, on n'est plus à leur merci et on peut prendre les décisions pour nous-mêmes, celles qu'on juge qui sont les meilleures pour nous, tout comme eux ils ont fait avec leurs propres parents avant nous.

C'est triste quand la communication est rompue et qu'il n'y a pas de discussion possible et donc pas de guérison possible dans ces conditions là. Des fois prendre du recul permet de voir des nouveaux aspects et avoir une vue d'ensemble de la situation. J'ai appris beaucoup plus sur tout cet aspect familial difficile depuis que je ne suis plus en contact. Ça m'a fait un bien indescriptible.

J'aurais souhaité que ça se passe autrement qu'une rupture, mais j'en suis arrivée inévitablement à cette solution radicale, après avoir essayé toutes les autres options. J'ai la conscience tranquille et je sais que je ne l'ai pas fait par fuite ou par lâcheté, mais par amour de moi-même et par un désir de vivre et de guérir qui l'a emporté sur le statu quo de violence et de souffrance...donc de maladie.

Bonne Chance et n'hésites pas à consulter si tu sens que tu as besoin d'être guidée dans cette démarche. Tu n'es pas la seule à vivre ça!

Même si peut de gens en parlent, je suis toujours surprise de voir à quel point beaucoup s'identifient à cela. J'avais mis un lien d'une émission de radio qui survolait le sujet si ça t'intéresse, c'est dans discussion sur la culpabilité.

Je vous recommende fortement de l'écouter, surtout si vous avez entamé un travail sur vous-même et les relations envers vos parents.

Voici le lien et les infos: http://www.985fm.ca/" onclick="window.open(this.href);return false;
98,5 fm en audio, Isabelle le matin, Montréal lundi 13 juin 2011
Une discussion sur la culpabilité avec Danielle Ouimet, comédienne, Marie-Claude Savard, animatrice et Pierre Faubert, psychologue.

Bonne nuit et dors sur tes 2 oreilles! Gros bisoux! :D
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ladolcevita
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Re: Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

Message par ladolcevita »

Ça fait réellement du bien de lire ça..... !

Bibine, merci du fond du coeur pour cette longue et franche réponse. Tu as raison sur toute la ligne lorsque tu dis ceci (et en fait, je n'avais jamais vu la situation de cet angle):

Pourquoi tolère-t-on cela quand ça vient de nos proches, quand on ne le tolèrerait pas dans toutes les autres formes de relations (ami, collègue, chum, blonde, boss, voisin, étranger sur la route ou dans l'autobus...etc).
J'ai toujours su qu'une rupture serait inévitable avec ma mère, mais j'avais toujours espoir que nous allions repousser ce moment, et que j'allais être tolérante toute ma vie.

Ma mère, c'est une adolescente dans un corps de femme. Toute petite, c'était moi l'adulte. Je devais lui tenir la main pour tout, et je dois encore le faire. C'est épuisant et ma santé passe avant toute chose, c'est clair.

Je me suis toujours sentie forte, capable de vivre ces grosses déprimes par moi-même... maintenant que j'ai fait ce choix, il sera dorénavant nécessaire d'aller consulter, je le sens (et je vais le faire).

Lorsque je lui ai avoué mon désir de rompre les visites physiques, elle était en manque de ressources et se cherchait à tout prix une réponse pour se vanger et elle m'a dit des paroles blessantes, qui ont sûrement dépassé sa pensées, mais encore là... elle s'en est prise à moi, sa seule et unique fille, celle qui doit lutter tous les jours pour trouver l'équilibre dans sa vie... ma mère cherche toujours à jeter le blâme sur les autres, c'est dans sa nature. J'ai choisi de ne plus accepter qu'elle le fasse envers moi. Elle pourra donc jouer son rôle d'éternelle victime seule, moi j'ai débarqué.

Merci pour vos réponses et conseils. Couper les ponts avec un parent n'est pas une situation souhaitable, mais quand c'est nécessaire à son propre bien-être, je présume que c'est indiscutable.

Clin d'oeil à toi Bibine!

Ladolcevita
Bibine
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Re: Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

Message par Bibine »

Allô et bon matin!

Alors, puisque c'était toi "sa mère", comme il vient l'heure un jour pour tous "les parents" :

Es-tu capable de l'aimer assez pour la laisser partir? L'aimer assez pour avoir confiance en ses capacités de prendre sa propre vie en main et d'assumer les conséquences de ses choix et de ses actions comme une adulte?

Mais surtout: T'aimes-tu assez pour lâcher ces vieilles images de vous deux et d'en créer de nouvelles plus réalistes, même si ça implique que tu doives affronter la peur de l'inconnu?

Comme un "parent" qui prend sa retraite et réalise que les enfants ont toujours pas quitté et que sa vie s'oriente encore vers eux plutôt que vers lui rendu à cette étape de la vie...une mise au point s'impose.

Si elle veut continuer à jouer les victimes et se déresponsabiliser encore comme une enfant, c'est son affaire, c'est son choix, c'est sa vie. Tu n'as pas à faire les mêmes choix s'ils ne te conviennent plus.

Comment pouvais-tu lui donner ce que tu n'avais même pas pour toi-même? Une enfant ne peut pas être le parent de son propre parent. Tu ne lui dois rien, tu n'es pas responsable d'elle, c'est elle qui a échoué à être responsable de toi. Il y a des conséquences maintenant, ça fait probablement trop mal de s'en rendre compte, mais toi tu es assez courageuse pour t'en rendre compte.

Si tu as ce courage de voir la vie en face, tu as le courage de prendre les dispositions qu'il faut pour mener à bien le réaménagement de ta vie.

Je crois en toi! Si je l'ai fait, tu peux le faire aussi. :D
ardens
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Re: Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

Message par ardens »

Salut, beau témoignage Bibine et tu as tout a fait raison.
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ladolcevita
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Re: Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

Message par ladolcevita »

Bon matin ;)

Avec le recul, je sais que j'ai fait la bonne décision. Par contre, c'est beaucoup plus facile de se détacher d'un pur étranger que de son propre parent (surtout que je n'ai jamais connu mon père biologique à ce jour... et j'aurai 40 ans dans quelques années.... ma mère représentait mon seul lien parental).

J'aurai besoin de parler pour me déculpabiliser, alors je vais faire appel à un thérapeute, même si dans le fond, je sais que j'ai fait le bon choix. Je vis un genre de conflit à l'intérieur de moi, et c'est ce que je veux essayer d'éliminer.

Ma mère est une femme grandement perturbée et mon plus grand souhait serait de la voir heureuse un jour. Pour l'instant, je m'occupe de mon propre bonheur (et croyez-moi, j'ai les mains assez pleines, merci!)

Merci de votre support :P
Bibine, ton dernier message m'a fait réfléchir... tu as tout saisi ;)

Ladolcevita
Bibine
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Re: Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

Message par Bibine »

Allô!

Je voulais juste témoigner de mon expérience, et de ce que j'ai appris de tout ça. Je suis consciente que ma situation n'est pas nécessairement la tienne et je ne suis pas au courant de tous les détails et de toutes les nuances. Mais s'il y a des choses qui t'aident, alors tant mieux. S'il y a des choses qui t'aident moins, peut-être que ça servira à quelqu'un d'autre qui lit ça aujourd'hui. ;)

Je crois toutefois qu'on se rejoint tous dans la souffrance.
Nous souffrons tous et je le jure je souffre aussi!
Une chose est sûre c'est que personne n'aime souffrir.

Quand j'ai pu arriver à arrêter de souffrir pour de vrai par rapport à une situation difficile, ma joie est plus forte que moi, je dois partager et insuffler un peu d'espoir autour de moi. Il y en a si peu en ce monde, en avoir une parcelle et la garder pour moi...ce serait pareil à la perdre. Mais la partager, ça la multiplie! :D

Alors si vous avez des parcelles de joie ou d'espoir, svp partagez-la...on en a tous bien de besoin! 8-)
bibite
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Re: Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

Message par bibite »

salut vous autres,
Dolce vita je te souhaite bon courage et je penses aussi que tu fais le bon choix tu vas trouver ca bizarre mais moi j'ai été comme ta mère. J'étais la mère immature qui avais une fille unique qui prenait soin de moi. Mais moi peut-être à la différence de ta mère j' étais consciente,que j'avais un problème mais je ne savais pas quoi. Ce fut très difficille d'élever ma fille. aujourd,Hui ma fille a 25 ans et moi j'en ai 52. Quand elle a eu 12 ans j'ai fait le choix déchirant d'aller habiter avec mon conjoint actuel et je l'ai un peu perdu de vue c'est à dire que je la voyais moins. Je la voyais les fins de semaines. .à 16 ans elle est venue habiter avec moi.J'avais tellement de culpabilité que je lui donnait tout. L'adolescence fut très difficille. à 19 ans elle est partie vivre avec son tchum. Elle a vécu une relation assez cahoteuse, il la trompait souvent, il ne s'occupait pas d'elle. Elle revenait chez moi,de temps à autres. Aujourd,hui elle a 25 ans elle est autonome. Elle vit seul. elle se débrouille très bien. On ne se voit presque pas. C'est toujours moi qui insiste pour qu'on se voit. et à chaque fois c'est toujours la même chose. Je me sens toujours " sous tension " J'ai vécu ca plusieurs années. J,en faisait une maladie. Je pleurait souvent à cause de cela. Je me disait que je n'avait pas été une bonne mère. Oui c'est vrai que je n'ai pas été une "bonne" mère comme j'aurais voulu l'être mais je n.étais. pas équipée pour l'être cette foutue bonne mère. Quand je vois ma fille elle me critique sur tout. Je penses que je ne suis pas la mère qu'elle aurait voulue. et quand je reviens chez moi je suis toute à l'envers. eh bien ,je me suis dit que je ne veux plus vivre cela. Tout d'abord elle n'est pas d'humeur égale (Je penses qu'elle est cyclothymique comme moi) Alors j'ai décidé de ne plus faire les premiers pas et de ne plus me faire d'attentes et je vais beaucoup mieux depuis ce temps. Je ne sais pas ce que l'avenir me reserve. Mais pour l'instant c'est ce que j'ai trouvé pour me protéger,et c'est moi qui est important. et je t'encourages à en faire de Même dolce vita.
Bonne chance. ;)
Bibite
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ladolcevita
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Re: Parfois, il faut faire le choix de brûler les ponts...

Message par ladolcevita »

Je suis extrêmement touchée par ton témoignage, Bibite... quoi te dire, si ce n'est pas un gros merci d'avoir partagé ton histoire :)

Je peux imaginer à quel point la situation a été souffrante pour toi....

Moi, plus les semaines passent, plus je trouve du confort dans ma décision. Ma mère, par contre, ne semble pas respecter du tout mon choix. Elle me téléphone plusieurs fois par semaines, elle demande pour que nous fassions des sorties ensemble.... elle sonne comme une personne qui a du regret, mais qui n'est pas capable de l'admettre. Elle fait des grosses gaffes et le lendemain, c'est toujours comme si rien ne s'était passé... c'est sa façon a elle de ''dealer'' avec les évènements de la vie. Lorsque je lui ai dit que je préférais qu'on ne se voit pas, et que je voulais qu'on s'en tienne à des conversations téléphoniques pour un bout, elle m'appelait le lendemain pour savoir si je voulais la rencontrer pour une sortie. Elle semble s'imaginer que je ne suis pas sérieuse du tout.

Bref, je tiens mon bout. Tant qu'elle sera une nuisance pour moi, je garderai mes distances, c'est clair. Elle a besoin de faire du cheminement personnel et ça, c'est une responsabilité qui lui appartient.

Merci de vos témoignages d'affection ;)
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