Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

(maniaco-dépression)
blondebleue
Messages : 1761
Enregistré le : 03 janv. 2014, 11:26
Localisation : Québec

Re: Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

Message par blondebleue » 03 oct. 2018, 10:27

Suegag contente de voir que tu vas mieux. Ça ressemblait à un état mixte ce que tu décrivais, c’est difficile à vivre. C’est ce qui a mené à mon hospitalisation début septembre. Je suis curieuse de ce que ta psychiatre va te proposer. Donne nous en des nouvelles...

Suegag
Messages : 149
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

Message par Suegag » 04 oct. 2018, 19:01

Des petites nouvelles, puisque j’ai eu rendez-vous avec ma psychiatre aujourd’hui. Alors nous irons avec un changement de médication: baisse de la Lamotrigine de 200 à150, on retire le seroquel (25 matin midi soir), on garde le wellbutrin 150 et la trazodone 150. On ajoute clonazepam (.25 le matin, .5 le soir et .5 à 1 l’après-midi). Le but premier est de gérer l’anxiété. L’effet du seroquel ne me donnait qu’une somnolence avec peu de soulagement sur les tourments incessants. J’ai un autre rendez-vous dans 2 semaines! J’ai trop hâte d’expérimenter cette nouvelle formule!!! Et je me souhaite un beau soulagement... Je disais à mon intervenant hier que ça avait été « enfernal » au lieu d’infernal... c’est comme l’alliance d’enfer et d’infernal. Tk, le meilleur est devant.
Bon courage à tous!!!

Suegag
Messages : 149
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

Message par Suegag » 08 oct. 2018, 19:40

8 octobre, 4 jours de pillules magique...
Ben oui, je n’ai plus d’angoisse ni de vie. Grosse déprime depuis 2 jours. Tu me demandes de choisir entre angoisse et dépression, j’vais te répondre dépression sans hésitation. Pour moi, la dépression fait moins mal. Mais tu regardes la vie passer en simonac.
Pas le goût de me lever, pas motivée de faire quoi que ce soit, vague à l’âme, nostalgie, culpabilité... Je me suis répété toute la journée: c’pas parce que c’est d’même aujourd’hui que ça va être comme ça demain.
Les derniers changements ont été de diminuer la Lamotrigine, la cause probable de cette crise d’anxiété inimaginable, qui a durée 7 jours 😡 et d’introduire du rivotril pour combattre cette anxiété.
Demain, je vais diminuer le rivotril (celle de mi-journée) et voir si c’est ben dramatique côté anxiété et amélioré côté dépression.

Suegag
Messages : 149
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

Message par Suegag » 12 oct. 2018, 16:03

Suite des 4 derniers jours... le Rivotril, je ne peux pas passer celle de l’après-midi. Alors ça me ralentie énormément, mais j’ai de grandes pauses de mon tourbillon mental ouf!
C’est certain que déprimer, c’est plate. Mais déprimer en te remémorant compulsivement tes pires moments, la moindre anicroche qui permettrait de tirer des réponses sur ce que t’as bien pu faire pour te retrouver là, Ça torture. Et ça ne me ressemble pas.
Alors là, je me criss la paix et je reste couchée pour me reposer de ces mois de mixité thymique. J’espère que ça ne reviendra pas.
Maintenant, je me demande ce qu’aura l’air la suite... je vois la psychiatre mardi. J’ai le moral, même si je braille à rien. J’ai l’impression d’être en de bonnes mains. J’essai d’être patiente.

Suegag
Messages : 149
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

Message par Suegag » 20 oct. 2018, 19:22

Des petites nouvelles,
Rencontre avec la psychiatre mardi passé. Je lui ai parlé de cette dépression que je sens s’installer. Je lui demande si ça serait le Rivotril qui ferais ça, hé ben non. C’est la dépression qui est toujours là. Alors le cocktail des 3 prochaines semaine sera Wellbutrin 200 mg le matin avec rivotril .25 et lamotrigine 50; l’après-midi; vers 2h30 (quand les tourments reviennent), rivotril .5; le soir, 100 mg de lamotrigine, .5 de Rivotril et 150 de trazodone. Ce sera la recette des 3 prochaines semaines... J’ai plus d’énergie, en fait, je suis moins alitée... misère... Mais toujours assez non fonctionnelle (tout est une montagne, me laver, m’habiller, faire le lunch des enfants, préparer un repas, manger le repas...) Par contre, les tourments sont sous contrôle, dieu merci... Fait curieux à noter, je dors à peine 5 heures par nuit. Hier, je ne dormait pas encore à 2 heures alors je me suis servi 3 shooter de rhum... J’ai du mal avec le sommeil et il me semble que ça aiderait l’énergie de dormir genre 7 heures. Mais peut-être pas. Côté alimentation, rien n’entre. Un café le matin, et je picoche dans mon assiette le soir. Je compense dans la soirée parce que j’ai toujours le goût d’un bol de céréales vers 9h00...
J’essai toujours d’y comprendre quelque chose mais ça ne sert à rien. Pleins de questions sans réponses.
Par contre je vois que je lâche prise genre que j’accepte d’avoir besoin de me reposer, de ne pas être capable de fonctionner... C’est comme l’arrêt d’un combat avec moi même. Je me pousse moins et me repose plus. Ma sœur dit que c’est un début d’acceptation et que ça favorise vraiment le rétablissement.
J’ai aussi mon suivi avec mon intervenant, de belles avancées de ce côté... Comme me permettre de dire les vraies choses aux personnes de confiance, ne pas me cacher derrière un masque de femme en contrôle alors que je ne contrôle plus rien. Il m’a aussi encouragé à dire au psychiatre que j’étais sur la défensive quand je vais la voir et ça m’empêchait de répondre aux questions et que j’ai peur de mal m’expliquer et de rendre difficile la progression... Alors elle m’a regardé avec les yeux pleins d’empathie et elle m’a dit: c’est normal d’être sur la défensive quand on est vulnérable. C’est normal de se protéger, c’est quand même stressant de venir ici. Ok, WoW, plus de problème sur ce côté!
Bon, plein de petits pas comme ça... des avancées des petits recul... ça donne espoir. En passant, hier, je célébrais mes 8 mois de convalescence.
Bonne chance à tous!
Je vous lis tous, mais peu d’inspiration souvent pour répondre... mais j’aime vraiment vous lire. Bonne soirée!

Suegag
Messages : 149
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

Message par Suegag » 22 oct. 2018, 14:46

Ok, je m’y suis fait jusqu’à récemment à cette dépression porteuse de repos et annonceuse de rétablissement... Ben là, j’en peut plus. J’peux pas croire que j’vais me sentir comme ça encore deux semaines, alors que je reverrai celle qui détient le pouvoir de changer le cours des choses. Et je ne parle pas à la faucheuse mais bien à la psy. Ok, se reposer c’est bien, mais c’est plate longtemps. J’ai le goût de rien, j’ai la nausée, j’ai pas le goût de voir mes enfants, ou encore j’ai pas envie qu’ils me voient comme ça.J’ai une face de cul, j’attend la nuit avec mon brushing vieux de 3 jours. Je cherche des explications, j’essai de comprendre...
En février, je tombe malade style indigestion qui n’en fini plus. Tous les tests en médecine interne reviennent négatifs. En mars, on s’enligne vers le traitement d’une dépression que je ne sens pas vraiment étant probablement dissociée à ce moment. En fait, la seule chose qui me déprime c’est d’arrêter de travailler.
Je débute le Cipralex qui m’avait bien réussit par le passé. Puis commence l’agitation, dans ma tête, dans mon corps. Je ne mange plus, j’ai toujours la nausée, je ne lirais pas des revues scientifiques mais je passe des heures à faire de la peinture à numéro ou à restaurer tous les meubles en bois de la maison. J’me fait des repas en double et en triple pour les congeler et me faciliter la vie avec la popote. Je vend mes affaires sur Kijiji, j’écoute des série en rafale, j’ai des chansons qui ne me sortent pas de la tête, des fois 2-3 en simultané. Faque, j’admet à mon MD de famille que j’ai été traitée pour bipolarité y’a 20 ans.

Début du suivi en psychiatrie en avril, on intervient sur l’agitation et sur la régulation de l’humeur. Les résultats sont moyens. Puis on continue d’intervenir sur la régulation de l’humeur à nouveau, parce que tsé, c’est comme ça que ça se soigne la dépression dans le trouble bipolaire pis le dernier ad m’a mise dans un état assez indescriptible... Mais la dépression s’impose. On essai le buproprion. Les vacances arrivent, des vacances de marde... Au retour, on continu l’augmentation du régulateur de l’humeur, puis OUPS! Ça fait plus cette molécule qu’on introduit depuis avril... une augmentation de 25 mg me fait entrer dans la pire période de ma vie. D’où le début de ce sujet... ALORS SI TU VEUX UNE DESCRIPTION ÉLABORÉE, LIS LE DÉBUT. Si non, en bref, mon cerveau s’est emballé, à surchauffé, s’est emporté, à une vitesse folle et sans aucune possibilité d’y mettre fin à part de rencontrer cette psy 1 semaine après le début de tous ça. On cesse l’agitation instantanément!!! Puis s’immisce cette dépression, chaleureusement accueillie dans un premier temps (enfin je suis tranquille, ça doit être le repos du guerrier après l’enfer des derniers jours, on l’accueille la fatigue, le repos). Puis là, c’est insupportable. De nouveau alitée, désespérée. Mon chum rush avec les enfants, pas capable de l’aider, ma fille veut que je l’aide dans un devoir, je m’efforce avec ma face de cul, la tête couchée sur la table, de l’aider. Régler les compte ça me fait peur? Voir ma famille ça ne me tente pas. Aller chercher de quoi qu’il me manque ne serait-ce à l’épicerie du coin, ce n’est pas possible. J’vais m’en priver. On mangera les céréales sans lait. J’ai rien pour les lunchs des enfants, j’va Leur mettre le reste de kraft diner dans un Thermos. Eux autres sont tellement contents, mais moi, j’me juge tellement. Et j’en passe et j’en passe et j’en passe.
J’ai écrit ça pour me le sortir de la tête, pour faire un récapitulatif, pour essayer d’y comprendre quelque chose. Et ce que je comprend, c’est que seulement le psychiatre m’a permis de faire bouger quoi que ce soit, en mieux ou en pire. Et elle y va un peu à l’essai erreurs... elle sait pas ce que sera le plan de match. Elle ne sait pas ce qui m’aidera au final. Je suis comme un cobaye. Alors, c’est vraiment biologique ce trouble. Ce n’est pas le dalaï-lama, le yoga, la pleine conscience , la relaxation, l’écriture automatique, le sport, l’art ou wathever qui va me sortir de ça... ça va m’aider après, mais pas maintenant.
Osti qu’j’en ai ma claque.
Et à toi qui en est au début de cette galère, sache que tes meilleurs armes seront la patience, un bon psychiatre, un psychologue et si t’es isolé et sans aide chez toi, va en chercher. Un groupe de soutien genre. Et je te souhaite du courage pour franchir cette étape de ta vie.

Suegag
Messages : 149
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

Message par Suegag » 27 oct. 2018, 18:31

Rien de mieux. Même que c’est pire. Et puisqu’il peut être hasardeux de discuter de tout ça avec l’entourage, alors me voici de nouveau.
Depuis avant hier, c’est pire que pire. Pire à chaque jour. J’me couche en me disant que demain ira mieux... mais ça arrive pas. Aujourd’hui c’est samedi, les enfants sont à maison, même pas capable de m’efforcer pour eux. Pas capable de sourire, pas le goût de rien, pas d’énergie pour parler... Et ça m’a fait terriblement mal. Et est venue cette pensée comme quoi ça serait sûrement mieux si je n’étais plus là... Y’a aucune intention, le risque est nul quant à moi surtout que je n’y crois pas! Y’a pas 1 enfants qui se porte mieux après avoir perdu un parent. Mais malgré ma conviction, cette idée s’est faufilée à travers des centaines pour venir cogner à ma conscience. Toc Toc Toc, ouais, t’es lourde, t’es bête, tu retiens tes larmes, t’as l’air vraiment bizarre avec ton dos voûté, la mine basse, muette, t’es toute au ralenti trop pathétique! Pis tu fais vivre ça à tes enfants. Ça pourrait tellement se régler vite fait... Maudite maladie. J’me sens plus moi-même. Mais je n’abandonnerai jamais mes enfants. Et demain, ça ira mieux...

lizzouee
Messages : 187
Enregistré le : 22 janv. 2017, 18:54

Re: Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

Message par lizzouee » 27 oct. 2018, 20:13

Salut suegag,

Il y a 2 mois j’étais dans le même état que toi. Je sais a quel point ca fait mal. J’ai fini en psychiatrie 3 semaines. Ma psychiatre a bardassé ma médication pas mal mais thank god on a fini par trouvé une combinaison qui marche.

2 mois plus tard j’oserait pas dire que je suis contente d’être en vie mais ma vie a viré de bord je suis retournée vivre chez mes parents (j’ai 23 ans donc c’est pas trop dur a accepter), ils m’aident a ravoir une structure (hygiene, repas, sommeil, medication aux memes heures chaque jour, ils me donnent des petites tâches) et comme je disais aux infirmières en psy, la seule raison pourquoi je restais en vie c’etait pour pas faire de peine a mon pere donc habiter dans sa maison c’est comme un moyen de me protéger si je retombe (plutot quand je vais retomber, faut ben etre réaliste).

Bref suegag tout ca pour te dire que tu peux m’écrire n’importe quand. Viens ventiler ici quand tu veux on est la pour toi.

Lizzouee xoxox

Suegag
Messages : 149
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

Message par Suegag » 10 nov. 2018, 14:22

C’est vraiment gentil de ta part lizzouee.Je suis vraiment désolée que tu aie eut à traverser tout ça. Je te souhaite que ça aille de mieux en mieux. Merci de m’offrir ta correspondance, qui sait, ça pourrait m’aider une journée ou l’autre. Alors toi aussi, tu peux m’écrire n’importe quand. Xxx

Suegag
Messages : 149
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Tranche de vie et questionnements à propos de l’angoisse

Message par Suegag » 10 nov. 2018, 14:37

Petit update qui date du 8 novembre, alors que les trolls nous pourrissaient la vie... je l’ai copié pour le publier aujourd’hui:

J’ai passer une période assez difficile et là j’ai eu un regain de 4 jours. Durant ce regain j’ai rencontré la psychiatre (hier). Je pense que l’on s’est fié à ces 4 jours over toute la shit qui est arrivée avant. Alors on ne fera rien pour la médication, et on se revoit dans 5 semaines...
Je suis sortie du bureau un peu déçue qu’on ne change rien à la médication. Peut-être parce que c’est pour laisser le temps au corps pour s’adapter?
Mais j’ai peur de retomber.... Je ne veut plus que ça arrive... Faut croire qu’il va falloir que je lâche prise sur ça, que je laisse le dre faire son travail.
Je suis encore dépressive, j’ai un regain d’énergie, qui me permet de faire des trucs et d’être de meilleure humeur, d’être un peu plus en relation affective avec mon entourage........Par moments. Et j’adore ces moment où je sens que je me retrouve. Ça ne dure pas une journée avant que je retombe malade (fatiguée, besoin de m’allonger) et après 4-5 jours de cette lucidité partielle, la shit de dépression revient (pas d’intérêt, pas d’énergie, pas de motivation, me prend comme une grosse merde, idéations suicidaires sans intentions, distante, anxieuse, les idées à 200km/heure, pour essayer de réguler tout ça, sans résultats)...
J’ai vraiment peur de retomber. Comme la dernière fois en septembre. Ça m’inquiète au point d’être toujours en train d’y penser, pis de faire de l’anxiété l’a dessus... Anyway.
Peut-être que ça va aller de mieux en mieux aussi.
Je suis probablement écœurée en Ta...nak, un peu usée, juste le goût de m’écrouler quelque part et y rester.
En tous cas, si ça repars vers le bas, je pourrai joindre la psychiatre.

J’aime le forum parce que y’a qu’ici qui je peux parler de ça. En tous cas, je viendrai updater. Ne serait-ce que pour moi-même 😉


Deux jours plus tard: j’ai eut un conflit avec mon chum avant hier. J’en suis restée triste et le suis encore aujourd’hui. J’aimerais que ma relation soit pas un stress de plus. Mais je sais que lui aussi, il a sa part de stress pis pas à peu près. Putain ça craint.

Répondre