La stabilité, ça se peut?

(maniaco-dépression)
Suegag
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La stabilité, ça se peut?

Message par Suegag » 08 janv. 2019, 22:00

Parce que moi, ça fait un an que je me suis brisée en milles miettes. Bang!!! J’imagine que je tenais le coup depuis un bon moment...
Un an à travailler sur moi, à prendre des médicaments, qui parfois, empirent ton état au lieu de l’améliorer.
J’étais une femme dynamique pour mon employeur, une mère disponible affectivement pour ses enfants... Du passé tout ça. Je suis lasse, j’haïs toute, rien ne m’intéresse, même la bouffe. Le cœur me lève juste à ouvrir un circulaire alors que dire des repas. J’entend « maman » et je voudrais seulement ne pas y être, être ailleurs, dans une autre vie, ou pas dans la vie...
Encore une fois, je suis désespérée. Les flashs qui viennent et qui partent sont de retour. Pourquoi les maudites pilules ne font rien? J’ai peur qu’on me dise que tout a été essayé, qu’il n’y a plus d’options. J’ai tellement tout essayé de mon côté... ça fait 1 an que je me suis brisée.
Fuck le temps des fêtes et bonne année 2019.

Izaza
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Re: La stabilité, ça se peut?

Message par Izaza » 09 janv. 2019, 09:05

Salut suegag... je viens de te lire et je te comprends tellement... moi aussi je ne suis plus la même femme , la même maman qu’avant... la vie n’est Plus la même ...je prend du latuda, il paraît que plusieurs deviennent amorphes avec ce médicament, j’ai diminué la dose cette semaine en espérant être moins sur le neutre... tu dis avoir essayé beaucoup de médicaments, c’est difficile les essais/erreurs... j’ai été pire que j’amais avec certain médicament... mais il parait qu’il y a toujours des options, des combinaisons qui fonctionne selon chacun, ça peut prendre du temps... pour cette nouvelle année je te souhaite de trouver la stabilité, de te retrouver, je me le souhaite aussi! Redonne nous des nouvelles.

isa456
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Re: La stabilité, ça se peut?

Message par isa456 » 09 janv. 2019, 09:08

Oui ça se peut, c'est parfois long à retrouver de l'énergie, l'envie de faire des choses et le plaisir.

Comme toi je pensais jamais retrouver ça lors de mon dernier épisode dépressif. Je dirais que ça a pris près de 2 ans à pleinement me remettre sur pieds mais j'y suis arrivée.

Quel âge ont tes enfants ? De jeunes enfants ça tire du jus pas mal

Suegag
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Re: La stabilité, ça se peut?

Message par Suegag » 09 janv. 2019, 12:41

Salut izaza,
Moi aussi j’ai lu tes publications et je me reconnaissais.
Je pense que je n’accepte pas d’être malade. Je voudrais qu’un matin, je me lève et que tout est correct.

Salut Isa456,
Mes enfants ont 5 et 8 ans. Effectivement, ça tire du jus. Mais je n’ai jamais eut ces pensées à leur sujet. J’aime pas ça.

Pfffffff. Merci forum. Ça m’aide de vous écrire et de vous lire.

Suegag
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Re: La stabilité, ça se peut?

Message par Suegag » 26 janv. 2019, 02:22

Des petites nouvelles,
J’ai commencé le cipralex et j’en suis maintenant à 10 mg (en plus du lamotrigine 200, du wellbutrin 300 mg, du trazodone 150 mg et du rivotril 0,5 trois fois par jour). Le cipralex c’est depuis le 16 janvier. L’humeur reste apathique ou triste, mais j’ai plus de moments plaisants. Je le remarque parce que je ris plus et je fais des blagues. J’ai plus de moment d’agitation par contre... Plein d’idées en tête, pas de jus pour rien faire. Ça vire pas mal des fois. Des ruminations et obsessions également, sur des niaiseries... Surtout en ce qui concerne la propreté de la maison. Moins de flash suicidaires mais uandnça me pogne, ça reste quelques jours. Des sauts d’humeur, un peu plus. L’anxiété, mégalomane amélioration.
J’ai vu le Md du travail pour évaluer mon absence, ça va faire 1 an en février. Il a dit qu’il fallait 4 conditions pour retourner au travail soit 1-Être capable de fonctionner le matin pour partir au travail et arriver à l’heure 2-être solide émotionnellement 3-être capable de concentration, mémoire, organisation, attention... 4-avoir assez d’énergie pour faire la journée. Il estime que je serais prête à recommencer en progressif en mars. Je l’espère, mais je sais que ça se peut que ça ne se passe pas comme ça. Je ne veux plus me faire d’attentes pour ensuite être full découragée.
Voilà, où j’en suis dans cette quête de stabilité!
À bientôt!

isa456
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Re: La stabilité, ça se peut?

Message par isa456 » 26 janv. 2019, 14:59

Merci pour les nouvelles Suegag.

Tant mieux si tu as retrouvé un peu de plaisir dans ton quotidien.

Ne stresse pas tout de suite avec le retour au travail, tu verras dans un mois comment tu te sens.

On aime quand ça bouge vite mais malheureusement c'est souvent très long se remettre d'un épisode dépressif

Lâche pas

Suegag
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Re: Un p’tit update triste

Message par Suegag » 20 févr. 2019, 16:57

Un p’tit update triste,

Toujours en congé, toujours malade, moins souffrante mais sur le neutre plate, plate, plate, mélangé avec du beurk.

Je gère mieux. J’accepte plus les moments sans énergie/motivation/volonté/intérêt. En fait, je sais que je n’y peux rien à part accepter que c’est comme ça pour l’instant. L’impuissance acquise « qu’ils disent ». Quand j’ai un up de quelques jours, j’ai encore le réflexe de m’en réjouir et de croire que ça va durer.... vous imaginez la suite.

Et puis lentement, cette idée, plus douce que celle de vouloir mourrir, mais quand même réconfortante l’espace d’un instant: je n’aime plus la vie, j’en veux plus. Tsé, une pensée naïve, presque cute, comme un enfant les bras croisés, l’air renfrogné qui dirait: non, je n’aime plus les brocolis, je ne veux plus jamais en manger.

Puis le retour, dans la vraie vie avec déception, découragement,fatigue et tristesse à l’infinie.

J’ai perdu ma vie d’avant. La nouvelle vie ne m’intéresse pas. J’ai juste pas envie de vivre comme ça.

Peut-être suis-je en processus de deuil ou en peine d’amour. Un moment je m’y fait puis l’autre, je m’y fait plus. Comme quand on s’imagine qu’on arrivera plus jamais à être heureux. Comme après une perte trop grande qui nous enlève tout, qui laisse un AVANT et un APRÈS. Une perte qui demande adaptation à une nouvelle existence qui ne sera plus jamais pareille et qui un jour, me paraîtra pas si mal comparé au calvaire que j’ai vécu...

Je ne savais pas que ça me mènerait là.

Trop triste tout ça.

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3.14R
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Re: La stabilité, ça se peut?

Message par 3.14R » 20 févr. 2019, 20:07

Salut...

...

Assurément que la vie et les brocolis trop cuits, ..

Ta mutation n'est pas complétée pourrais-je me permettre de dire. Métaphore. Tu dis avoir perdu ta vie d'avant, et que la nouvelle ne t'intéresse pas. Tu n'es pas sorti de la dépression encore d'après ce que je lis. 2006-2012 en gros pour moi. Seul. Totalement. Bruits de métal et solitude. Celle de l'intérieur, celle dont tu sembles expérimenter l'efficacité. Oui il va y avoir une adaptation à ta future nouvelle existence. Il y a un avant et un après. Mais le pendant, le chaos, l'incertitude et la violence de la maladie intérieure il faut les vivre pour apprécier la nouvelle vie. Le pendant la crise s'inscrit souvent hors de la durée. Des pensées existentielles surgissent naturellement, la mort étant parfois la plus douce d'entres elles. Le temps se métamorphose en parcelles d'infini mais la vie, quand elle se cristallise, elle supplante en beauté toutes nos souffrances. Vivre contient toutes les expériences, mourir annihile même la mort. Pour moi il n'y a que l'option de fouiller à l'intérieur pour l'eau vive. S'abreuver à sa propre source. Les mains dans la terre et le regard alerte de celui ou celle qui guette la tempête.

Descendre dans le trou ne veut pas dire s'enterrer vivant et crever. Descendre dans le trou c'est de regarder calmement la situation et ne pas avoir peur d'avoir peur. La peur c'est comme le mur du son. Beaucoup de pilotes sont mort d'avoir voulu le traverser. Mais aujourd'hui c'est banal de franchir le mur du son. La peur que la vie soit figée dans un état de la maladie est un leurre. Je ne suis pas la maladie. Elle me traverse, parfois comme un lame, mais je regarde au delà de la tempête et je vis au delà de la maladie. La question: Qui suis-je? appelle à chaque instant une nouvelle réponse. Il faut danser autour de nos blessures. Qui sommes nous vraiment? Assurément pas des mangeurs de brocoli trop cuit haha..

Je pense que nous devons être confiants que l'avenir ne sera pas comme le passé. Nous traversons comme un tunnel incolore durant une dépression et nous ne serons plus au même endroit qu'avant à la sortie de celui ci. La vie réclame de s'adapter. On ne sait pas à l'avance où on met les pieds et c'est pas toujours désagréable. Il y a encore plein de belles surprises en avant de nous. Pas que des mauvaises.

Je souhaite que ton parcours soit parsemé de petits moments tendres qui valent la peine d'être vécus et savourés.
Prends bien soin de toi Suegag

Suegag
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Re: La stabilité, ça se peut?

Message par Suegag » 21 févr. 2019, 00:00

Merci d’avoir pris la peine 3.14R
Ça fait réfléchir. Mais je suis écœurée pareil.
Demain est un autre jour, un peu moins gris, je le souhaite.
Si non, la journée passe vite, je passe mon temps à dormir.
Je relirai tout ça entre 2 siestes demain. J’ai le cerveau au stade très concret ce soir.
Bonne nuit!

blondebleue
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Re: La stabilité, ça se peut?

Message par blondebleue » 21 févr. 2019, 12:43

J'aurais le goût de te dire de dormir, le temps que quelque chose passe. En congé de maladie, dormir a souvent été pour moi une sorte de havre qui m'empêchait de penser au reste. Des fois j'avais juste hâte de prendre ma médication du soir pour être assommée.

Il y a des avant et après. Je pense que c'est le propre de la bipolarité non?
J'en ai eu un avant 2012, puis après. Et encore l'an dernier, un avant 2018 et maintenant je suis dans l'après. Mais s'il y a eu des moments difficiles, je constate bien qu'il y en a eu de très beaux depuis. Et sans manie! Ce dernier Noël passé avec mes enfants par exemple. Des épisodes de rires et de sérénité auxquels je ne m'attendais plus. Et ça, juste 2 mois après être sortie d'hôpital.

Tout peut et va changer... Je sais pas pour toi, mais moi je m'accroche à ça. Et entre temps, surfer la vague... Plus facile à dire que faire par exemple.
Prends soin de toi!

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