Le journal de suegag

(maniaco-dépression)
Suegag
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Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Merci pour ta réponse rapide!!
Je vais patienter alors... et arrêter de m’inquiéter.
Luis 90
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Re: Le journal de suegag

Message par Luis 90 »

Je suis nouveau dans ce forum.j'usqua maintenant j'étais seul .mais je suis heureux de s'avoir que je suis pas seul à vivre avec le trouble bipolaire .
Suegag
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Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Bon...
Pour faire le point... J'ai connu un épisode hypomaniaque de marde. Mauvaises décision, perte de jugement, d'auto-critique... catastrophe financière. J'ai même démissionné de mon emploi. Aujourd'hui, de retour en invalidité et j'ai aucune idée si mon employeur acceptera de me reprendre. Mon syndicat m'a dit de ne pas m'en faire, que ça va bien aller. Ma chum m'a conseillé de colorier des arc-en-ciel loll
Mon ex est d'aucune aide, n'y financière ni en présence aux enfants. Ma psy m'a ajouté le wellbutrin 150 mg au lamictal et cipralex que je prenais déjà. Je dors mal malgré mes 150 mg de trazodone. Le rivotril m'a sauvé la vie aujourd'hui. Ça ferait un bout que j'e me serait supprimé solide. Même si je reste convaincue que mes enfants sont mieux avec une mère dépressive que morte, les idées noires me semblent libératrices. Mais je vais tenir le coup, pour eux. Ils sont tellement merveilleux et résilients. C'est là que je puise ma force pour ne pas me laisser sombrer.
Ma séparation à été cauchemardesque. Et ça reste difficile pour un paquet de raisons. Mais au moins, je ne l'ai plus dans ma face.
Alors que je me croyais sortie d'affaire avec ma ciboire de dépression de 3 ans, je me suis retrouvé avec un tbrnk de virage en règle. Et puis me voici dans ma descente aux enfers, ruinée, sans emploi en dépression et honteuse. Je passe mes journées à brailler. Et que dire de l'entourage qui s'est éclipsé lentement mais sûrement.
Ça se pourrait une fin heureuse? Parce que pour l'instant, j'ai du mal à y croire. Maladie maudite.
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

J'ai encore besoin d'écrire. Et je le fais ici. Pourquoi ne pas le faire dans un journal personnel? Parce qu'ici, j'ai l'impression de me confier à quelqu'un. Et parce qu'il n'y a personne à qui je peux dire ce que j'écris ici.
Besoin d'être lue. Même si je ne sais pas si tel est le cas.
Besoin de me sentir moins seule dans mon cauchemard. Parce qu'ici, les autres vivent tous des moments difficiles en lien avec ces caractéristiques.
Je ne savais pas que je pouvais flyer autant sans m'en rendre compte. Je savais que je fonctionnais au delà d'un niveau plus normal, mais pas au point de perdre mon jugement et mon autocritique. Je l'ai payé très cher. Et j'ai bousillé ma vie. Mon entourage à été témoin de mes folies. J'ai honte. Je voudrais me cacher. Je vais devoir vivre avec ça maintenant. Je trouve ça trop lourd. Mais tout passe...
modjo
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Re: Le journal de suegag

Message par modjo »

On est la. On a le meme pb que toi. On te comprend bien. Tout passe en effet. Bon courage! Et on est la si tu as besoin !
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Ho oui que j'ai besoin... Je ne sais pas si tu as déjà lu mes trucs, mais mes écrits sont très très très abondants. Ça m'a fait du bien de relire tout ça durant les derniers jours. Comme quoi tout ne reste pas sombre, ça passe. Et même au plus bas, je n'ai jamais tenté de m'enlever la vie, même si par moments, c'était une véritable obsession. Et aussi, il y a eux des épisodes pas mal plus désorganisés que présentement.
J'ai peur de l'avenir. J'ai peur de ce qui va nous arriver à moi et aux enfants. Je suis obsédée par ça. Et je sais trop bien que certains de notre communauté sont passés par là. Et d'autres aussi, chez des gens qui ont d'autres affections autant physiques que psychologiques. Je dois penser à ça. On arrive tous à nous relever. C'était mon premier véritable épisode hypomaniaque qui met autant dans marde. Pour les autres, les conséquences étaient moins High. Pour celui-ci c'était dans un épisode de vie complétement débile. Genre que tu penserais jamais que ça t'arrive. Est-ce qu'on peut virer en High pour se défendre d" une situation traumatisante. Je veux dire, pour y faire face?
J'espère de tout coeur que je vais conserver mon emploi. Et pendant ce temps, j'aimerais arriver à faire confiance à la vie, plutôt que d'être aussi teŕrorisée pour quelque chose qui n'est pas encore arrivé. Le pire c'est que c'est moi qui s'est foutu dans ce merdier. en plein Covide par-dessus le marché.
Mais j'y pense, ça aurait viré comment si j'étais restée en fonction ? J'imagine, avec le recul, que ça aurait pu être pire. Dans l'état où j'étais, j'aurais sûrement fait des faux pas encore plus dommageables pour ma crédibilité, mon équipe et nos services... hé bien, c'était peut être pas une si mauvaise décision finalement. Peut-être que j'ai sauvé la mise... qui vivra verra.
Bon courage à tous xxx
Merci Modjo !
modjo
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Re: Le journal de suegag

Message par modjo »

Oui, qui vivra verra.
Je suis sur que ca va bien se passer.
Ne t inquietes pas trop.
Pour les idées de suicide, j'en ai eu beaucoup il y a 5 ans en 2015. J'étais monté en haut d'une tour pour sauter mais finalement, je ne l'ai pas fait...
Est ce que tu as lu des livres sur la bipolarité pour en apprendre plus sur la maladie et les moyens de se soigner?
En tout cas, bon courage, on est de tout coeur avec toi !!
Ouena
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Enregistré le : 23 juin 2014, 10:12

Re: Le journal de suegag

Message par Ouena »

Bonjour Suegag. Juste un petit mot pour te dire que je te lis. Tu trouve souvent du positif à travers tout ça, je t' admire pour ça. Je te souhaite bon courage.
Suegag
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Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Merci Ouena, je prend le compliment! Modjo, une suggestion de lecture?
Y'en aura pas de facile. Je suis tellement fatiguée, je dors debout. Et quand ce n'est pas le cas, j'angoisse comme c'est pas possible. Et qui dit angoisse, dit pensées ++++++. Écrire permet de ralentir un peu le flot d'idée par l'effort de m'arrêter sur une à la fois. Je me demande vraiment comment mon cerveau arrive à faire ça. Et aussi, je me demande pourquoi, quand je me réveille le matin, mon humeur me semble pas pire et que sitôt levée, je sens 10 tonnes de briques sur mes épaules. Et ensuite, je me sens apathique. Ça donne le goût de rester couchée....
C'est décourageant cet état. Pas de motivation, de volonté, de joie de vivre. La lourdeur, les idées négatives, les idées suicidaires, les malaises, la nausée, la faiblesse, le sommeil sans repos, la lassitude, les poings au coeur, la boule dans gorge, les pleurs, les peurs.....
Je me répète quelques mantra "je m'aime et je me libère" "c'est correct" "comment ça devient encore mieux que ça" "tout passe, les joies comme les peines " "J'ai de bonnes raisons de me faire confiance" "On verra dans 15 minutes"
Je m'efforce de créer un moment de joie 1 fois par jour avec les enfants, ça me fait du bien. Je lis même si je dois revenir en arrière parce que je pensais à autre chose en lisant les dernières pages. J'essai de me foutre de l'état de la maison en sortant. C'est pratique! Je pense aux autres qui vivent des choses plus difficiles. J'ai de la gratitude pour toute simple tâche que j'arrive à faire. Genre que dans la douche, quand je parviens à m'y rendre, je remercie la vie de pouvoir être propre aujourd'hui. Même si j'oublie de me laver ou de rincer mes cheveux après le revitalisant.
Et je tolère, je prend mon mal en patience. De toute manière, il n'y a rien de mieux à faire. Mon cerveau est malade. Et comme dit ma soeur, "les fils font dodo".
Accepter, c'est ce qui m'aide le plus. Ne pas me battre. Penser aux maladies qui me font préférer la mienne. Garder espoir. Ignorer les statistiques, les comorbidités, les risques et pronostics. Une chose à la fois. Si ce n'est pas là, ce sera une autre fois. Go with the flow, force pas les affaires. C'est correct, même si je ne le crois pas. Ça va passer. Demain est un autre jour. Chaque matin apporte une journée neuve. T'as le droit de vouloir mourrir. Tu peux te détendre en imaginant que tu es morte, que c'est fini, que tous les problèmes n'existent plus. Ça veux pas dire que tu vas te l'enlever la vie. Tu n'es pas la maladie. Mes enfants sont tellement beaux, drôles, brillants et sympathiques... comme moi!! Ils m'aiment tellement. Je suis leur personne préférée. Même couettée avec une face de déterrée, ils voient au-delà. Ce sont des sages. Ils me rendent forte. Ils me donnent le goût de m'accrocher, de ne pas me laisser sombrer.
Il n' aura pas de miracle. Je dois accepter de souffrir pour aujourd'hui. Je dois lâcher-prise et faire confiance en la vie qui m'a déjà tant donné.
Et puis merde, j'en ai plein ma claque pareil. J'ai mal!!! Aujourd'hui, là à cet instant, j'haïs toute. Fuck toute. Maudit cal*s de saint sacrement du ciboire de tbrnk. Kin toé fcking puissance supérieure. Tout est difficile. C'est un effort de chaque instant. Paraît que je vais passer du lamotrigine à l'epival. La paix en molécule. Je m'accroche. Je continue de taper sur mon cell comme si un trou noir allait m'aspirer une fois terminé. Mais de l'écrire me fait réaliser l'absurdité de l'idée.
Je suis tannée
johey
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Enregistré le : 30 janv. 2020, 21:48

Re: Le journal de suegag

Message par johey »

C'Est pas mal comme ça que j'ai traversé ma dépression majeure. Et dans ce cheminement de l'enfer, j'ai beaucoup écrit. Je rêvais une vie différente. Un autre rapport à la vie que cette attitude de soumission que m'imposait la dépression.

Car je me soumettais en quelque part. On me droguait, je dormais jusqu'à 30 heures en ligne parfois, on chuchotait près de moi en s'éloignant rapidement pour ne pas être trop près de ce mort vivant que j'étais. (Lorsque je réussissais à me trainer jusqu'à l'épicerie)

Le combat que je menais était comme le tien et les outils (les armes) que j'utilisais pour ne pas me foutre en l'air ressemblaient beaucoup au tiennent.

Aujourd'hui ma vie se déroule dans le calme, le repos, les activités créatrices et encore et toujours, la "maladie mentale". Il y a des forces qui m'ont marquées (j'ai cicatrisé) , des forces plus fortes que mes rêves. Pourtant je préfère la vie que j'ai présentement à celle que j'avais AVANT la maladie, avant la dépression, avant la bipolarité. J'ai un rapport avec le vivant qui frise la joie de vivre. Frise.

Je ne sais pas la part de responsabilité que je peux m'approprier dans mon rétablissement. Est ce que j'ai fait des trucs qui m'ont sortie du gouffre ou bien je suis sorti de là parce qu'une force supérieure m'en a sorti?? Je regarde cette étape de ma vie comme un gouffre que j'ai traversé. Jour après jour, à penser un peu comme tu le fais. Comme un assoiffé marchant dans le désert: lentement. Dans une sorte d'entêtement à vivre contre ma propre volonté.

Aujourd'hui, même si mon corps est malade, même si je ne suis pas mature en relations humaines, même si mon small talk est déficient, même si je me sens différent des gens autour de moi et même si je connais encore le stress et l'anxiété occasionnellement, je suis plus fort que jamais. Plus confiant en ma force intérieure que jamais. Plus sûr de moi que jamais. Mes valeurs ont changées autant que mes motivations. Je suis comme une plante mourante qu'on aurait émondée et nourrie d'eau fraîche et de minéraux santé. J'ai bourgeonné et fleuri, pour terminer mon analogie.

C'est un passage obligé que tu traverse présentement. Obligé car tu y es. Je t'encourage à redéfinir tes valeurs et tes croyances le temps que la crise dure. Lorsque tu te remettras à bien aller, ce travail des profondeurs t'aura permit de planter de nouvelles racines dans la terre la plus fertile possible dans ce qui est autour de toi.

Tes proches te voient. Ils vont apprendre la force de persévérance et la somme de courage que ça prends parfois pour traverser une épreuve. Et ils vont ressentir dans leur chair ce pouvoir que tu manifestes. C'est une leçon de vie pour eux. Vivre c'est communautaire.

Je souhaite que tu puisses t'abreuver encore et encore à cette source de vie qui t'habite. Continu d'écrire et gardes ton attitude guerrière en alerte. Tu vas y arriver. Ça ne dure pas tout le temps cette oppression extrême. Même si ça ne disparait pas en deux jours. C'est un lent processus, un marathon. Ralentis autant que nécessaire et demeure allumée intérieurement. C'est la flamme qu'il faut préserver. La flamme.
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