Mon fils nouvellement diagnostiqué Bipolaire / Question médication

(maniaco-dépression)
annetherio
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Re: Mon fils nouvellement diagnostiqué Bipolaire / Question médication

Message par annetherio »

johey a écrit : 10 sept. 2020, 21:34 Bonjour annethério,
annetherio a écrit : 10 sept. 2020, 18:52 Vous faites tous partis de notre éducation, Merci d'être la, vraiment
Vivre c'est communautaire. Il y a un tissus social autour de nous qui que l'on soit et quel que soit notre état.

Ton fils participe à ce tissus social même si on ne le connait pas personnellement. Sa présence et la maladie qui l'affecte le fait participer à notre lutte contre la maladie bipolaire. Il y a une communauté d'esprit entre nous. Même si quelques fois c'est dur et qu'on se comprends pas toujours. Il n'y a pas de jugement. Juste des pistes de réflexions. Parfois de nouveaux points de vus qui provoquent de nouvelles victoires.

Pout toffer dans "ma" dépression, qui a durer des années, j'ai eu la chance d'avoir une "routine affective quotidienne" durant un certain temps. Quelques minutes avec un de mes frères sur Skype. Du fond de la détresse, ces quelques minutes de partage à chaque jour signifiaient beaucoup pour moi. Ces quelques minutes peuvent être comparées à la respiration de la baleine qui plonge dans les profondeurs océaniques mais qui doit remonter à la surface pour respirer. Pour l'instant, ton fils va sembler vivre sous l'eau sans respirer et c'est peut être ce qu'il fera. Lui seul saura comment dealer avec la maladie, quelles que soit les connaissances des gens autour de lui. C'est son cheminement. Sa souffrance. Sa rencontre avec les mals-être. Mais il viendra respirer quelques fois. Ce sera son contact avec sa flamme de vie. C'est lui qui trouvera qui quoi comment et pourquoi. Il trouvera plus ou moins rapidement. IL trouvera SES réponses. Ou pas.

C'est, (je crois cela pour avoir vécu la chose et non parce que c'est une vérité universelle), c'est de vivre la dépression qui la rends plus tolérable. Il faut la subir comme une migraine. Comme un mal de dos, ou de dents ou comme quelqu'autres maladies. Et la dépression qui suit un high n'est pas une belle période de vie. C'est sombre et lourd. Opaque et dur. Un mal de dent ça fait mal. Idem pour une dépression.

Je crois qu'il faut que tu te positionnes dans ton rapport avec lui dans une toute nouvelle dynamique. Comme j'ai tenté de le dire dans un autre message, il faut qu'en tant qu'aidant naturelle "tu te protèges de sa dépression". Pour garder l'image de la baleine, s'il descend des jours dans les profondeurs tu ne pourras pas le suivre et retenir ton souffle comme il le fait. C'est quand il va remonter que tu vas pouvoir être là pour lui. Lui témoigner quelques minutes de ta lumière.

Le sujet n'est pas clos. La pensée magique ne fonctionne pas. Il ne sera plus "comme avant", il mue. Il va s'adapter à sa nouvelle condition et au pire il va la subir. Il vivra du déni, de la colère, de la frustration et pleins d'autres choses désagréables. Guérir de la maladie c'est surtout, encore selon moi, apprendre à dealer avec de nouvelles limitations. Apprendre et accepter de dealer avec de nouvelles conditions.

Le sujet n'est pas
clos.
Je t'encourage à continuer de chercher "ta" position dans "son" puzzle.
Tu me diras si ça fait du sens pour toi ce que je partage.
Aussi,
le groupe Revivre offre un soutien aux proches aidants je crois. Se renseigner est peut être une bonne idée.
annetherio
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Re: Mon fils nouvellement diagnostiqué Bipolaire / Question médication

Message par annetherio »

Merci Johey
Je ressens je crois le besoin de me faire passer un message… Si je me fie à mon ressenti, j’ose peut-être imaginer que ma relation mère-fils touche une partie de toi, mais le ressenti n’est pas sans équivoque, ce qui ne fait aucun doute, c’est que tes réponses réussissent à me faire questionner et m’auto-observer… je t’en remercie. Je comprends ce sens ou je dois tirer une ligne sur la limite de ma présence à ses côtés. Je suis d’accord car j’ai eu à plusieurs occasions dû m’efforcer à tirer cette ligne. J’ai envie que tu me partages d’avantages ton expérience ou encore, si ça te dit, tu élabores ce que tu essais de me partager, si j’ai vu juste dans tes échanges avec moi. … J’avoue que ma personnalité empathique m’empêche des fois a voir le côté rationnel des événements, il arrive souvent, comme en te lisant, que je dois m’arrêter pour comprendre « au-delà des mots ou des faits »
En souhaitant t’avoir bien cerné dans tes écrits, j’ai envie de te dessiner le portrait relationnel que j’entretien avec mon fils… Je suis maman de 2 enfants, j’ai une fille aussi âgée de 24 ans, elle habite dans une autre ville et est enseignante. Je suis maman monoparental depuis leurs enfances. Leur papa a été très absent de leur vie, parfois pendant toute une année, il y a eu beaucoup de souffrance pour eux et ils ont vécu cette absence à leurs façons, pour mon fils, je peux vous dire que ce fut totalement un traumatisme. (J’ouvre une légère parenthèse que leur père vient de se faire diagnostiquer bipolaire ces dernières semaines, ce qui peut vous aider a définir le portrait familiale)
Bref, j’ai un réseau social très limité, une famille qui se limite a ma mère et une sœur diagnostiqué borderline, ainsi va la vie, et celui de mon fils est totalement inexistant pour l’instant, car son premier et dernier épisode l’a conduit a faire un ménage complet dans sa vie, comme il a choisi de ne plus consommer, du coup, son entourage complet n’était plus compatible a ce mode de vie. Donc, pour l’instant, je suis son quotidien… Je l’accompagne dans sa nouvelle route de vie, étant consciente que je dois marcher avec lui et non pas le prendre sur mes épaules. Un réseau d’aide en santé mental composé de travailleur social, psychologue, ect… se forme aussi présentement. Je l’encourage, l’écoute, le guide, l’accompagne en parallèle avec ma vie professionnel et amoureuse.
Je ne vous cacherais rien, je trouve difficile de le voir souffrir et se débattre dans ce tourbillon, en continuant sur la note d’honnêteté, je m’observe et me questionne constamment sur mon rôle et la ligne à ne pas franchir et du coup assommer la maman poule que je suis parfois… Mais je suis consciente qu’il doit y arriver seul… Rien de facile, on veut voir nos enfants heureux et accompli étant parent.
Alors je vous en prie, dites-moi d’avantages, je suis toute ouïe et ouverte a vos expériences et conseils… Je suis ouverte a vous lire et a échangé si cela vous dit…
Sur ce, merci et bonne journée
johey
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Re: Mon fils nouvellement diagnostiqué Bipolaire / Question médication

Message par johey »

Bonjour annetherio,

Je n'ai pas vraiment de message à passer, je lis que tu es déjà en travail et avec lucidité alors tout est pour le mieux.

Aussi, je sais, pour l'avoir vécu plus d'une fois, combien c'est souffrant de voir souffrir notre enfant. Je sens bien cela dans ton message.

Tu partages sur ton environnement de vie, et un peu sur celui de ton fils. Je comprends cet environnement. Je suis monoparental moi aussi. Ce qui ne garanti pas que je comprenne tout et que je capte toute la situation dans laquelle se trouve ta famille. Mais je comprends que chez toi, pour l'instant, c'est lourd.

Assurément il va te falloir trouver ton rythme pour traverser ce marathon de vie. Avancer à ton rythme tout en te sentant capable de soutenir les membres les plus fragiles de la gang, selon les niveaux d'urgence. Et pour trouver un rythme de croisière il faut assurément s'occuper d'un ennemi sérieux: l'inquiétude! S'inquiéter au delà du raisonnable. S'inquiéter c'est ajouter un couche par dessus le réel. Faut éviter de tomber là dedans. Et pour un parent c'est une des limites difficiles à apprivoiser. C'est une ligne à tenter de ne pas franchir. Ajouter nos peurs à la souffrance déjà présente. Le "comment faire pour ne pas s'inquiéter" est différent pour chaque personne, c'est un travail de vie. Avoir une réelle confiance dans les forces latentes de l'autre, de notre enfant, notre conjoint, notre ami-e, aide grandement à ne pas s'inquiéter. Avoir confiance. Ce n'est pas toujours possible. Mais lorsque ça l'est il faut y aller, faire confiance.

Si quelqu'un se coupe le bout du doigt, on imagine facilement un temps approximatif pour la guérison. Idem si il se casse un doigt. S'il se déchire un tendon dans le genou on devine que le temps de guérison sera long, très long. Chaque blessure physique réclame un temps variable pour guérir. Jour, semaine, mois. Certaines blessures vont handicaper la personne durant toute sa vie. D'autres non. Certaines vont laisser des cicatrices, d'autres non. La maladie bipolaire impacte toute la vie de la personne atteinte. Donc, il faut vivre cette réalité dans le long terme.

Ton fils a subit un choc, il est atteint du trouble bipolaire. C'est SON choc. Quel est le tien? Il est différent. TU as subi un choc toi aussi. Quel est-il? Comment le décrirais tu? Ton choc en tant que mère n'est pas le même que celui de ton fils, on s'entends. Quel est donc TA blessure? Il faut t'en occuper aussi de cette blessure là, sinon elle pourrait infecter... L'identifier, la nommer c'est déjà une bonne chose.

Pour le moment ton rôle de mère te réclame tout un contrat de vie. Et selon moi ton attitude est juste. Tu fais ce qu'il faut.

Faire comprendre à ton fils que tu l'aimes et que les mal être dans lesquels il se trouvent sont temporaires. Il traverse un orage mais la vie va retrouver son calme. Je témoigne que j'ai traversé des épreuves mais là, ma vie est stable malgré le trouble bipolaire, en tout cas je suis mieux dans ma peau que lors de ma crise initiale.

Je me suis blessé un jour, je croyais ne plus remarcher. Une infirmière venait chez moi chaque deux jours pour nettoyer la plaie. Elle me disait que j'allais remarcher, que la blessure que j'avais n'était pas si terrible et elle me parlait de blessures pires que la mienne, des blessures qui handicapaient vraiment. J'ai compris grâce à elle et à ses témoignages que j'allais remarcher. La confiance en l'avenir est revenu en moi et l'anxiété que je ressentais s'est grandement calmée. Je marche normalement malgré la cicatrice.

Pour ton fils c'est peut être la pire chose qui lui soit arrivé à ce jour: le trouble bipolaire. Il faut savoir que la vie est viable avec ce trouble de l'humeur. Il va vivre des downs et des ups de façon cyclique. C'est ça la maladie. Il devra conjuguer sa vie avec ces deux facteurs: up et down. Ce qui n'est pas si pire si on y pense. Mais quand il sera en down, la vie perdra toute sa saveur. Et lorsqu'il sera en up le risque c'est de se croire au dessus de tout. Une médicamentation adaptée pourra l'aider à contrôler les deux aspects de la maladie. Des med's contre les ups et des med's contre les downs. Cela rendra ses variations de l'humeur plus stables.

Il faut qu'il sache que le trouble bipolaire c'est pas la fin de son monde. Beaucoup de gens réussissent leur vie avec ce trouble de l'humeur. Des gens connus aussi.

Il n'y a pas de réponse toute faite. Il faut, je crois, créer notre propre chemin de vie. Je ne fais que partager quelques idées et réflexions dans le but d'orienter les tiennes vers un mieux être si possible. Si tu veux m'écrire en messagerie privée tu peux le faire.
annetherio
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Re: Mon fils nouvellement diagnostiqué Bipolaire / Question médication

Message par annetherio »

Tout a fait d'accord en vous lisant... Merci de prendre le temps, j'adore vos métaphores! Je ne cesse de semer ma graine auprès de lui pour qu'il découvre cette page et de partager .... Je souhaite que s'il le fait un jour, il aura le privilège d'avoir un interlocuteur a votre image

Merci
johey
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Re: Mon fils nouvellement diagnostiqué Bipolaire / Question médication

Message par johey »

Merci, mais c'est trop gentil. Je ne suis qu'un maillon dans la chaine, un rouage, quelqu'un qui passe au bon moment.

Il trouvera lui aussi des gens pour partager ses problèmes et chercher des solutions s'il vient un jour sur le forum.

L'organisme Revivre offre des services d'aide plus spécialisés, il faut voir ici
https://www.revivre.org/forum/viewtopic ... 911#p97911
Bonne journée :)
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