ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

(maniaco-dépression)
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blondebleue
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ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

Message par blondebleue » 03 janv. 2014, 13:31

Bonjour, je suis nouvelle ici. Je ne suis pas du genre à prendre part à un groupe d'entraide en personne mais après avoir passé la journée hier à lire vos échanges ici, ça m'a fait du bien!

J'ai eu envie d'y prendre part.

Un peu sur moi: J'ai probablement longtemps su que j'avais un trouble bipolaire - je consultais en dépression mais je ne voulais pas m'avouer mes hypomanies - le diagnostic est récent. Et un peu dur à avaler. Je reconnais maintenant mes hypomanies pour ce qu'elles ont été même si c'est dans ces moments que j'ai été le plus heureuse et que je me suis sentie le plus moi-même. J'ai le deuil à faire de celle que j'ai été à ces moments-là.

Je suis divorcée depuis plusieurs années - mes humeurs n'ont rien aidé - et j'ai élevé 4 enfants presque seule. Ils m'ont gardée en vie. Mais ils ont tous quitté la maison maintenant. Je n'ose plus tenter me remettre en couple, je n'ai pas envie d'imposer les contraintes de ma maladie à un autre.

En janvier 2013, j'ai eu un épisode mixte avec idées suicidaires, périodes de catatonie mais aussi des périodes de grande agitation - j'ai penituré toute ma cuisine sur un coup de tête - des pensées rapides et incapable de dormir. Ça m'arrivait pour la première fois. J'étais suivie par mon médecin de famille depuis des années pour des dépressions saisonnières récurrentes - les antidépresseurs me gardaient la tête hors de l'eau - mais là, il m'a référée en psychiatrie.

C'est le 4e psychiatre que je vois dans ma vie. Chaque fois ça été le début d'une série d'essais de médicaments. En vous lisant, j'ai compris que c'était le cas pour plusieurs. J'ai par deux fois essayé le lithium, mais j'ai développé des effets secondaires - problèmes de sang puis de thyroïde. J'en suis au 9e médicament depuis janvier dernier - le lamictal - et j'espère...

J'ai un travail valorisant qui me permet des horaires flexibles et de travailler de la maison au besoin. C'est ce qui m'a permis de le garder toutes ces années. Mais aussi parce que je suis performante quand je vais bien. J'ai été en invalidité 5 mois en 2013, puis j'ai repris le travail tranquillement. Quand je vais mal, j'essaie de le camoufler de mon mieux. Aujourd'hui c'est mon travail qui me garde en vie je pense. Mais c'est un stress constant aussi que de devoir cacher mon humeur...et maintenir un niveau de performance...

Le plus difficile dans cette maladie pour moi c'est de ne pas pouvoir compter sur qui je serai ou comment je serai demain, dans un mois ou dans un an....

Astrid
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Re: ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

Message par Astrid » 03 janv. 2014, 14:37

Bienvenue parmis nous.
Gêne. Toi pas pour revenir écrire
Moissi je souffre d'un trouble bipolaire je suis sur lamictal et ca va bien j'espère. Que se sera le bon pour toi.
Yé bon pour les épisode mixte aussi tk je sais que cest relatif personne reagi de la meme manière. ..

A. Plus

Waldgänger
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Re: ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

Message par Waldgänger » 03 janv. 2014, 15:27

Bienvenue blondebleue,

Si tu n’as pas atteint un plateau de stabilisation il peut être difficile d’entrevoir l’avenir bien que la réalité d’équilibre est parfois difficile à maintenir malgré les médicaments. La réalité dépressive nous fais voir autrement que la réalité de manie mais entre toi et moi bien malin celui ou celle qui peut savoir ce que le lendemain nous réserve, malade ou pas. C'est comme le verre a moitié plein ou vide mais en général quand on le regarde avec le soleil il devient a moitié plein quoique le soleil se fait rare en hiver...bref sommeil régulier, bonne alimentation, exercice physique est ce qui permet de faire tourner la roue dans le bon sens afin d'espérer en notre futur mais je suis un bipolaire avec un optimisme en téflon! ;)

Prends soin de toi

mélaniecoeur
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Re: ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

Message par mélaniecoeur » 03 janv. 2014, 15:31

Bonjour blondebleue,

Le plus difficile dans cette maladie pour moi c'est de ne pas pouvoir compter sur qui je serai ou comment je serai demain, dans un mois ou dans un an....

Que veut tu dire exactement? Savoir sur qui tu peux compter si tu vas pas bien? Ou le fait que ce soit imprévisible?

Je viens de lire ton message et je me reconnais dans plusieurs choses. Je te comprend aussi que quand tu vas mal, tu essaies de te camoufler. C'est la même chose pour moi, je n'ose pas le dire. Je ne répond pas au téléphone, je m'isole, ma famille ne comprend pas. Ils disent: Bon, qu'est ce qu'il y a encore qui va pas? T,a pas de raison d'être déprimée de même? Secoues toi, reprend sur toi? Ect.. Cest vraiment dur moralement. Quand il y a quelqu'un qui appèle, un moment donné, la, je dois répondre, mais j'ai une voix monocorde et triste, pas envie de jaser du tout. Je m'isole. Pour moi, je me demande si je sera pas bipolaire type 2? ayant jamais fait de psychoses. Mais, je fais des dépressions saisonnières a chaque année depuis 2003, jai commencé a 25 ans. Ado et plus tard, j'ai eu 2 dépressions non diagnostiqués car je pensais que c'était mon caractère. J'ai pas mal de symtômes de dépression. Puis, l'été, cest les hauts, le magasinage excessif, carte de crédit lodée, la bonne humeur exagèrée a cause du soleil. Le plein d'énergie, je parle beaucoup et mon cerveau va plus vite, j'appèle cela des périodes d'énervements. J'aimerai refaire un haut comme cet été. Je flottais sur un nuage, mon chum m'avais annoncé la rupture et je flottais pareil. Mais a l'hopital lors de mon hospitalisation de 5 jours, ils on enlevés mon paxil. Ca pas été une bonne idée, car après, j'ai tombée très bas a cause de la rupture mais aussi, du manque de l'antidépresseur, j'ai passé l'été a l'hopital. Mais le pire la dedans,cest que le high s'est fait quand même avec le séroquel et l'épival qui sont suposés de stabiliser l'humeur?? Mon père était très inquiet de me voir en high lors de sa visite a l'hopital, il ne me reconnaissait plus. Je parlais a vive allure, je chantais, je voulais aider les autres malades, je me prenais pour un psychologue lors de ce high en juillet 2013, j'avais 36 ans. Le préposé m'a dit: Cest vous qui avez besoin d'aide et je ne le croyais plus ou moins. Mon high ou hypomanie a duré 7 jours.

Mais apprendre qu'ons est atteint d'une maladie, peut être dur comme tu dit a avaler! Ca peut être un deuil en effet, car tu veut que ca revienne ces hauts la, j'imagine et la, le psychiatre essaie de te mettre stable. Donc, plus de highs. Hé, que nous sommes bien en high? La vie est belle.

Tu es très bonne, d'avoir élévés tes 4 enfants seule! Ca due pas être facile! Mais ils t'ont gardé en vie. Moi, tu vois, cest mon père qui me garde en vie. Car je ne serai plus en vie maintenant. J'ai un TDAH. Il disent souvent que les dépressions saisonnières peuvent avoir un lien avec le trouble bipolaire? l'hiver, on va déprimée et l'été, cest super, la vie est très belle.

J'ai vu 4 psychiatres différents. 2 d'entres eux pendant mon hosptialisation de 5 jours disaient que j'étais en high en juillet 2013. Puis en mai 2013, 2 autres ont mis en hypothèse maladie affective bipolaire ?. C'était souligné dans le rapport de l'urgence. Puis, j'ai eu un autre psychiatre pour mon trouble de personalité limite et il avait peur de me redonner un antidépesseur a cause de ma phsase maniaque de juillet 2013. Alors, 5 psychiatres. La, le 6eme, cest lui qui fait mon suivi et je vais lui parler de tout cela le 8 janvier, car je me pose des questions. Y parais que cest long a diagostiquer ce trouble la? Ca peut prendre plusieurs années et plusieurs psychiatrres? On souffrent en silence et pour rien aussi longtemps!

C'est le fun que tu aie un travail valorisant, ca aide beaucoup a te motiver. Surtout avec des horaires flexibles. Au moins, ce travail te garde en vie.

Bon courage, tu es pas seule!

Cinny
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Re: ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

Message par Cinny » 03 janv. 2014, 22:39

Bonsoir BlondeBleue,
En ce qui concerne la médication c'est vrai que plusieurs doivent changer plusieurs fois pour avoir la recette exact pour eux. Je prend du lithium actuellement et en raison du trop grand état dépressif elle voulait combiner le Lamictal au Lithium. Je suis dans une dépression majeure depuis août et je ne voit pas le bout de tout cela. Je me demandais... Est-ce que pour toi ça se passe bien avec le Lamictal ? Effets secondaires ?
Merci

Cinny

blondebleue
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Re: ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

Message par blondebleue » 04 janv. 2014, 00:12

Merci à tous pour votre accueil et vos bons mots!

Waldganger tu as raison, on ne sait jamais ce que nous réserve demain. J'aimerais juste être un peu plus confiante que demain ou la semaine prochaine je serai en mesure de faire mon travail correctement par exemple. Je dois enseigner un cours cet hiver à la même heure et le même jour toutes les semaines. Ces derniers mois, j'ai été capable d'adapter mon travail à mon humeur, si une journée je n'étais pas bien j'en faisais moins ou je reportais une réunion au lendemain. Quand je donne un cours je ne peux pas faire ça. Je dois pouvoir livrer la marchandise le jour désigné et comme je ne suis pas encore "stabilisée" ça m'inquiète....

Mélaniecoeur, c'est ça que je veux dire quand je dis que je ne peux pas compter sur qui je serai demain. Aujourd'hui par exemple, mon humeur était bien, pas envie de pleurer de la journée. C'est ma 2e journée sans pleurer de suite! Mais je sais pas comment je serai demain matin. La journée de Noël j'étais ok, j'ai reçu mes gars et leur blonde, une amie est venue m'aider avec le souper heureusement. Pis j'ai eu trois journées difficiles qui me sont tombées dessus après... Des fois je pense être ok pis un rien déclenche une envie de pleurer que je ne peux plus arrêter et les idées noires qui vont avec...

Ce qui me choque, c'est que je vois après coup que les idées noires ne sont pas logiques mais quand je suis "dedans" c'est comme si c'est la seule réponse que je vois.

Cinny, j'ai commencé le Lamictal il y a 5 semaines seulement et à de très petites doses que j'augmente encore très tranquillement. Le seul effet secondaire c'est un bourdonnement dans les oreilles mais qui reste tolérable. Je ne suis pas au dosage thérapeutique encore mais j'ai enfin quelques bonnes journées - je peux m'habiller, faire une activité, même sortir au cinéma ou à l'épicerie - au travers de journées difficiles mais je me sens encore fragile et je n'ai pas retrouvé l'envie ou le plaisir de faire les choses. Est-ce qu'on le retrouve??

Des fois j'ai peur qu'un stabilisateur d'humeur m'enlève la capacité d'avoir du plaisir...

Astrid
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Re: ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

Message par Astrid » 04 janv. 2014, 00:16

pour ma part le stabilisateur d,humeur ne m'a pas dutout enlever la capacité d,avoir du plaisir!
prend courage le chemin du retour a la "normal " n,est pas toujours facil mais bien possible!

blondebleue
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Re: ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

Message par blondebleue » 04 janv. 2014, 11:57

Merci Astrid pour cet encouragement!!

J'ai peur qu'être stabilisée ça signifie être au neutre, de ne pas ressentir ou apprécier, de ne plus vibrer...

Bon, quand je suis au creux de la vague, être au neutre ça sonne pas si mal. Ne plus rien ressentir ça peut être une sorte de petit paradis à ces moments-là... mais ça peut pas être le but d'une vie...

mélaniecoeur
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Re: ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

Message par mélaniecoeur » 04 janv. 2014, 13:46

Je te comprend, blondebleue, le fait d'être stabilisée peut être déplaisant, car on veut être en high plus souvent, cest le fun, agréable.

Et oui, quand on est dépressif, on veut que ca aille bien. Cest pas évident! Tu vas finir par t'en sortir.

Waldgänger
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Re: ne pas pouvoir compter sur qui je serai demain

Message par Waldgänger » 04 janv. 2014, 15:30

Être au neutre?

Bah certain que tu ne pourras plus recevoir 12 personnes en même temps et faire le service, la maîtresse de maison, la vaisselle et tutti quanti avec un sourire étincelant sans avoir perdu une seule des conversations autour de la table…bref c’est plus intime comme énergie! On apprend à se lover…mais toujours avec un pétillement bien particulier au bipolaire.

Je ne doute de la somme d’énergie pour maquiller un œil…pfff vous en avez deux à faire alors en mode dépressif on délaisse les fioritures par contre en manie…une prêtresse en transe avec son mascara!! Au neutre…quelques choses entre les deux, être au neutre ce n’est pas être éteint, la stabilité ce n’est pas passé sa journée à procrastiné…du tout. C’est calmement être en équilibre avec soi plus profondément que l’on ne le suppose bref c’est très satisfaisant comme un fleuve tranquille.

Tu pleures sans trop savoir pourquoi, bravo car moi je n’y arrive pas. Hormis une fois devant ma psychiatre pendant 10 secondes…-sic- Alors dis-toi que tu pleures pour ceux qui ne le peuvent pas! Puis les madeleines sont plus charmantes!!

Bonne soirée

Wald

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