stress & diagnostique douteux

(maniaco-dépression)
Hedwig
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par Hedwig »

Courage Mico, mes jours aussi se ressemblent beaucoup.

Il faut être fort pour laisser passer sans culpabiliser. Tu apprendras avec le temps. C'est long de comprendre que l'on est malade lorsqu'il n'y a rien qui l'indique vraiment. Ça demande beaucoup de patience.

Alors oui comme tu dis un pas après l'autre.
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pleinair
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par pleinair »

Bravo Mico!!
SACHA
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par SACHA »

Salut

Comment je vie mon nouveau diagnostique??? Une claque dans face .. moi qui acceptais mon trouble anxieux et qui compatissait les personnes vivant avec une maladie mentale...

Le plus dure est de réaliser que mes crises d'anxiétés sont en fait de l"hypomanie et que mon anxiété non justifiée est sûrement dû à un état dépressif.. donc pour moi qui a toujours besoin de savoir ce qui ce passe dans ma tête et mon corps.. c'eat très stressant.

Il a aussi la médication qui fait être patient..

Il a aussi le regard des autres.. ils se disent compatissant en face de toi mais te juge dans ton dos.. et aussi le fait qu'il surveille tes faits et gestes.. si tu "saute une coche" .. hei! Elle est bipolaire!!!!

J'y vais le jour le jour et j'essaie de ne pas être trop dure avec moi et suivre la vague
Nath2727
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par Nath2727 »

Salut Mico,

moi aussi je me sentais un imposteur dans ma propre vie quand je suis tombée en dépression. Pas moyen de reprendre le contrôle. J'ai fini par accepter le diagnostic le jour ou des portes avec des veroux se sont refermées derrière moi et que j'ai vu les barreaux aux fenêtres... J'ai longtemps cru que les médecins se trompaient, que ça ne pouvais pas m'arriver à moi, voyons, une fille ultra perfectionniste, sportive à outrance, performante au travail... Mais il a bien fallu que je me fasse une raison. Jour après jour, petit à petit, le diagnostic est entré dans ma tête. Mais un diagnostic n'est qu'un mot, une case dans laquelle nous place le médecin et qui oriente son traitement. Rien de plus et ce n'est certainement pas un boulet au pied ni une marque rouge dans le front...
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
mico
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par mico »

Merci pour vos bons mots.

Dure à prendre et ma seule amie qui s'aligne sur un arrêt de travail à plus long terme. J'ai peur pour elle et par ricochet peur pour mes propres émotions.

Mais on ne peut ajouter la souffrance des autres à la sienne. Un jour à la fois. Ce soir, j'ai une soirée agréable qui se présente enfin.

Bonne journée !
mico
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par mico »

En effet, une descente comme ça, c’est toute une claque. Moi aussi, quand tout allait bien (trop bien), je me sentais invincible, irrésistible, rien ne pouvait m’arrêter. J’avais une équipe à gérer, des tâches importantes, la musique, mon principal atout était justement mon entregent, ma capacité à communiquer aisément avec les gens.

Je ne veux pas décourager personne, mais maintenant, je vois la vie bien différemment. C’est plus gris malheureusement. J’ai compté mes dépressions et j’en serais à la 6e en 12 ans et celle-ci est la pire de toute car je suis plus vieux, plus vulnérable. Je me rends plus compte des ravages maintenant. Et je ne peux plus compter sur personne pour me sortir de là. Le mot qu’on entretien tous, c’est espoir. Je l’entretien aussi. Parfois, des espoirs un peu farfelus, tel que rencontrer encore un grand amour, retrouver une bonne santé mentale rapidement, retrouver un bel environnement où vivre (je pense à mon ancien appart que j’ai quitté sur un coup de tête), avoir de nouveaux défis au travail, avoir de quoi entretenir ma tête qui ne cesse de tourner autour des mêmes préoccupations stupides, telles que penser à ma retraite sans le sous, la culpabilité de n’avoir pas mieux vécu ma vie.

C’est incroyable comme notre perception des choses se modifie par nos états d’âmes. La maladie mentale fait en sorte que tu gagnes le gros lot, et tu t’en fous. Ce qui me manque le plus, c’est la golden attitude, la touche magique qui fait des petits riens les plus beaux moments de la vie. Moi qui visais haut, je reste connecté sur le chant du cardinal le matin, mais je ne vibre pas. C’est ça aussi la maladie, ne pas vibré sur ce qui faisait notre bonheur avant. Je n’ai même pas branché mon système de son depuis mon déménagement, je me contente de la télé et de ses émissions de sport. Et de ses commerciaux incontournables.

Merci de me lire et de m’encourager comme je tente de le faire pour vous. Je viens de très loin lors de ma dernière phase. Tomber aussi bas demande du temps pour se relever. Et de l’énergie. Le temps, on ne le contrôle, et selon ma génétique, je crois que je vais vivre vieux. Alors je dois trouver la façon d’apprécier la vie qui en soit doit demeurer une belle aventure, mais plus périlleuse pour nous, les plus faibles et plus émotifs de l’esprit.

Merci
Hedwig
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par Hedwig »

Wow Mico, quel beau témoignage !

Et oui pas besoin de viser loin ni haut. Ton message est mon petit bonheur de maintenant.

Merci à toi
I AM TWO AND I GET ON WELL WITH BOTH MY SELVES
mico
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par mico »

C’est qu’on dirait que depuis que je suis revenu au travail, on ne me prend plus au sérieux. On ne peut pas dire que ça ne laisse pas de traces, ça en laisse. Je me suis comme fait « parquer » dans un coin et livrer à moi-même, comme une personne qui ne part de rien.

Je n’ai plus la même motivation qu’avant et je me demande si j’ai un avenir ici. Au fait, il est où mon avenir. Il me sert à quoi dans le contexte que je vis en ce moment. Ça fait 3 mois que j’ai fait ma crise et que je suis tombé, mais ça fait près d’un an que le doute en entré en moi. Le doute de tout. Et ça ne m’a pas empêché de me lancer dans une dépense folle que je regrette amèrement aujourd’hui.

Les weekends se présentent tout plus ennuyeux que les autres. La solitude ajoutée à la maladie. C’est fou comme on peut donner une impression parfois. Je sais ce qui m’attend ce weekend, alors je vais m’enfermer dans les toilettes et je braille un bon coup. Ça passe, mais ça ne règle rien. Comment vivez –vous votre quotidien, j’aimerais vous entendre la dessus.

Au moins une notre positive, Le Latuda prix le soir avec un ativan fait en sorte que je dors bien. Et dormir, c’est ma seule évasion pour le moment. Puis les vacances qui se présentent. C’est ça qui est triste, ne plus jouir de la vie comme avant.

Merci de me lire
isa456
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par isa456 »

As tu des choses à faire au travail ? Est ce que ce sont des tâches intéressantes ? Peut être est ce qu'ils t'en donnent moins car ils ne veulent pas te surmener ??

Moi j'appréhende beaucoup le retour au travail, ça faisait des mois que j'y étais pas bien avant mon arrêt. J'y trouve le temps long. je suis censée reprendre à la mi juillet.. C'est loin mais ça va arriver vite..

Je comprends pour la soltude, ici j'ai ma petite famille mais les vraies amies je les compte sur les doigts d'une main. Les fins de semaine se suivent et se ressemblent.

En passant le dernier album de Radiohead est très bon !
mico
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par mico »

Bonjour Isa,

C’est comme si je me sentais moins intelligent. Moins énergique. Mais il y a aussi une période d’inactivité intellectuelle qu’il ne faut pas négliger. Mon travail est administratif et demande de la concentration. Il y a des temps plus tranquille c’est certain, mais je crois surtout que mon manque d’activité y est pour beaucoup.

Et l’orgueil, ce sur quoi je dois le plus travailler. Ce sentiment de revenir au bas de l’échelle et de se sentir débutant. Je suis très anxieux au travail et là le weekend qui arrive, je n’ai rien qui m’intéresse particulièrement à y vivre, sauf comme toujours m’endormir dans le salon devant la télé. Je ne trouve pas le désir d’aménager mon appartement avec plus de convenance. Je me demande pourquoi je vis parfois. Quel vide ! Quel cristi de vide !

J’ai aussi compris lors de mon séjour à l’hôpital que beaucoup de gens consommes drogues et alcool pour passer à travers de leur maladie, au travers des temps plus difficiles. Je ne le conseille pas car je vois bien les ravages que cela peut apporter, mais je peux le comprendre. Moi, c’est mon ativan en soirée qui me fait oublier pour un instant seulement que ma vie est tellement moche que j’en pleure souvent.

C’est quoi cette maladie qui nous rend la vie grise. Je me souviens d’un fils vraiment déprimant, visionné il y a longtemps. Dans un monde où il pleuvait tout le temps. Puis je vois aussi cette pub à la télé, le monsieur qui prend sa retraite et qui va donner sa montre reçue en cadeau au prêteur sur gages pour avoir le cash requis pour vivre. Vous appelez ça vivre vous !

On dirait aussi qu’il y a beaucoup de colère chez moi, dirigée envers moi-même.
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