Ça va, ça vient...

(maniaco-dépression)
Cabotine
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Ça va, ça vient...

Message par Cabotine » 01 juil. 2016, 17:29

Bonjour à tous,

Tout d'abord, bienvenue à tous les nouveaux qui sont arrivés récemment et que je n'ai pas encore lu au complet et pour ceux qui me connaissent: coucou!

J'ai du plomb dans l'aile... Ça fait maintenant 4 mois que je prends de l'Épival pour mon trouble bipolaire et ça m'a bien aidé un ptit peu mais bon, je me sens bizarre quand même.

Comme un sentiment de vide à l'intérieur, que je comble en faisant toutes sortes de choses sans jamais arrêter parce que l'ennui me tue et le sentiment de vide me rattrape. Insupportable. Je me suis demandé pendant des semaines d'où me venait ce sentiment, à quoi ça faisait référence, pourquoi et, surtout, comment m'en débarrasser. Rien à faire.

Je me lève le matin et, pendant 10 minutes je me sens bien puis, boung, le sentiment revient et parfois très intense! Ça me donne envie de hurler.

Ça me rappelle ma toute première dépression, à 17 ans. J'avais ce sentiment de vide aussi qui ne me laissait que 10 secondes de répit en me levant le matin avant de popper up à la puissance 1000, me rappelant du même coup que ma vie était un enfer.

Sauf que je ne me sens pas déprimée, pas d'idées suicidaires, pas de pensées morbides, pas de dépréciation de soi, pas d'angoisse profonde, bref, rien de notable sauf ce sentiment de ''vide'' qui est si pénible que j'ai envie de me prendre la tête à 2 mains et de m'arracher les cheveux. Alors, pour éviter le sentiment qui ressemble à de l'ennui, j'enchaîne les activités mais sans grande conviction et mes hobbies habituels ne me tentent pas. J'ai tellement peur de tourner en rond parce que ça m'insupporte! Et je me fatigue vite. Pourtant, je n'ai jamais eu peur de l'ennui (au contraire).

Je me demande si les médocs font vraiment effet à leur plein potentiel? La dernière fois que j'ai vu mon médecin, on a jugé que mon trouble était léger et facile à stabiliser et que c'était tant mieux. Je n'ai pas pensé à lui parler du sentiment. Mais je l'ai avisé qu'une dépression allait inévitablement se pointer le nez.

Peut-être que, justement, c'est le cas et que la médication aide une partie des symptômes sans toutefois mâter le truc. Il me faudrait des antidépresseurs, n'importe quoi qui gèle, pour le moment je me suis rabattue sur le Rivotril, occasionnellement bien sûr, mais c'est pas très bon de le faire. Pour m'aider à débuter mes journées, j'ai coupé Risperdal en 2 et c'est déjà mieux.

Quand le doc est en vacances... on fait avec les moyens du bord. Je veux juste passer un bel été.
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Cabotine
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Re: Ça va, ça vient...

Message par Cabotine » 02 juil. 2016, 10:13

Bonjour,

Ce matin, je me sens carrément déprimée. Moi qui aime bien prendre soin de ma maison et qui est super active le matin, là maintenant j'ai envie de rien du tout. Sauf de café et de cigarettes.

J'ai un nouveau coloc, je dois faire des efforts pour que tout soit bien parfait à la maison, je ne voudrais pas qu'il parte à cause de moi. J'ai besoin d'une aide pour payer le loyer et mon copain aussi.

Comme j'ai envie de rien, même pas de facebook, je viens ici pour écrire. Ça me fait me sentir moins seule.. J'avais presque atteint la stabilité, je pouvais presque la savourer, mais là tout est remis en question.

Je sais bien que personne ne peut m'aider, que je dois gérer ça toute seule et que rien ne pourra enlever ce sentiment insupportable, que je dois attendre que ça passe.

Je ne fais plus trop la différence entre la normalité et la dépression. Là je suis en vacances, j'aurais aimé avoir un break de tout ça pour en profiter pleinement.

Ce sentiment de vide intérieur, est-ce que vous l'avez déjà ressenti? Est-ce qu'il vous donnait une très forte envie de... enfin, de vous supprimer? Je ne prends pas ces envies-là très au sérieux, elles sont fugaces et courtes dans le temps, mais très fortes sur le coup. Comme une envie de faire table rase pour arrêter tout ça.

J'ai aussi envie de partir très loin, encore, et de changer de vie mais j'en suis incapable parce que j'aime trop mon conjoint. Je ne veux pas lui faire ça.

Voilà les nouvelles du jour, je m'en retourne à mon ennui. Si vous saviez comment je tourne en rond à longueur de journée!
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isa456
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Re: Ça va, ça vient...

Message par isa456 » 02 juil. 2016, 10:32

Bonjour Cabotine,

Je me souviens de toi, ça fait un bout que je viens sur ce forum, j'avais un autre pseudo avant,

Oui, je connais ce sentiment de vide pour le ressentir aussi en ce moment. Le matin, quand j'ouvre les yeux, rien ne me motive à sortir du lit. J'aimerais dormir toute la journée.

Là c'est pire parce que je suis en congé maladie depuis le mois d'avril. j'ai tourné en rond pas mal ces dernières semaines.. Les enfants sont en congé d'école depuis le 23 juin, je vais passer beaucoup de temps avec eux car sur les 10 semaines de congé, ils n'ont que 2 semaines de camp de jour.

Peut être es tu en phase dépressive ? Ça fait longtemps que tu te sens comme ça ?

Cabotine
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Re: Ça va, ça vient...

Message par Cabotine » 02 juil. 2016, 13:54

Salut Isa,

C'est une bonne question. On dirait que je ne reconnaît plus les différents états par lesquels je passe... dépression, manie, mixte, spm, variations normales...

Mon psy est en vacances alors je ne peux que compter sur moi-même. Je crois que je suis en phase dépressive et je suis bien tannée.
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Nath2727
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Re: Ça va, ça vient...

Message par Nath2727 » 02 juil. 2016, 14:13

Salut Cabotine!

Ça fait longtemps qu'on ne t'a pas lu sur le forum! Je pensais que tu allais mieux... Mais ce sentiment de vide intérieur, je l'ai ressenti aussi, mais quand j'étais en dépression seulement. Je me souviens à quel point c'est pénible et je suis de tout coeur avec toi. Peut-être effectivement que tu es en phase dépressive et que tu le ressens moins grâce à l'Épival. Alors ce sentiment est le seul symptôme que tu as, la seule façon que ton cerveau a pour te dire qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.

Cabotine
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Re: Ça va, ça vient...

Message par Cabotine » 06 juil. 2016, 19:12

Bonjour,

Je suis partie en camping de 2 jours pour me ressourcer. Ça a fait du bien mais le mal a rapidement regagné du terrain et, au final, j'en suis à peu près au même point que je l'étais avant que je parte.

J'ai décidé sur un coup de tête d'aller dormir dans le bois, pourquoi pas. N'importe quoi plutôt que de rester assise à ressentir le vide et l'envie de m'enfuir à toutes jambes. Ça revient tellement régulièrement, cette envie de partir et d'aller refaire ma vie ailleurs, cette envie de ne plus bouger, de rester couchée pour l'éternité sous les arbres en attendant que ça passe. Il me prend des envies de m'automédicamenter avec de l'alcool et d'autres merdes, de me taillader et de rester seule.

Malheureusement (ou heureusement), mon copain est aussi en vacances et il est tout le temps à la maison. Je dois donc faire semblant un peu.. je ne peux pas me laisser aller, me laisser aller dans la douce mélancolie contre laquelle je n'ai même plus envie de me rebeller.

Comment je peux passer aussi vite d'une bonne humeur relative à des idéations suicidaires en aussi peu de temps? Qu'est-ce que vous voulez que je fasse d'une pareille vie?

Aujourd'hui, je me suis tenue occupée, histoire de ne pas trop réfléchir, mais je suis de très mauvaise humeur et mon pauvre chéri le sent. Je sens une agressivité envers lui, de par sa présence mais aussi parce que mon trouble est apparent. Sa présence m'empêche d'être moi-même. En même temps, il me voit telle quelle. C'est paradoxal mais, en somme, je me sens coincée dans une petite vie toute tracée dans laquelle je ne peux plus rien inventer. Cela importe peu, parce que je n'ai même plus envie d'inventer; seulement de me laisser glisser dans cet endroit gris et sale pour faire table rase. Et voir ce qui survit.
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minoushka
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Re: Ça va, ça vient...

Message par minoushka » 07 juil. 2016, 06:40

Bonjour Cabotine, ta question me parle beaucoup : comment on peut passer d'une humeur relativement bonne à des idées noirs, ça me laisse perplexe et vraiment découragée.... j'ai passé une bonne semaine et une super fin de semaine puis lundi matin angoissée, mardi matin angoissée, mercredi matin angoissée et en après-midi complètement déprimée a brailler sur mon divan, a fumer des cigarette à la chaîne et a penser en finir... envahis par les idées négatives... à quoi bon, malgré mes efforts, la médication, l'exercice, la méditation, le mal-être revient, l'anxiété m'envahis, mais surtout l'idée que je n'aurai jamais de vie normale et que je n'arriverai pas a retourner au travail car même si j'y retourne ça va encore revenir les crises de paniques et les idées noires. Je suis a boutte. j'ai juste le goût d'abandonner tout, de faire une demande d'aide social, de rester à la maison et de ne plus rien faire, d'arrêter de me battre, je n'ai plus de courage. je n'ai pas de diagnostique bipolaire mais je me demande vraiment si j'en ai un ?? mon medecin m'a parlé du lithium pour potentialiser mon ad (cipralex 10mg) car je ne tolère rien d'autre (paxil, zoloft, seroquel) je prends aussi du zyprexa et de l'indéral. j'ai un petit calendrier ou je note mes humeurs et les fluctuation sont aux 2-3 semaines environ depuis décembre. Je me sens bien, je fonctionne, puis la claque, anxiété intense pouvant aller jusqu'à le crise de panique revient et bien sur ces états me décourage donc je déprime.
j'ai commencé une psychothérapie, ma deuxième rencontre est mardi prochain mais je n'ai pas beaucoup d'espoir et à 90$ de l'heure je ne pourrai pas prolongé ça dans le temps. je me demande si ce n'est pas l'indéral qui m'amène dans cet état car dans les effets secondaire, il est question de dépression. Il est tôt et ma journée me semble déjà interminable, j'ai une pression dans la poitrine, pas d'appétit, une boule dans la gorge et la tête dans le désespoir total. je me sens tellement mal, c'est horrible. je ne sais pas quoi faire de ma peau, où me mettre. je vais aller marcher mon 2 km puis une douche. juste ça m'apparaît comme une montagne.

Hedwig
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Re: Ça va, ça vient...

Message par Hedwig » 07 juil. 2016, 07:42

Salut Cabotine et Minoush (c'est trop jolis vos pseudos)

Rien de plus ennuyeux que ces changements de phases rapides (état mixte parfois) et cette fichue sensation de vide à l'intérieur (qui n'en est pas une en fait) qui donne juste envie de s'arracher la tête pour continuer à vivre.

Cette sensation de vide est bel et bien une sensation. En réalité, notre cerveau est arrivé à saturation. Il n'est pas vide, il est plein comme un œuf et c'est pour ça qu'on a plus la force de rien, ni l'énergie. C'est comme si il nous mettait en mode veille pour ne pas imploser.

C'est plate pour nous mais c'est sa façon à lui de se protéger et de garder LES fonctions vitales en marche comme il peut. D'où l'anxiété, sensation d'étouffer, impossibilité de bouger, envie de rester en position fœtale sur son lit.

Tu as raison Cabotine de vouloir te laisser porter par ton état mais ce serait bien de le dire à ton compagnon parce qu'il ne peut pas comprendre ton agressivité. Elle même vient du fait que tu n'as pas verbalisé les choses avec lui. C'est pas à lui que tu en veux c'est à toi. Il est possible qu'en lui parlant tu te sentiras encore mal mais peut être moins mélancolique.

Nos phases sont indépendantes de notre volonté mais notre façon de les appréhender et de les vivre est important.

Il ne sert à rien de se battre contre son état parce que c'est un état légitime et que le corps en a besoin. La dépression est le seul moyen que le corps a de nous exprimer son desarroi. Quand ça m'arrive je pense à l'envers : "combien de temps mon corps a tenu sans se plaindre?" et ça aide de se mettre un peu à sa place.

Et très souvent il nous remercie de le comprendre en rendant la dépression moins mélancolique (plus d'idées noires juste une grande tristesse et parfois des larmes qui font du bien à l'âme ). Le fait de changer le Je suis pas bien, Je suis tanné, Je suis malade par MON CORPS est pas bien, MON CORPS est tanné, MON CORPS est malade permet de déculpabiliser et de se laisser de la latitude.

On se met moins de pression pour aller mieux et on laisse le temps à notre corps de se recharger. A nous ensuite de lui en donner les moyens. Chacun relaxe comme il peut. Il y a pleins d'idées sur le forum et puis il faut aussi tenir compte de soi. Moi il me faut parfois vedger une heure le matin avant mon déjeuner, c'est mon rythme (je suis enseignante, je demandais souvent à commencer plus tard dans mes vœux d'emplois de temps ) . Je sais que si je le fais pas la journée est mal enclenchée mais comme je sais pourquoi, j'appréhende autrement.

S'écouter c'est une des clés pour vivre au mieux notre maladie. Se forcer un peu parfois pour des choses qui nous apportent mais être aussi capable de dire non pour se poser (en réalité donner une chance à son corps de se poser). Notre erreur première en grandissant OUBLIER SON CORPS. Les psys disent souvent d'observer les bébés. L'idée c'est de se souvenir que nos besoins primaires sont les plus importants quand on a notre maladie. Dormir, bien manger et surtout laisser exprimer ses états d'âmes. Ça vous viens tu à l'esprit un bébé qui pleure pas ou qui rigole pas ?

N'oubliez pas cette phrase si juste

La dépression ce n'est pas être faible c'est être fatigué d'avoir été fort trop longtemps.

Les personnes bipolaires ou dépressives sont souvent de vrais soleils. C'est normal que des nuages nous permettent de pleurer aussi de temps en temps.
I AM TWO AND I GET ON WELL WITH BOTH MY SELVES

minoushka
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Re: Ça va, ça vient...

Message par minoushka » 07 juil. 2016, 08:24

Allo Hedwig
ta phrase fait beaucoup de sens pour moi.. La dépression ce n'est pas être faible c'est être fatigué d'avoir été fort trop longtemps.

je sens que je suis brûlée. je n'arrive plus a m'imaginer bien et fonctionnelle, c'est comme un mirage, quel que chose d'illusoire. Une chance qu'il y a ce forum pour m'aider, je m'accroche aux petites victoires des autres et aux nombreux partages. En prenant ma marche tantôt, je pensais a Nath2727 qui a toujours le bon mots pour souhaiter la bienvenue et soutenir les gens. Je me disais que la vie est possible même avec la maladie car elle y arrive et tous les autres aussi, jocarlie, gym isa sacha zigzag ect. et ça, ça m'aide, ça mets du soleil dans ma journée. Il est 9h15. j'ai déjà trop fumée de cigarettes mais j'ai fais ma marche. pris une douche. déjeuner sans appétit. je suis dure avec moi-même, ces petites choses me semble tellement insipides. Au menu pour la journée ?? peut-être un peu de tricot, de télé, les journaux. La peur de tourner en rond, ruminer, angoisser, être léthargique, pleurer.

Cabotine
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Re: Ça va, ça vient...

Message par Cabotine » 07 juil. 2016, 18:36

Bonjour à tous,

Aujourd'hui, je travaille avec l'orchestre. Il faut dire que j'ai connu pire comme conditions de travail: 50 musicien qui accompagne trois grands noms de la chanson québécoise, tout ça vu depuis les coulisses, ça remets les choses en place... mais encore.

Toujours cette envie de me laisser glisser dans la déprime.
Encore ce vide.

Vos réponses me font chaud au coeur.

J'ai l'impression d'avoir raté ma vie: je voulais écrire. Je branche des fils. J'ai laissé tomber la maîtrise en me disant que jamais j'allais gagner ma vie avec ça. Quel individu est assez fou pour allier paresse et écriture? Car je suis une grosse paresseuse qui reste muette devant une page blanche. Tout effort demandé est trop pour moi.

Mon copain est plus pragmatique: DEP, job de Shop, 8 à 5. Il m'encourage dans ce sens - là, me verrait bien en petite secrétaire juridique ou dentaire, petite vie bien rangée. Le choix est tentant mais que faire de mon talent resté inexploité?

Je sais manier la plume, j'ai l'oreille absolue, une intelligence bien au-dessus de la moyenne. Je fais quoi de tout ça? Je me suis dit que je n'étais pas obligée d'exploiter mes talents. Est-ce le bon choix?

S'Il y a une chose que je voudrais, c'est de retourner à l'école pour rédiger ce foutu mémoire, la porte est toute grande ouverte.

Mon chum n'aimera pas ce choix. Il voudrait tellement me voir au DEP!

Je ne suis pas bien dans ma vie présente mais encore me reste-t-il à faire la part des choses entre malaise et maladie.

Bien à vous,
cabotine
No human

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