Fatiguée de me battre

Dépression majeure - Dépression saisonnière - Dépression post-partum - Dysthymie
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Alfie2002
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Fatiguée de me battre

Message par Alfie2002 »

Par où commencer? J’ai vraiment besoin d'écrire .J’ai mal. Tellement mal que respirer est difficile. Cela fait des jours que ça dure. Malgré les médicaments, les consultations, même si je mets en pratique tout ce que j’ai déjà appris en thérapie. J’ai juste mal et ça enfle et m’envahit. Je suis fatiguée de me battre contre toutes ces épreuves qui s’accumulent au fil des ans. Quand on traverse trop d’épreuves, on finit par être seule et isolée. Je n’ai plus d’amis , ma famille me juge car elle ne connaît qu’une infime partie de ma vie, mon conjoint malgré ma détresse fait des commentaires blessants, m’incite à mettre fin à mes jours (arrête d’en parler et fait le) , mes enfants souffrent aussi chacun à leur manière et ça me rend folle. Je ne suis plus fonctionnelle.Tout est devenu une montagne. C’est ma 3ieme dépression. Je tourne en rond. Au final, quand on a une vie pourrie,après avoir toujours travaillé pour s’en construire une meilleure, ça sert à quoi de se battre pour de toute façon être en mode survie?
J’avais besoin d’écrire ce soir. Merci à vous qui aurez pris le temps de lire mon message.

skyhight43
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Re: Fatiguée de me battre

Message par skyhight43 »

Je te suggérerais de consulté ou de te rendre à l’hôpital tes proches ne savent plus comment agir ils sont maladroit n'embarque pas l’a dedans sa en vaut pas la peine.Appelle revivre, sos suicide rend toi à l'hopital se sont toute des pistes pour prendre soin de toi aller bonne chance
Le voyage est un retour vers l'essentiel.
Proverbe tibétain

JUNO1
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Re: Fatiguée de me battre

Message par JUNO1 »

Occupe toi de toi ,c est la priorité laisse faire les commentaire des autres et va consulter il n y pas honte aller consultera plusieurs reprise. Ne lâche pas.

Revivre
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Re: Fatiguée de me battre

Message par Revivre »

Bonjour Alfie2002,

À te lire, je comprends que la souffrance est très envahissante actuellement de par plusieurs aspects qui arrivent dans ta vie, il est normal que tout puisse te sembler immense à surmonter. Tu as bien fait de venir déposer ce que tu ressens sur le forum, toute personne dans vivant ce que tu vis aurait besoin d'un endroit sans jugement pour exister. Il semblerait que tu as été blessée par certaines forme de soutien dans ton entourage dernièrement, sache que les intervenant-es de Revivre sont là pour ouvrir la situation de façon personnalisée et neutre avec toi, que ce soit par courriel ou par téléphone. Parfois une nouvelle porte peut faire des changements différents.

Il est important que tu saches que tu n'es pas seule, Alfie2002, je communiquerai avec toi.

Christine
Intervenante
514-529-5642

vivi03
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Enregistré le : 26 mai 2018, 11:54

Re: Fatiguée de me battre

Message par vivi03 »

Bonjour,

Lorsque j'ai lu ton message, je pensais que c'était moi qui l'avais écrit tellement je vis la même chose.
Je sors d'une thérapie de 9 mois avec 2 psychologues et je me sens guère mieux. J'ai aussi fait d'autres thérapies avant
mais sans succès. On me répète sans cesse de m'occuper de moi. Mais quand on est à bout c'est difficile de s'occuper de soi.
J'ai 2 adolescents et moi aussi je les vois souffrir de mon mal être et ça me tue. Mon conjoint ne sait plus quoi me dire.
Je n'ai plus d'amies non plus et il me reste 2 membres de ma familles auxquels je ne parle plus.
Mes psychologues m'ont dit que j'avais eu plusieurs deuils dans ma vie et qu'il y en avait d'autres à venir
comme le départ de mes ados et que je devais me centrer sur moi. Je trouve ça facile à dire quand on va bien mais pas facile
à faire quand on est épuisé des coups difficiles que la vie nous cesse de nous envoyer.
Si je réponds à ton message ce n'est pas pour me plaindre mais pour te dire que tu n'es pas seule
dans cette situation et que je te comprends. Pour ma part, je pense que je n'ai d'autre choix que d'aller dans les rencontres
pour entendre des gens qui ont réussis à s'en sortir. Je te souhaite sincèrement bonne chance

Lil
Messages : 16
Enregistré le : 27 mai 2018, 12:48

Re: Fatiguée de me battre

Message par Lil »

Bonjour Alfie, Vivi et toutes les personnes qui ont répondu à cet appel au secours. ;)

Je suis dans le même état que vous toutes, à ceci près que je n'ai plus de famille ni de compagnon. Les encouragements par mon dernier compagnon à me jeter par le balcon sont donc derrière...
Le mot clé de cette situation est "épuisement". "fatiguée".


Je vais m'étaler un peu, non pas pour m'étaler mais parce que je crois que nous devons réfléchir d'une part, et sans doute prendre des décisions. Encore faut-il comprendre comment nous nous sommes retrouvées là... dans cet épuisement-là...

C'est aussi le mot que j'ai employé à ma dernière visite de psychiatre il y a quelques jours (j'avais perdu tout lien avec les psys inefficaces depuis 2 ans et j'allais mieux... jusqu'à cette récente rechute, il y a 2-3 mois.
Grosse grosse dépression suite à une "agression", puis une autre, puis une autre... Je nomme agression : des hurlements à mon encontre, toujours associés à des calomnies. Des gens qui se comportent comme de petits dictateurs d'immeubles, d'associations de loisirs, de tout et n'importe quoi. La démocratie semble n'avoir jamais mis les pieds dans la région, rien n'est jamais discuté et encore moins débattu, ni même informé. Les guerres de religion extrêmement meurtrières ont laissé des traces dans les comportements : les uns hurlent et calomnient, les autres rasent les murs et regardent le sol... Bref il y a une grosse violence latente, beaucoup de gens en sont malades... mais comme c'est "culturel" la plupart des gens d'ici ne se rendent compte de rien et semblent accepter cela comme si de rien. Pour moi c'est insupportable.

Je suis française, j'ai 58 ans, et on peut encore lire sur internet un de mes (rares) appels au secours sur des sites "psy" qui date de 2004. Cette année-là je rentrais d'un poste à l'étranger où j'avais subi une agression physique très violente dans le but de me racketter, l'affaire avait fini dans le bureau du commissaire de police avec mon avocat d'ambassade, personne n'a cru mes agresseurs mais j'ai quand-même dû payer une somme énorme. Cette agression avait énormément renforcé ma phobie sociale et depuis, je ne peux pas dire que je vais mieux, que quelques mois, puis ça repart...
Depuis, il y a eu d'autres postes à l'étranger et d'autres agressions, bien pires, tellement pires que j''ai passé deux fois 17 mois allongée chez moi à ne pouvoir rien faire. Puis j'ai dû arrêter définitivement de travailler, presque sans protection.

Mes troubles paniques ont commencé quand j'étais adolescente, là aussi je pourrais faire une liste d'agressions depuis ma naissance, les plus importantes étant les tortures paternelles qui me suspendait du 7e étage en me menaçant de me lâcher si je n'arrêtais pas de pleurer, juste après m'avoir fouettée avec sa ceinture parce que je refusais de manger de la viande. Les tortures en voiture aussi, lorsqu'il s'amusait à faire peur à ma mère en créant une 3e file sur les petites routes de montagne, au milieu, ou qu'il loupait un virage et qu'on se retrouvait une roue dans le vide. Un accident a provoqué un jour la mort de quelqu'un en face... Il m'a obligée à tenir le volant sur ses genoux un jour, j'avais 13 ans et il s'est mis à foncer, foncer tout droit... J'ai évidemment cru que nous allions mourir. Un jour je l'ai surpris dans la chambre de ma soeur, elle était nue sur son lit... Un autre jour il est arrivé dans ma chambre et s'est jeté sur moi, je n'ai pas compris sur le moment je me suis juste défendue car il essayait de m'enlever la culotte tout en plantant sa langue dans ma bouche... J'ai réussi à me sortir de cette situation, il m'a laissée filer mais vexé il ne m'a pas laissé sortir de la chambre et m'a punie en ordonnant que je me déshabille, puis il m'a promenée nue main dans sa main dans toute la maison, chaque pièce, et le jardin, sur lequel les voisins avaient vue. Cette torture psychologique m'a détruite.

Il y a eu beaucoup d'autres agressions pendant mon enfance et mon adolescence.
De la part de mon grand frère aussi, qui se sentait "autorisé", sans doute.
Et de la part de ma mère, qui ne disait rien, n'empêchait rien, ne commentait jamais, et ne punissait jamais mon frère pour ce qu'il me faisait.
J'ai fugué plusieurs fois, personne ne s'est jamais donné la peine de me demander pourquoi je fuguais. Les profs, mes grands parents, mes parents : personne.
A la place de cela ma mère m'a fichue à la porte à 17 ans, juste après le bac, elle était enfin partie avec ses enfants et avait rencontré un autre homme, sans nous en parler. Le monsieur a dit que "3 enfants c'était trop", elle m'a fichue à la porte en expliquant à toute la famille que j'étais une droguée, que je fréquentais des drogués et que j'étais partie avec ma copine droguée. A l'école j'étais du genre 1ère de la classe, je n'ai jamais touché à aucune drogue ça m'a toujours fait peur. En revanche ma mère dépressive prenait du valium et m'en donnait à 8 ans car mes cauchemars l'empêchaient de dormir.
Personne dans ma famille n'a mis les mensonges de ma mère en doute : elle était une femme "si bien"... Une prof de maths discrète, fermée...

J'ai beaucoup réfléchi depuis à cette "complicité" familiale : quand tout un groupe sacrifie tout bonnement ... le MEILLEUR d'entre eux. J'entends par "meilleur" : mignonne petite blondinette qui fait l'admiration de tous, zéro problème à l'école, au contraire plutôt meilleure de la classe, bien gentille, la seule à aider sa mère quand elle crise dans sa cuisine le soir, à lui faire des cadeaux quand je la surprends en train de pleurer dans sa chambre, la seule à rire autant que possible, à rendre cette maison la plus agréable possible, à décorer un peu, à mettre des plantes vertes, à y apporter des chats, la seule à inviter des copines bien mignonnes à la maison, à les aider à faire leurs devoirs, un peu de gaieté, des passions, des talents comme la peinture...
Pour comprendre il faut réfléchir et pour cela il faut tout mettre sur la table.

Le meilleur mais aussi le plus battu, le plus torturé, le plus détruit depuis la naissance. Pourquoi ?
Il y a bien-sûr l'histoire de chacun des parents, le besoin de mon père de se venger des filles, d'en détruire une (à défaut de pouvoir détruire ma mère que les lois ont fini par autoriser à divorcer). C'est lui qui a décidé de m'abandonner chez ses parents presque dès ma naissance (ce qui n'était pas le cas du grand frère). Pour moi : premières nuits de cauchemars, premiers hurlements nocturnes chez mes grands parents (qui étaient adorables avec moi).
Du côté de ma mère c'était plus mystérieux jusqu'à ce que je sache que son nouveau compagnon trouvait que... "3 enfants c'était trop". Ma mère avait une peur panique de vieillir et de mourir. Elle ne voulait pas être seule. Son mec voulait voyager avec elle, or elle finançait les études de médecine du grand frère et mon inscription à l'université allait l'empêcher de partir en voyage aussi souvent qu'il le souhaitait. Quant à sa mère, c'était pareil : elle n'accordait de valeur qu'à son fils ainé. Son père lui avait interdit de faire des études, elle les avait donc faites en cachette et avec l'aide de l'état.

Toute la suite de ma vie est une lutte à mort pour la survie. Maman très tôt, à 19 ans, mère célibataire, compagnons successifs tous aussi fragiles les uns que les autres. Des études financées par moi-même, longues. Des postes à l'étranger car en France, impossible de trouver quelque chose. A chaque séparation une dépression lourde, tentative de suicide. Phobie de l'abandon maternel revécu à chaque séparation. Zéro diagnostique. Hopital psychiatrique : toujours zéro diagnostique. C'est une émission de radio qui me permet de comprendre à 25 ans que je suis maniaco-dépressive mais je n'en parle pas aux médecins, ils ne supportent pas qu'on leur dise quoi que ce soit, il faut seulement obéir. Le seul fait de signaler des effets secondaires très graves suscite l'agressivité des psychiatres qui refusent de croire ce que je leur dis (accident de voiture après un malaise, chute d'une échelle après un malaise, réveil nocturne sur mon toit sous la pluie, réveil nocturne nue dans un champ près de chez moi, sommeil impossible à surmonter, voire envie de suicide pire qu'avant le traitement...)

Jusqu'à un psychiatre qui m'écoute et prend des notes. Les traitements médicaux n'améliorent rien, mais au moins il m'écoute et même, prend des notes ! Je le sens plus humain, beaucoup plus humain que les précédents, et beaucoup plus cultivé aussi. Sensible à l'art, intéressé par le lien art/folie. Cela me met en confiance. Il connait tout le monde dans le département, forme les autres médecins sur la bipolarité... Bref, je me sens en confiance. Cela dure 5 ans et je dois déménager : il me conseille un de ses ex-étudiants dans ma nouvelle région.
L'ex-étudiant n'a rien à voir : il s'en fiche. De tout. Il le dit. Il parle de lui, de son chien, et je me rends compte que cela me fait du bien aussi, d'entendre parler des autres, de leurs problèmes. Je suis moins seule. Il donne quelques conseils utiles pour la vie de tous les jours.

Personne ne m'a jamais donné aucun conseil, j'ai tout découvert par moi-même, que ce soit à l'école, ou dans la vie. Ce qui veut dire que je suis passée à côté de beaucoup de choses. Je suis d'une génération d'enfants à qui on demandait de faire des choses, faire des devoirs, ranger sa chambre, se lever à telle heure et se taire. Je n'ai jamais eu aucun conseil, pas même de ma mère professeure pour mon inscription en fac. Elle ne s'est pas donné cette peine car elle ne voulait pas payer mes études. J'ai donc mis un an à comprendre comment on faisait pour s'inscrire à l'université. (il n'y avait pas internet à l'époque et je n'osais même pas demander aux copines, à l'époque entre copines on ne se donnait pas non plus des conseils, chacun vivait sa vie).

Même chose pour élever ma fille. Le père a disparu. Personne ne m'a jamais donné aucun conseil là non plus, il a fallu que j'arrête d'allaiter en urgence à 3 semaines car personne ne m'avait montré comment il fallait faire et que ce n'est pas aussi "naturel" que nous le croyons. Chez les humains TOUT, absolument tout est culturel : tout s'apprend, même si on croit que c'est naturel, ça ne l'est jamais. Il faut avoir vu un modèle, on nous apprend aussi à embrasser (les images, les films, les parents...) à faire l'amour (les films, internet...) Et bien, idem pour l'allaitement : si on ne nous montre pas un jour, on ne peut pas savoir.

Maintenant je suis épuisée. J'ai 58 ans et j'ai dû tout apprendre par moi-même, y compris dans les études car les profs sont souvent médiocres. J'ai donc tout appris dans les livres. Mon métier, même chose. J'ai tout appris "sur le tas", par la pratique.
J'ai fait beaucoup d'erreurs, évidemment. Et ces erreurs ont souvent des conséquences graves. Trop seule, trop malade, trop agressée, trop de responsabilités, trop de changements et donc d'adaptations, trop d'efforts...


Une des dernières grosses erreurs c'était le mauvais choix d'un compagnon avec lequel je suis restée 7 ans. Un sadique, un type qui trompe son monde en paraissant très maitre de lui, calme, sous controle. (Comme ma mère). En réalité, un type destructeur avec ses propres problèmes. Besoin de se venger de ses échecs sur une femme française. (Comme mon père). Il me poussait au suicide gentiment : "Tu sais que tu as un balcon..." Sept ans de malheur.
J'ai réussi à le quitter un beau matin sans rien comprendre, sans aucun effort, juste en disant que je reconnaissais avoir fait une erreur en le choisissant, en allant le chercher même... C'était MON erreur. Je disais enfin "je". Voilà, c'est tout.
Et il est parti et je ne suis jamais sentie aussi bien de ma vie. Incroyable. Pendant des mois.
Jusqu'à l'agression suivante...
Qui est venue de ma fille. J'ai découvert une fille que je ne connaissais pas du tout, qui mentait à tout le monde, qui me manipulait de la pire des façons. (Comme ma mère). Dépression.
Puis de son père qui est réapparu après 31 ans de disparition, mort. C'est moi et notre fille qui nous sommes occupées de la cérémonie. Dépression.
Il y a 6 ans j'ai acheté un appartement sur le conseil de mon psychiatre qui me disait de me stabiliser. Il avait raison, j'en avais besoin. J'ai fait des travaux pendant 3 ans, cela m'a fait du bien. Mais j'ai très vite été agressée par mon nouvel environnement, les gens sont extrêmement toxiques, je ne m'en serais pas doutée. La région est magnifique, l'immeuble donne sur un joli parc, nous avons tout pour être tranquilles mais non, il y a des gens toxiques dont le but dans la vie est de détruire les autres. (Comme mon père). Voilà une autre de mes erreurs : ne pas me méfier, ne pas voir le mal possible... (Comme chez ma mère). Manquer de prudence. Il est trop tard maintenant.

Le seul fait d'écrire ces quelques lignes me permet de comprendre que ce qui m'a rendue si malade, jusqu'à me bloquer chez moi complètement, c'était la sempiternelle répétition des agressions subies dans l'enfance : l'abandon maternel, la négation dont j'ai été l'objet de sa part. Je n'étais qu'un "numéro 2", un truc administratif utile, et curieusement le numéro de trop sur les trois. Question de timing. Le bac à ce moment-là.
Les agressions paternelles : un droit de vie et de mort sur moi perpétuellement rappelé.
Je revis ces agressions maternelles en me remettant sempiternellement en position de me faire "exclure" par des gens que je crois être forcément sympathiques et bienveillants avec moi car je suis sympathique et bienveillante avec eux. Erreur.
Je revis ces agressions paternelles en m'égarant sans cesse sur des territoires controlés par de dangereux prédateurs sans être un prédateur moi-même, donc sans la force nécessaire pour un combat égal. Erreur là encore.

En janvier j'ai essayé une physiologue. Miracle : au bout d'une heure je me suis sentie hyper bien et sur un nuage pendant 2 jours. Je me suis demandée ce qui pouvait produire un tel effet avec un jeu de cartes, des questions, des phrases... Réponse c'est sans doute l'attention, les marques d'attention réelle que sont les cartes, les questions, les phrases, les gestes et le contact physique ensuite. C'est tout bête (mais cela ne dure pas, hélas).
Puis on m'a conseillé l'EMDR pour les phobies (j'ai une cascade de phobies). Je suis donc allée voir un psychiatre qui pratique l'emdr mais il ne veut pas faire de l'emdr pour moi. Il me l'a dit un peu brusquement. "D'abord la base : la bipolarité", puis "on verra si j'ai eu un traumatisme dans mon enfance"... J'ai souri intérieurement... "UN traumatisme"... :lol:

Mon nouveau psychiatre m'a donné le traitement classique pour la bipolarité. Lithium. Assorti de zyprexa pour la dépression (j'ai peur de le prendre, j'ai déjà essayé et cela ne m'a guère réussi). Et d'une injonction de "suer 3 fois 1/2h par semaine".
Imaginons un homme impuissant qui dirait au médecin : je viens vous voir car je suis impuissant. Peut-on imaginer que le médecin lui réponde : "Vous allez prendre tel médicament. Faites l'amour 3 fois par semaine et RV dans un mois."

Ce qui fatigue aussi, c'est cela : le sentiment de parler dans le vide. Parler une langue que l'autre ne comprend pas. Ou d'être prise pour une conne. Une consommatrice de médicaments. Un rouage dans l'industrie pharmaceutique qui finance tellement bien les partis politiques de mon pays, en échange de remboursements sécu qui garantissent que la machine continue de marcher...
J'explique que je suis IMPUISSANTE et il veut que je fasse des trucs que je ne suis justement plus capable de faire épisodiquement... DEPUIS 18 ANS ! Et c'est justement pour cela que je le consulte. :shock: :? :roll:


Voilà. Evidemment tout ceci est très brouillon, évidemment en réalité il me faudrait des années pour tout raconter, mais le principal est ici. Au-delà du sentiment d'épuisement : quoi. Il faut comprendre c'est important. Ne pas avoir honte de ce que nous avons vécu. Ne pas avoir honte de nos erreurs. Si nous en sommes là c'est que nous en avons fait, des erreurs. ;-)
Et il s'agit de NE PLUS les faire à l'avenir. C'est possible.

Je serai ravie de lire vos histoires et vos réflexions à mon tour... ;)
Bonne soirée.
Lil

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