Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Dépression majeure - Dépression saisonnière - Dépression post-partum - Dysthymie
vegan.mel
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par vegan.mel »

Ma chère amie,
je viens tout juste de voir toute cette conversation. Je ne peux imaginer la souffrance constante que tu vis. Tu as comme tu peux voir, beaucoup de personne qui sont présent pour t'écouter.

je crois que autant que le forum peut être bien et l'écriture aussi, autant que ca peut nous enfoncer dans un pattern d'auto-destruction. Surtout avec une aussi belle plume.

je pourrais t'écrire un long chapitre, mais je vais te donner 2 choix.
Tu peux prendre la décision de vivre ta souffrance et continuer de voir si tu peux tomber encore plus profondement, ou decider de survivre, de te battre avec toute la force que tu as, parce que oui tu es forte. Tu es remplis de ressources et de pouvoir en toi de creer un changement. Et je sais quen ce moment cest dure de voir une raison pourquoi tu ferais un changement, mais je te dirais : fais le pour te prouver a toi meme quetu as de quoi dans le ventre.

tu viens nous ecrire, cest pour une raison, je vois une femme qui veut remontwr la pente .

continues et fonce :)
floralie
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Merci à tous ceux qui ont pris le temps de me lire et de me répondre. Je sais comment cela peut s'avérer décourageant de tenter de remonter quelqu'un qui n'a plus la force de s'extirper du fond de l'eau trouble et qui est toujours aussi désespérante (et désespérée) malgré le temps qui passe. Votre soutien m'est important malgré tout et me fait chaud au coeur.

Isa: merci de tes encouragements et de ton empathie.

Seulement moi: Tant mieux si tu as toujours gardé un petit espoir, même minuscule, de te sentir mieux un jour. C'était également mon cas à ton âge mais le temps et l'amertume ont eu raison de moi et tous mes espoirs en ce qui me concerne se sont envolés. Je suis également jalouse du bonheur des autres mais ce n'est certainement pas cette jalousie qui me gardera en vie, au contraire.

Iphigeny: Tu as une très belle plume également !


Ouena: merci pour ton écoute.


Vegan Mel: Je ne veux plus me battre, je me sens vidée de toute énergie et il n'y a rien pour me raccrocher à la vie. Pourquoi je continuerais de me battre ? Rien ni personne n'a besoin de moi; je suis seule depuis des lustres, je n'ai plus de rêves, d'intérêts ni d'avenir. Ma vie n'est que souffrance; la joie est une émotion que je n'ai pas ressentie depuis si longtemps qu'elle me semble être une totale inconnue. Certes, je voudrais remonter la pente mais je n'en ai ni les ressources ni la force.
IPHIGENY
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par IPHIGENY »

:|
Modifié en dernier par IPHIGENY le 21 avr. 2018, 23:14, modifié 1 fois.
J'ai soudain le sentiment étrange d'être en harmonie avec moi-même, tout est parfait en cet instant, la douceur de la lumière, ce petit parfum dans l'air, la rumeur tranquille de la ville. J'inspire profondément car la vie me parait alors si simple.
Ouena
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Ouena »

Très beau poème Iphygénie, voilà se nourrir de poésie peut être une façon d'adoucir notre vie. Vegan parle de la notion de choix et je trouve cela intéressant, c'est très dure quand on marche dans la noirceur de voir le positif mais il faut faire cet effort c'est notre survie qui en dépend. Si tu venais nous dire ce qu'il y a eu de positif dans ta journée aujourd'hui Floralie?
vegan.mel
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par vegan.mel »

As-tu remarqué a quel point tu écris fantastiquement bien ?
Je ne te connais pas, je pourrais tout simplement partir et continuer ma vie. Mais ce que tu écris me prends du cœur. Tu es capable d'écrire ce que plusieurs personnes vivent. Si justement tu ne te rattaches plus à rien, mais que tu es encore capable d'écrire, alors attache toi a cela. Tu peux avoir un projet, d'écrire tout ce qui te passe dans la tête. Je peux te confirmer que plusieurs te liraient. Je ne suis pas la pour me battre, ou te prendre par la main pour te dire que ca va aller. Je te dis que de la vision extérieur que j'ai, je vois quelqu'un qui a un talent incroyable a mettre en mots comment plusieurs personnes vivent en silence.

Ouena: C'est exactement ce que je veux dire. Tu décides de ce que tu veux faire et de comment tu veux gérer ta vie. De rester en vie, mais rester dans cette dépression constante, on ne vit pas. On est mort de l'intérieur. Je suis d'accord, as-tu vécu une réussite aujourdhui? Ca peut etre aussi simple que de setre levée! :)
floralie
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Merci de vous soucier de mon sort... Depuis déjà longtemps, j'ai cessé d'espérer car mes espoirs étaient inévitablement déchus et que j'éprouve beaucoup de difficulté à composer avec les déceptions. Au fond de moi, j'aimerais pouvoir encore espérer mais je ne sens ni ne constate rien de tangible qui me permette de croire que je puisse encore espérer dans ma situation. Je sens que toutes les portes se sont refermées pour moi et que je n'ai pas accès aux clés permettant de les ouvrir. Mes malaises physiques m'empoisonnent littéralement la vie et la médecine n'y peut absolument rien (et ne s'y intéresse pas non plus). Ils entretiennent mon anxiété et ma dépression car je me sens toujours épuisée et mon cerveau est souvent tout embrumé. J'ai beau tenter du mieux que je peux de décrocher de ces malaises, rien n'y fait car ils sont toujours aussi présents et qu'ils limitent mes activités donc les occasions de tenter de briser ma solitude qui me fait souffrir depuis tant d'années.

Je déteste profondément qui je suis et je comprends tout à fait que la plupart des gens me fuient. Il me semble que je n'ai absolument rien de positif à apporter aux autres, ma part d'ombre est si grande qu'elle prend absolument toute la place au point où l'on ne perçoit plus ne serait-ce qu'un mince faisceau de lumière. Telle est la réalité, je suis une personne dépressive de façon chronique, pessimiste, rigide et bourrée de mécanismes de défense qui repoussent les autres pour me protéger moi-même des blessures et du rejet que je redoute tant. Je ne hais pour ne pas posséder la résilience nécessaire pour affronter les vents et marées de la vie et pour ne pas être en mesure de trouver des solutions à mes problèmes. Je suis un être en stagnation qui a cessé d'évoluer, mon coeur a déjà cessé de battre même si je respire encore. Nous avons la possibilité de faire certains choix dans la vie et ce, jusqu'à un certain point... À un moment donné, je crois que la dépression devient si forte et accablante qu'elle nous enlève absolument tout. Personnellement, je ne sens pas que j'ai de contrôle sur ma vie. J'aimerais arriver à avoir une autre perception des événements et de la réalité mais je demeure convaincue que ma perception négative est bien le reflet de ma réalité. Je ne parviens pas à me convaincre du contraire car il s'agirait, selon moi, de me bercer d'illusions simplement pour me rassurer.

Si j'ai vécu une réussite aujourd'hui ? Tout ce qui me vient à l'esprit, c'est d'avoir été capable encore une fois de me traîner au travail pour faire ma journée malgré mon état. La dépression a cela de bon que je ne suis plus aussi exigeante qu'auparavant envers moi-même au travail. Je n'essaie plus d'être la plus performante pour me valoriser, je sais que je n'en ai plus la capacité. De plus, la performance au travail est devenue tellement superficielle pour moi...

J'ai toujours aimé écrire depuis que je suis enfant; j'avais peut-être un certain talent mais je ne l'ai jamais exploité. Trop rapidement, la dépression m'a submergée et a éteint tout rêve et projet en moi. Cela fait 19 ans que je carbure aux antidépresseurs alors ça peut vous donner une idée; il s'agit de la moitié de ma vie dans les abîmes de la dépression chronique et cela s'est bien accentué avec le temps et les désillusions.
Ouena
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Ouena »

C'est vrai que tu écris vraiment bien Floralie, je ne sais pas si ça te fais du bien de ventiler ou si tu spin dans ta tête, si tu tournais ton regard vers autre chose que le noir? Si tu arrêtais d'y penser un peu que ça va mal? La pensée peut être domptée d'une certaine façon et les perceptions peuvent changer quoi que tu crois. C'est à ça que sert la méditation. Tu nous parle beaucoup dans l'abstrait. Mais au quotidien que fais tu pour te faire du bien? C'est correct de baisser tes attentes, c'est correct de ne plus avoir d'illusions. Enfin, je reviens à la méditation et toutes ces conneries sur le moment présent etc... si il y a tant de gens qui y adhèrent, je me demande si c'est pas parce que ça marche un peu? Apprécier les petites choses, c'est cliché mais ça aide. En passant bravo de te lever tous les matins pour aller travailler! Dans l'état où tu es c'est tout un exploit et je comprends l'effort surhumain que ça doit te demander. Voilà la preuve que toutes tes forces ne sont pas complètement éteintes. Je t'envoie plein d'énergie et de pensées positives.
floralie
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Ouena, merci de m'encourager et de me donner des pistes de réflexions. J'aimerais bien pouvoir diriger mes pensées où je le veux, c'est-à-dire de les éloigner parfois de mes tourments et du monde sombre dans lequel je suis immergée. Or, ces pensées noires s'imposent à moi et défilent sans que je recherche nécessairement leur présence. Et plus on a tendance à vouloir chasser des pensées, plus elles ont tendance à revenir... Oui, tu as raison, avec la méditation, il ne s'agit pas nécessairement de chasser nos pensées mais de se centrer sur le moment présent. Tu me demandes ce que j'ai déjà essayé pour me sentir mieux... J'ai essayé la méditation, la cohérence cardiaque, les groupes de soutien, des ateliers de Revivre et d'autres organismes,le yoga, etc. Avant d'être enlisée aussi profondément dans la dépression, j'avais certains intérêts (notamment aller marcher dans la nature, observer et écouter les oiseaux) mais plus rien ne me tente maintenant. Au quotidien, déjà je fais un effort pour me lever à chaque matin (même les jours de congé) et pour ne pas me recoucher par la suite, je continue de travailler malgré mon état, j'essaie d'aller prendre des marches quand je suis en congé, je me force à jardiner même si cela ne me tente pas, je fais des efforts pour voir quelques connaissances quand elles sont disponibles et je réfléchis beaucoup (trop) sur moi-même. Je suis même allée dans certains groupes "Meetup" cet été quand je me sentais assez bien pour tenter de rencontrer des gens et de tisser des liens mais cela ne donne jamais de résultat en raison de mes piètres habiletés sociales et de mon état dépressif qui repousse les gens.
Ouena
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Ouena »

Bonjour Floralie, je suis contente de ne pas t'avoir vexée, je pensais y avoir été un peu raide. tu semble avoir essayé beaucoup de choses et je t'admire pour ça, mais ta douleur est tellement grande que tu ne vois aucun effet, surtout que la petite fille en toi doit s'attendre à un soulagement rapide. Moi j'ai le goût de te dire persiste dans l'un ou l'autre. Exemple la méditation, on s'efforce de regarder nos pensées passer comme des nuages et de ce concentrer sur notre respiration. Ou la méditation de pleine conscience t'amène à concentrer ton attention sur toute sensations, ça te sort de ta tête un peu, il y a beaucoup d'information sur le sujet sur le net et il y a aussi des groupes à Montréal. Avec la pratique les pensées s'estompent un peu ou s'assouplissent et tu as un peu plus de contrôle dessus. Moi parfois, je me concentre sur mes pieds, c'est à dire le plus loin possible de ma tête ;) Persiste même si tu ne vois pas de résultat, les bienfaits vont se faire à long terme. Il n'y a pas une solution unique, tout ce que tu as essayé c'est bon et il faut continuer même si tu ne vois pas de résultat. Je te trouve bien bonne de jardiner et tu fais bien de le faire même si ça te tente pas, l'exercice aussi c'est super bon comme tu le sais. Lâche pas Floralie et arrête de te juger toi et ta vie si sévèrement! ;) Donnes des nouvelles!
floralie
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Je suis en "vacances" cette semaine car mon employeur nous oblige à les prendre... Je sais que la plupart des gens ne me comprennent guère mais les vacances ne font qu'empirer mon état dépressif. Au moins, lorsque je suis au travail, je n'ai pas le choix de me centrer sur les tâches à accomplir et à décrocher temporairement de mes idées sombres. Je sais bien que cela demeure une fuite de ma réalité qui me rattrape inévitablement lorsque je rentre chez moi le soir. Ainsi, quand je suis seule à la maison, les pensées noires ont le champs libre pour m'envahir constamment. Bien évidemment, je me force à me lever le matin et à résister à la tentation de ne pas me recoucher durant la journée. Je m'efforce également de sortir de chez moi à tous les jours même si c'est simplement pour aller prendre une marche. Toutefois, ce n'est guère suffisant car je suis littéralement plongée et submergée par la noirceur. Je suis envahie d'une grande haine vers moi-même, qui ne suis qu'un être profondément négatif, pessimiste et amer. J'aimerais être quelqu'un d'autre mais je n'y parviens pas, c'est peine perdue. J'ai honte d'être la personne que je suis devenue. Je ne peux m'empêcher de penser à ma mort que je souhaite prochaine, à mes funérailles auxquelles seulement 3 personnes assisteront (mes parents et ma tante, s'ils sont en mesure de s'y rendre et d'en organiser car ils sont âgés), à la façon de procéder pour finir mes jours sans souffrance en toute dignité. L'idée de la mort est devenue une obsession qui ne me laisse point de répit; j'y pense constamment. L'espoir d'une vie meilleure ou d'un soulagement de ma souffrance m'a abandonné totalement. J'ai beau prendre de la médication et suivre une thérapie, je ne réponds absolument à rien. Je suis anéantie, brisée, irrécupérable et je ne parviens plus à supporter toute cette marée de souffrance dans laquelle je me noie. Je ne parviens plus à remonter à la surface, je ne fais que m'enfoncer toujours plus profondément dans les abîmes.
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