Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Dépression majeure - Dépression saisonnière - Dépression post-partum - Dysthymie
Répondre
floralie
Messages : 549
Enregistré le : 17 oct. 2011, 19:44

Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Ça ne s'améliore pas pour moi, hélas... Comment pourrait-il en être autrement, de toute façon ? Je devais retourner au travail la semaine prochaine mais je m'en sens totalement incapable, mon hypoglycémie étant toujours aussi présente et l'anxiété, pire que jamais. Alors, mon md a accepté de prolonger mon arrêt de travail pour 2 autres semaines après quoi je n'aurai pas le choix d'y retourner même si j'ai toujours autant de symptômes. Cela fait longtemps que je ne crois plus aux miracles (en fait, je n'y ai jamais cru) alors je ne vois pas comment d'ici deux semaines, mon état pourrait soudainement s'améliorer. De toute façon, rien ne s'améliore jamais pour moi, tout est toujours de plus en plus sombre. Pas surprenant que je ne parvienne pas à voir aucune lumière au bout du tunnel puisqu'il n'y a que de l'obscurité.

Je me sens comme une moins que rien, incapable même d'aller travailler alors que c'est la seule activité que j'arrivais à faire de façon adéquate dans ma vie. C'était mon seul ancrage et il m'a été retiré. Bien sûr, je suis supposée y retourner dans 2 semaines mais je ne vois aucunement comment je vais pouvoir être fonctionnelle, que ce soit dans 2 semaines ou dans 2 ans. Je suis complètement brisée, épuisée, vidée de toute lueur d'espoir et de vie. Je ne suis qu'une morte-vivante.

Je sais que je suis déprimante et que vous devez être tous bien lasses de lire mes litanies. Je n'ai plus la force de prétendre que ça va bien lorsque c'est tout le contraire. Au risque encore d'être rejetée puisque rares sont les personnes qui recherchent la compagnie d'un être aussi dépourvu d'une once d'espoir et de positivisme.
Nath2727
Messages : 3439
Enregistré le : 12 juin 2015, 14:52
Localisation : Québec

Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Nath2727 »

Salut Floralie,

tes mots sont bien sombres et il n'y a pas beaucoup de place pour l'espoir dans ta vie.
Le retour au travail te stresse à cause de ton hypo ou de ton état psychologique?
Pour ce qui est de ton hypoglycémie, tu n'es pas au bout de tes ressources.
Demande à ton médecin une consultation en endocrinologie, ils sont spécialistes de ce genre de problème.

Pour ce qui est de ton état mental, je ne me rappelle plus si tu as dis que tu avais un traitement en ce moment...
Mais il y a toujours un espoir d'aller mieux, il y a des tas de molécules qui peuvent t'aider, des tas de combinaisons.
Tu ne dois pas te laisser aller à ton penchant pessimiste, tu dois le combattre de toutes tes forces, celles qui te restent.

Fais donc l'exercice suivant: tous les jours je dis bien TOUS les jours, fais l'effort de trouver au moins un point positif dans ta journée.
Au début ce sera difficile, tu auras l'impression de te mentir, de jouer un rôle.
Puis ça va tranquillement s'installer dans ton esprit et ça va finir par être une habitude.
C'est petit à petit qu'on transforme ses pensées.
Aujourd'hui, le point positif pourrait être: j'ai deux semaines de plus d'arrêt de travail que je vais mettre à profit pour me reposer et essayer de trouver des solutions à mon problème.

Qu'en penses-tu?
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
Ouena
Messages : 2123
Enregistré le : 23 juin 2014, 10:12

Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Ouena »

Floralie, je ne suis pas lasse de te lire. Le forum est fait pour ça. Donnes nous des nouvelles, nous sommes là pour ça.
floralie
Messages : 549
Enregistré le : 17 oct. 2011, 19:44

Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Nath: J'ai consulté un endocrinologue et il ne peut rien faire de plus pour moi. D'avoir les résultats des prises de sang et de savoir que je fais vraiment de l'hypoglycémie a d'ailleurs fait augmenter mon anxiété de façon exponentielle et, par conséquent, mes hypoglycémies se sont aggravées depuis ce temps. Autrement dit, je me portais mieux avant de rencontrer l'endocrinologue. La médecine ne s'intéresse pas à l'hypoglycémie qui n'est même pas considérée comme une maladie sauf quand il y a une cause organique comme une tumeur rare. Pour savoir s'il s'agit d'une tumeur rare, il faut passer un test de jeûne de 3 jours à l'hôpital, auquel je refuse catégoriquement de me soumettre car cela me générerait beaucoup trop d'anxiété. Les chances d'avoir ladite tumeur sont de 1/250000. Dans le cas d'une hypoglycémie réactionnelle, la médecine n'a rien à offrir et relègue le problème aux nutritionnistes.
Mon retour au travail m'angoisse en raison des symptômes d'hypoglycémie qui sont incapacitants. Si ce n'était que de mon état psychique, je sais par expérience que, pour moi, il n'y a rien de pire que de rester chez moi seule à broyer du noir. Si ce n'était pas de l'hypoglycémie, je ne serais d'ailleurs pas en arrêt de travail et mon anxiété serait beaucoup plus gérable. Quant à mon état dépressif, c'est tellement chronique et ancré depuis des années que je crois vraiment qu'il n'y a rien à faire. Mon humeur ne fait qu'empirer avec les années. Je suis pessimiste mais les événements de ma vie n'ont fait que renforcer cette tendance naturelle. Il y a toujours une tuile après une autre qui me tombe dessus dans ma vie, je n'ai jamais de moment de répit. Concernant les antidépresseurs, mon md de famille n'ose pas modifier la médication que je prends depuis 18 ans. Je suis en attente pour être vue par un psychiatre mais ça peut prendre des mois, je ne suis pas un cas "urgent" pour eux. Je sais qu'il y a de nouvelles molécules mais ce ne sont pas des potions magiques ni des lunettes roses...

Ouena et Nath: merci de votre support, de me lire et de m'encourager régulièrement malgré tout...
Nath2727
Messages : 3439
Enregistré le : 12 juin 2015, 14:52
Localisation : Québec

Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Nath2727 »

Le moins qu'on puisse dire est que tu n'as pas de lunette roses...
Tu remarqueras que les pessimistes ont toujours raison de l'être: je m'explique.
Je suis mariée à un pessimiste en puissance. Il me dit souvent, quand quelque chose ne va pas à son goût: tiens, je te l'avais dit.
Ce à quoi je réponds invariablement quand quelque chose va bien dans notre vie: tiens je te l'avais dit. On trouve toujours dans notre vision de voir le monde, la bonne raison d'être comme on est.

Pour ce qui est de ta médication, je ne suis pas d'accord avec ton médecin: j'ai vu des rémissions de dépression chez des dépressifs chroniques depuis plusieurs années, et pourtant, la science permet à présent de traiter beaucoup plus de cas qu'il y a 18 ans...

Pour ton anxiété, tu n'as pas le choix, il va falloir faire tout un travail sur toi.
Mais tu ne peux pas y arriver seule ou, du moins, ça va être plus long et plus compliqué.
Tu as besoin d'une aide professionnelle, d'un psychologue pour te guider dans ta transformation.
Car on parle bel et bien de transformation, non?
Que dirais-tu de te réveiller un jour et de ne plus ressentir cette anxiété qui te pourrit la vie? Je crois pas que tu t'objectes...
Mais il va falloir y travailler pendant un certain temps.
Tu ne dois pas désespérer, tu dois t'accrocher à l'idée que tu vas t'améliorer, que c'est à ta portée.
Personne ne peut le faire à ta place.

Pour ce qui est de ton hypoglycémie, il ne te reste plus qu'à suivre ton régime strict, reconnaitre les signes, prendre des mesures quand ça ne va pas. Peut-être que ton corps, fatigué de tant d'anxiété qui fait monter ton cortisol de façon vertigineuse, t'envoie des signes qu'il en peut plus, qu'il faut que ça s'arrête.
Il ne te reste qu'à l'écouter et à accepter l'idée que tu vas devoir suivre ce régime strict pendant un bon bout de temps.

Mais surtout, tu ne dois pas te décourager ni baisser les bras.
On est capable de bien plus qu'on pense, toi aussi.
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
floralie
Messages : 549
Enregistré le : 17 oct. 2011, 19:44

Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Nath2727 a écrit :Le moins qu'on puisse dire est que tu n'as pas de lunette roses...
Je te l'accorde, Nath, disons que je n'ai jamais eu de lunettes roses mais que les lunettes noires ne font que s'obscurcir au fil des ans.

Je vois un nouveau psychologue depuis 3 semaines; je comptais le nombre de psychologues que j'ai vus dans ma vie jusqu'à ce jour et c'est le 15e... Ça donne une idée que ça ne date pas d'hier que je suis aux prises avec mes démons et que je tente de m'aider mais sans que cela ne donne de résultats probants. Je crois, malheureusement, qu'il n'y a pas de solution ou de remède à tous les états dépressifs et anxieux. Je ne veux pas décourager les autres en m'exprimant ainsi, ce n'est que mon opinion basée sur mon expérience personnelle. Je reste à croire que pour la grande majorité des gens, la médication et les thérapies sont efficaces, du moins, suffisamment pour leur permettre de se sortir la tête hors de l'eau. Le soutien social s'avère également primordial, selon moi... Pour avoir le goût de rester en vie et de continuer, les gens doivent avoir une motivation, un ancrage à quoi se raccrocher. Pour plusieurs, je crois qu'il s'agit d'une ou de personnes qui leur tient à coeur. L'être humain est un animal social, c'est donc un besoin de base pour lui de tisser des liens significatifs avec ses semblables. Or, désolée si je me répète, mais je n'ai pas la chance d'avoir des habiletés sociales humaines de base me permettant de tisser des liens significatifs. Ce n'est pas faute d'avoir essayé mais ça ne fonctionne jamais et, maintenant, avec mon problème de santé, je n'ai plus l'énergie pour sortir hors de chez moi et socialiser avec les autres. Je suis vouée à vivre en ermite le reste de mes jours, c'est palpitant comme avenir, non ? Ça donne tellement de motivation à vivre et à continuer de se battre jours et nuits contre l'anxiété, la dépression chronique et l'hypoglycémie.... Qu'est-ce qui pourrait me faire croire qu'un jour il y aura une amélioration de mon état ? J'ai de l'anxiété sévère depuis l'enfance et ça ne fait qu'empirer avec les années malgré la médication et les thérapies. La plupart des psychologues que j'ai vus ont d'ailleurs fini par me dire, au bout d'environ 1 an, qu'il n'y avait rien de plus à faire pour améliorer mon état. Ils partent tous avec de la bonne volonté mais, avec le temps, ils finissent par faire le même constat que moi, c'est-à-dire que je suis un cas désespéré. Je continue quand même à consulter puisque je me dis que ça ne peut pas vraiment être pire que de rester toute seule chez moi à ne rien faire et que je n'ai rien à perdre.

C'est à se demander pour quelle raison je reste en vie, malgré tout. C'est simplement parce que tant que mes parents sont encore vivants, ils ne supporteraient pas que je mette fin à mes jours. Et puis, je suis lâche et je crains de me manquer et de rester avec des séquelles beaucoup plus importantes.
floralie
Messages : 549
Enregistré le : 17 oct. 2011, 19:44

Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

shoshin a écrit :J'ai été voir ceci : http://www.passeportsante.net/fr/Nutrit ... emie_diete

C'est quand même assez instructif je trouve.
Oui, ce sont des conseils de base pour l'hypoglycémie légère. Dans mon cas, la diète est beaucoup plus stricte puisque j'ai dépassé depuis longtemps ce stade.
Ouena
Messages : 2123
Enregistré le : 23 juin 2014, 10:12

Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Ouena »

Bonjour Floralie, je t'ai lue et je trouve bien triste que tu te considère comme un cas désespérée. Tu semble prise dans un tourbillon de pensées négatives et tu semble ruminer beaucoup. Moi ce qui m'aide à moins ruminer c'est de m'occuper. Je te suggère de ré-essayer un groupe d'entraide, oui même si ça te prend tout ton petit change. La solitude doit jouer une grande part de ta tristesse et ou tu as raison nous sommes des animaux sociaux, c'est pourquoi c'est très important de mettre des efforts en ce sens. Pour t'avoir vue en personne je sais que tu es quelqu'un de très agréable à côtoyer, respectueuse, intéressante ayant une bonne conversation. Aussi que fais-tu pour te distraire? Est-ce que tu lis? Regarde des émissions? Va prendre des marches? Cuisine? Tu peux faire quelque chose pour t'en sortir malgré ton anxiété et ton hypoglycémie.

Bisous.

Ouena
xox
Nath2727
Messages : 3439
Enregistré le : 12 juin 2015, 14:52
Localisation : Québec

Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Nath2727 »

Au risque de me répèter, Floralie, ce qui m'aide beaucoup à parler avec les gens est quand je promène mon chien, un grand lévrier persan.
Les gens m'arrêtent, ils me demande quelle est donc la race de ce beau chien.
Ils adorent me raconter leur propre expérience avec leur chien s'il en ont, sinon, on se dit quelques mots et on se quitte.
Les gens adorent parler de leurs animaux de compagnie.
Ils saisissent la moindre occasion pour le faire et moi pareil.
Et puis, un animal, chien ou chat donne tellement d'amour et d'affection, qu'on ne peut rester insensible, on se doit de rester en santé pour au moins s'en occuper comme il faut.
Mon chien fait partie de ma thérapie, il me fait marcher, parler avec les autres, lâcher-prise quand je constate qu'il a lacéré mon cours d'oncologie et me regarde avec l'air de rien...
Il m'aide à m'endormir, j'entend sa respiration calme à côté de moi, ses soupirs de bien-être.
Je suis celle qui compte pour lui, même pas coiffée ni lavée le samedi matin.
Bien sûr, il ne compte pas plus que mon chéri, mais c'est pas pareil, même si c'est aussi inconditionnel.
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
floralie
Messages : 549
Enregistré le : 17 oct. 2011, 19:44

Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Je suis plus que découragée car mon état ne s'améliore pas pour la peine au niveau de l'hypoglycémie malgré la diète stricte que je suis à la lettre. Par conséquent, mon anxiété et mon état dépressif ne font qu'empirer eux aussi. Je ne trouve plus aucune motivation à continuer de vivre avec autant de souffrances quotidiennes et aucun espoir que mon état ne s'améliore. Rester à la maison seule à me morfondre semble d'ailleurs contribuer à m'enliser dans la souffrance psychique. De toute façon, je n'ai pas le choix de retourner au travail dans 1 semaine même si je me sens toujours aussi mal en point physiquement. En plus, j'ai appris que je ne serais même pas payée pour mon arrêt de maladie, l'hypoglycémie n'étant pas reconnue comme une maladie... Je vais essayer de me traîner au travail et de fonctionner avec un cerveau dans la brume une grande partie du temps, comme je le faisais depuis des mois, tout en essayant de cacher à mes collègues comment je me sens malade et épuisée. Je crains de ne plus être à la hauteur de la tâche, que ça transparaisse et de me faire mettre à la porte. J'ai toujours eu la hantise de me retrouver sur l'aide sociale et je n'accepterai jamais ça.

Ouena: J'aimerais bien fréquenter un groupe de soutien mais ils sont tous le soir après le travail et je n'ai aucune mais aucune énergie pour me traîner jusque-là avec ma journée dans le corps. Ma fatigue est si intense par moment que je ne parviens plus du tout à garder les yeux ouverts ni à réfléchir et ce, même au cours de ma journée au travail. J'ai peine à me préparer mon souper quand j'arrive chez moi tellement je suis somnolente et faible. Et, malheureusement, de tels groupes n'existent pas la fin de semaine. Je suis déjà chanceuse d'avoir enfin, après des années, trouvé un psychologue qui fait du bureau le samedi. De toute façon, avec l'hypoglycémie, je ne peux plus me permettre de retarder mon repas ou de prendre un repas sur le pouce ni de revenir chez moi à 23h alors que je travaille le lendemain, ce qui constituaient deux réalités inévitables lorsque j'ai fréquenté un groupe de soutien il y a quelques années.

Nath: Je suis bien familière avec les bienfaits d'avoir des animaux de compagnie puisque j'ai des chats. Je suis d'accord que ce sont de bons compagnons qui ne jugent aucunement et nous apportent de l'affection à leur manière. Par contre, tu conviens avec moi qu'ils ne remplacent pas entièrement une présence humaine. Mes conversations avec eux sont plutôt limitées...
Répondre