Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Dépression majeure - Dépression saisonnière - Dépression post-partum - Dysthymie
Nath2727
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Nath2727 »

Ouena, un gâteau non sucré, c'est pas un gâteau d'abord hihihi :lol:
T'es pas fine, le gras et le sucre, avoue qui y'a rien de meilleur pour le moral même si ça va direct sur les hanches...
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
Ouena
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Ouena »

C'est bien de mettre de l'humour dans tout ça! :P Donnes des nouvelles Floralie!
floralie
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Je m'en peux plus, ma souffrance ne fait que s'accroître au fil des jours et des nuits. Elle m'est insupportable et m'envahit au point où elle m'étouffe littéralement. Mes symptômes d'hypoglycémie ne me laissent aucun répit non plus et ils ne font qu'empirer eux aussi. Je tiens le coup au travail même si je me sens à moitié morte une grande partie de la journée. Je mets mon masque devant les autres afin de ne pas laisser transparaître comment je souffre constamment. Ça me coûte d'ailleurs le peu d'énergie dont je dispose mais ça semble fonctionner, aussi incroyable que cela puisse paraître, mes collègues me font encore remarquer comment "j'ai l'air en forme" !!! C'est fou comment les gens peuvent être totalement aveugles. Bientôt, je sens que je ne serai plus capable de tenir le coup et de maintenir mon masque en place. Ça va finir par transparaître que j'ai le cerveau dans le brouillard, que j'ai peine à réfléchir et à mettre en mots mes idées, que je me sens sur le point de défaillir à tout moment et que je me sens si somnolente parfois que j'ai peine à garde les yeux ouverts. Il est vrai que ces moments alternent parfois avec des petites montées d'énergie dans les rares moments où ma glycémie devient un peu plus normale ou quand mon corps décharge de l'adrénaline pour tenter de faire remonter en vain ma glycémie. Ça doit contribuer à confondre les gens sur mon état.

Alors, pour ce qui est de "faire semblant" et de jouer une pièce de théâtre, je fais déjà tout mon possible au travail pour ne pas avoir l'air malade. Il est au-delà de mes capacités de jouer le personnage de la fille positive. Depuis longtemps, je me permets au moins de jouer à la chialeuse au travail, ça m'aide à canaliser une partie de ma frustration envers la vie, ma situation et envers moi-même. Je dénonce surtout les incohérences et aberrations dans l'organisation et la gestion. Alors, pour ce qui est de la fille positive, c'est beaucoup trop éloignée de qui je suis, à un point tel que je ne me sens pas apte à jouer ce rôle. Le pire, c'est que comme je l'ai déjà dit, j'ai tenté de jouer ce rôle pendant un très bref moment il y a plusieurs années et les gens me fuyaient autant ! Au moins, quand je ne fais rien pour me faire aimer, je peux aisément comprendre que les gens me fuient. C'est pas mal plus douloureux de se faire rejeter quand on fait des efforts pour être appréciée des autres.

Je ressens une grande haine envers moi-même. Je me déteste; je réalise plus que jamais à quel point je n'ai tellement rien à apporter à qui que ce soit, hormis du négatif. En plus, je suis lâche puisque je ne me sens même plus la force de continuer ma misérable existence. À chaque fois que je me montre entièrement authentique et telle que je suis dans toute ma noirceur, les gens me rejettent en me disant qu'ils n'en peuvent plus de supporter une influence aussi sombre et négative autour d'eux. Ils se sentent impuissants à m'aider ou ça les confronte à leurs propres démons qu'ils ne veulent pas déterrer. Pourtant, je ne leur demandais que d'être à l'écoute et de ne pas me juger. Ce n'est pas surprenant que je sois toute fin seule... Le pire, c'est que je comprends les gens de me rejeter même si ça m'attriste immensément. De toute façon, c'est tout ce qu'une personne comme moi mérite.
Nath2727
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Nath2727 »

Salut Floralie,

là, je crois clairement que tu es en route pour te taper une bonne dépression.
Et ça, ça se traite, comparativement à tes hypos.
Il faut absolument que tu ailles consulter un médecin, un vrai, pour commencer un traitement au plus vite.
Plus tu attends, plus ce sera terrible, si ça peut l'être plus qu'en ce moment.
Les mots qui sortent de ta bouche ne sont pas les tiens, ils sont issus d'un cerveau malade, déprimé et aussi en manque de sucre, son carburant.
Tu ne peux pas éternellement rouler sur l'adrénaline, tes surrénales vont s'épuiser et tu auras d'autres problèmes si tu continues.
Vas consulter, cette fois-ci dis au médecin à quel point tu es au bout du rouleau, demandes un arrêt maladie et commences un traitement.
Je pense que c'est le mieux que tu as à faire.
SVP, ne traînes pas...
Tu as plus à offrir que tu ne le penses.
Tu es terrible avec toi-même, tu te traites mal, tes exigences envers toi sont immenses et tu as peine à garder la tête hors de l'eau.
Je ne te crois pas une minute quand tu te dénigres, désolée.
Je vois une personne sensible qui a besoin d'aide et qui se débat contre le système.
Vas consulter avant que la situation ne se détériore encore plus.
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
Ouena
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Ouena »

Je suis d'accord avec Nath2727 Floralie, il faut que tu fasse quelque chose. Il y a 2 choses qui me frappent dans ce que je lis. Ta souffrance incommensurable et ta force. Oui tu as la force de continuer à travailler, considérant ta souffrance, c'est presqu'incroyable. C'est pourquoi je dis que tu as une certaine force en toi qui te servira à te soigner. Mais tu as raison et Nath2727 aussi, tu ne pourra pas faire semblant comme ça encore longtemps, écoute ton corps qui te parle, tu as besoin d'une aide professionnelle c'est clair. Tu dis que tu as simplement besoin qu'on soit à l'écoute sans te juger et bien c'est justement ce qu'on a à t'offrir Floralie, nous sommes là et t'apprécions.
floralie
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Merci de continuer à me lire malgré tout. Pour ce qui est de trouver un médecin digne de ce nom, c'est très ardu au Québec de nos jours quand on est déjà aux prises avec un md de famille qu'on ne trouve pas compétent. Impossible de s'en trouver un autre puisque avec le dossier santé québec, ça se sait tout de suite qu'on a déjà un md de famille. Compte tenu qu'il y a tellement de gens qui n'ont pas la "chance" d'en avoir un, il n'y a aucune possibilité de se mettre en liste d'attente pour en trouver un autre. Il ne me reste pas d'autre solution que d'attente qu'il prenne sa retraite un jour... Et cela ne veut pas dire que je vais trouver mieux. Quant à consulter un psychiatre, je suis sur une liste d'attente mais ça prend des mois, voire peut-être une année. De toute façon, mon hypoglycémie nuit tellement à ma qualité de vie que je ne crois pas que malgré tous les antidépresseurs du monde, je puisse me sortir de ce gouffre si les symptômes d'hypo sont toujours aussi présents. Pour que je me porte mieux au plan psychologique, il est essentiel que l'hypo me laisse un répit. Comment ne pas être dépressive quand on se sent continuellement épuisée, qu'on a le cerveau en bouillie et qu'on ne parvient plus à faire quelque activité que ce soit sauf se traîner pour aller travailler ? Moi qui souffrait déjà d'isolement et de solitude, avec l'hypo, ça m'enlève toute possibilité de pouvoir socialiser et rencontrer des gens. Bien sûr, j'étais déjà déprimée avant de faire des hypos aussi graves mais au moins, j'avais un peu de moyens pour tenter d'améliorer mon sort tandis que là, plus du tout.

Quant à retourner en congé de maladie, ça n'est pas une solution pour moi. Il est vrai que de me traîner pour aller travailler m'épuise encore plus mais, au moins, le temps que je suis au travail, je n'ai pas le temps de trop penser à mes problèmes et je côtoie des gens même si ce ne sont pas des relations significatives. Aussi, je me sens utile à quelque chose tandis que chez moi, je ne vois personne et je ne fais que pleurer et ruminer. De toute façon, ce n'est pas mon md de famille qui me signerait un autre congé de maladie et je ne serais pas payée, ce que je ne peux pas me permettre.
Nath2727
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Nath2727 »

Ouin, il a pas l'air commode ce doc... :(
Je suis d'accord avec toi, en étant constamment fatiguée, tu es plus portée à être dépressive et l'inverse est aussi vrai.
Mais si je lis tes mots, il me semble qu'il y a aucune solution, hors il y a toujours une solution.
Et je crois qu'elle réside dans un rdv avec un psychiatre.
Lui seul peut évaluer de façon compétente si tu as besoin d'aide par un traitement ou si tu dois d'abord régler tes problèmes d'hypo.
Mais que te dit donc ton doc au sujet de ces hypos?
Je peux pas croire qu'il te dise qu'il n'y a rien à faire.
Au pire qu'il demande une consultation avec un endocrinologue.
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
Ouena
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Ouena »

Continue à venir t'exprimer ici Floralie, je te lis toujours même si je ne sais pas quoi dire... comme je t'ai dit l'autre fois, je suis à l'écoute!
floralie
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

J'ai décidé de m'acheter un lecteur de glycémie pour pouvoir "suivre mes hypos". Ça m'a permis de constater que mes hypos sont maintenant moins sévères, du moins objectivement. Lors des tests que j'ai passées l'été dernier, il avait été démontré que je faisais de réelles hypos très importantes. Or, maintenant, je continue d'avoir souvent faim et d'avoir des coups de fatigue mais mes glycémies ne sont plus exagérément basses, c'est seulement que ça a tendance à monter après les repas (même un peu trop, surtout si je mange un peu trop de glucides) et ça rebaisse assez rapidement par la suite, d'où mes malaises et mes sensations d'être "en hypo". Je continue donc d'ajuster ma diète en conséquence. Ça me rassure et ça m'enlève un poids côté anxiété, puisque ça signifie que c'est simplement des hypos réactionnelles et que la diète fonctionne tranquillement. Ça ne ressemble plus à la fameuse tumeur rare qui m'inquiétait tant. C'est certain que j'ai encore beaucoup de malaises mais je crois qu'ils commencent à être un peu moins pire. Et j'ai enfin pu dormir des nuits de 6-7h toute la semaine sans être réveillée par la faim, ça fait déjà une amélioration comparativement aux nuits de 3h de sommeil.

Je suis encore déprimée et je trouve toujours ma vie aussi insipide mais, au moins, si les malaises physiques peuvent me donner un peu de répit, c'est déjà un point important pour moi. Le temps des fêtes me déprime littéralement, surtout quand j'entends mes collègues de travail parler de leurs partys, magasinage, repas multiples au resto, soirées "vernis à ongles" et autres activités futiles. Désolée pour ceux et celles pour qui ces activités font partie de leur quotidien, je ne vous jugent pas. Disons que je me sens totalement exclue de ce genre de conversation qui dépeint une vie que je ne connais pas. Je me sens tellement à mille lieux de telles préoccupations.
Nath2727
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Nath2727 »

Salut Floralie,

tu sais, nous sommes nombreux à déprimer pendant les Fêtes.
Et c'est un peu normal.
Voir tous ces gens "normaux" étaler leur bonheur et leurs cadeaux, c'est dur de ne pas en être un tant soit peu jaloux.
Mais les futilités font tellement du bien à l'âme, ça nous sort de notre marasme.
Avoue qu'un gros pet, ça a toujours fait rire, pourtant y a-t-il quelque chose de plus ridicule et insignifiant?
Entendre parler de la vraie vie, pas la vie en dépression, les petites insignifiances, ça fait relativiser, ça nous replace dans le présent, vois-le comme tel.
Juste avoir le coeur léger.
Je sais que tu vis des moments pas faciles, que la vie ne t'épargne pas, mais laisse-toi juste aller, sors dans la rue, vas voir les lumières de Noël sur les maisons, sans jugement, sans attente.
Libère-toi l'esprit.
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
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