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bonjour

Posté : 12 nov. 2013, 01:10
par christelle44
Bonjour,

Mon mari est dépressif. Il a fini par l'admettre enfin hier parce que je ne le l'ai pas lâché, et que (gentiment) je lui ai dis qu'il fallait qu'il me dise ce qui n'allait pas parce que tout le monde souffrait de son attitude. Quand il m'a dit ce qui n'allait pas hier soir, ça m'a fait froid dans le dos.

C'est quelqu'un de très Responsable, depuis tout petit il prend soin de sa mère qui est très gentille mais aussi très "simple" dans sa tête. Il m'a raconté plusieurs fois qu'il rentrait seul de la maternelle, faisait réchauffer ce que sa mère lui avait préparé parce qu'elle faisait les ménages et repartait, dès 12ans quand il a compris qu'elle avait du mal à tenir son budget et se faisait avoir par tous les vendeurs de porte à porte du coin, il a pris le relais de son oncle pour écrire les lettres de renoncement, et vers 15ans c'est lui qui s'occupait du budget. Il est parti à 18ans avec une bourse pour faire ses études et tous les week-end il retournait voir sa mère pour s'en occuper. Quand je me suis installée avec lui, j'ai rapidement compris que si je l'épousais, j'épouserai sa mère avec et j'ai accepté. J'ai passé tous mes week-ends chez elle... samedi ET dimanche soir inclus sauf qu'elle habite en Mayenne et nous à Paris. J'avoue que j'en avais marre mais je ne me suis jamais plainte.

J'ai eu un bébé et il y a 8ans on a emménagé sur Nantes pour acheter une maison la famille et se rapprocher de sa mère. Je suis devenue assistante maternelle... 1an après pendant que je me promenais avec les enfants ma belle-mère s'est mise à faire des crises de démences. Je m'étais rendu compte depuis longtemps qu'elle n'était plus toute seule dans sa tête, mais mon mari ne voulait pas le reconnaître et lui faire passer des examens. Quand elle s'est mise à faire des crises de démence, hurler dans la rue que quelqu'un avait kidnappé ses petites filles (alors qu'on ne lui a jamais laissé en vacances nos enfants justement parce qu'on la trouvait trop sénile...), comme je traversait une période de chômage, je suis allée avec ma fille m'occuper d'elle, lui préparer ses repas (elle ne savait plus quand elle mangeait ou non), nettoyer si elle faisait dans les couloirs. Pendant ce temps mon ainé était scolarisée elle est restée avec lui. Il a fallu attendre 3 mois avant de lui trouver une place en EPHAD.

Je suis retournée vivre avec eux, j'ai retrouvé du travail... et là, alors que je promenais les enfants le lave-vaisselle a eu un cours circuit et le feu a pris dans la maison au mois de février... coup dur pour le moral, même si ce n'était que des dégâts de fumée (tout l'intérieur était noir et s'était incrusté partout) et que l'on a pu récupéré la plus part des meubles et les papiers importants. Cela a été très difficile de voir que ce qu'on avait pu faire de nos mains détruit par la fumée, les jouets des enfants bon pour la poubelle... voir les comme je suis ass. mat. du jour au lendemain de nouveau je me suis retrouvée au chomage. Pour le coup là c'est moi qui est été dépressive. Entre ma belle-mère (c'était vraiment très dur de m'occuper d'elle, sans oublier en même temps prendre soin de mon bébé et veiller à ce qu'elle ne fasse pas de "bêtise" avec elle) et là l'incendie, arrêter brusquement mon boulot, c'était trop. En plus, même si elle est en EPHAD, tous les week-end on retournait la voir, Samedi ET Dimanche, on utilisait dans son ancienne maison pour y dormir. Au début ma belle-mère je l'aimait beaucoup, mais je me suis mise à la détester. Tout notre temps a été pris par elle sans arrêt sans arrêt, toujours elle avant nous. Au début, j'ai culpabilisé parce qu'il m'a dit "c'est la démence à corps de Levy, ceux qui en souffrent leur durée de vie est de 8ans grand maximum".

10ans et elle vit toujours !!! 10ans à aller la voir et elle ne semble pas encore "prête" à partir !!! Mon mari serait là il dirait que j'exagère, comme j'ai pété un câble il y a 5ans, que même ce n'était pas une vie pour les enfants, qu'ils avaient le droit d'aller à des fêtes d'anniversaire, que ce n'était pas bien de les culpabiliser de leur dire "pense à ta grand-mère" ok une fois, mais c'est bon ! il m'a dit qu'on irait que le dimanche. Mais même faire l'aller-retour dans la journée c'était crevant. Mon mari est devenu curateur, et pour payer l'EPHAD comme elle vit plus longtemps que prévu, on a vendu sa maison pour pouvoir payer. D'ailleurs, j'y pense aussi à ça. Il m'avait dit "avec l'argent, tu n'as plus à t'inquiéter j'ai calculé que l'on pouvait payer son établissement pendant 9/10ans, elle est malade depuis plusieurs années et elle sera partie bien avant". Je culpabilisais... sauf qu'elle est toujours là ! Dans 2ans ce sera à nous de payer et on n'a pas de quoi payer 1500€ de loyer d'EPHAD.

Déjà qu'on a dû mal actuellement à manger correctement (je n'ai qu'un seul contrat depuis 1an), il y a 2ans mon mari a perdu son emploi et il a dû aller vivre sur Paris (seul endroit où il a trouvé du boulot) en semaine, et il ne rentre que le week-end. Il fait les a/r Paris Nantes. Je dois gérer seule nos 3enfants en semaine. Moi aussi je sature. Surtout que cela devait être temporaire. J'en ai pris mon parti, j'ai rapidement compris qu'il ne reviendrait plus. Ça, ça lui a fait un coup. Chaque entretien qu'il a pu avoir c'était pour des boites prestataire de service, qui l'on reçu "comme ça" au cas où. Il a pourtant continué, là récemment il a mangé avec un commercial pour qui il avait travaillé qui lui avait dit "cette année je ne peux pas te prendre, l'année prochaine sans soucis". Moi je n'y croyais pas, lui il y était "à fond pas de doute". Mais je n'ai rien dit, j'ai été plus mesurée pour tenter qu'il ne soit pas trop enthousiaste et déçu par la fin... qui s'est finie comme je le pensais : "la boîte est entrain d'être racheté, on n'embauche pas on est plutôt en période de licenciement".

Donc... là il bosse toujours sur Paris, pour l'instant. On lui a annoncé il y a 2 semaines que son contrat se terminerait fin janvier. Son ami (haut placé) qui lui a trouvé ce poste va peut être lui trouver une place dans un autre service pour 3/5 mois. Avec mon mari, c'est devenu "au moins je travaille encore jusqu'au 1er trimestre de l'année prochaine". Moi... vous allez me trouver pessimiste, mais il lui a dit "peut-être".

Toujours est-il qu'il a une forte pression parce qu'il ne trouve rien ailleurs. Il travaille dans l'informatique, Chef de Projet spécialisé dans les "vieilles" technologies (donc pas beaucoup de proposition de poste), c'est donc les grosses sociétés comme les assurances, et les banques. Comme il a un profil rare, on le paie super bien... et en même temps, avant il trouvait facilement mais avec la crise il ne trouve plus du tout. Le gros soucis est que pour la maison, on l'a acheté en fonction de son salaire. On peut se permettre qu'il touche un peu moins... mais pas trop non plus. Et il y a peu de poste où on touche actuellement 3000€ net. Vous allez penser "ouaouh !". Ben le "ouahou" il part vite en fumée. Parce qu'en fait comme il ne trouvait plus sur Nantes, il a décidé d'aller démarcher lui même les sociétés sans être embauché par des prestataires. Il a donc monté sa propre boîte une EI. L'année prochaine, il a donc l'URSAFF a payé. Il a mis de côté mais c'est une sacré somme à verser. Et chaque mois, même non travaillé est comptabilisé pour l'URSAFF qui réclame son dû et s'en fou qu'il est trouvé ou non du travail. La seule solution sera qu'il dissolve sa société, mais que fera-t-il ? il continue à démarcher les presta et personne ne veut de lui que ce soit en indépendant ou en tant qu'employé. Même s'il changeait de métier, on a besoin qu'il touche au moins 2000€ net pour pouvoir payer les factures (et le connaissant, il ne va pas dissoudre tout de suite la société, comme il augmente ses "chances" de trouver, donc l'ursaff...).

Bref, dans ma vie, depuis que je suis toute petite j'ai l'habitude des coups durs, je me demande même si je ne suis pas une porte poisse. Mais j'ai appris à vivre avec. Je vais en bas, et je cherche qu'est ce qui pourrait me faire remonter. Là, j'ai un projet professionnel, j'ai pris conscience qu'il faut que j'arrête d'être ass. mat. je vais passer des diplomes pour me professionnaliser, j'ai obtenu mon CAP Petite Enfance, mon BEP ASSP (personne âgées), je suis depuis peu bénévole auprès des petits frères des pauvres (qui vient en aide aux personnes âgées, je me suis dis que ça aidera les autres, et en plus à moi cela me fera du bien mentalement de sortir, de rencontrer d'autres personnes, et même tout bêtement sur le cv cela fait un plus). Quand ma petite dernière entrera à l'école, je lâche tout pour de l'intérim et j'accepte des postes d'auxiliaire de vie ou travailler en crèche, même si mon objectif est de devenir auxiliaire de puériculture. J'ai l'intention de passer mon bac pro ASSP dans 1an et demi et ensuite, je fais une VAE Auxi de Puer. Ok c'est de "grands" projets, pas évident à réaliser, pas sûr que j'y arrive mais j'ai la motivation et cela me donne un but. Lui il n'en a plu. :/

C'est quelqu'un de gai, et il est comme éteint. Il est devenu susceptible et maintenant, il sort même pour se calmer ! hier soir, 19H comme il ne rentrait pas, je suis allée le chercher. J'ai demandé à mon ainé (15ans) de surveiller ses soeurs et j'ai fait le tour de la ville. J'ai fini par le retrouver, il entrait dans notre jardin (plus de 2h après être parti). Après le repas, j'ai réussi à le faire parler. Ouaouh je ne sais pas quoi faire Il ne se sent plus à sa place. Ce qu'il a ne lui convient plus. Il n'est plus motivé par son métier où le côté humain n'a plus sa place contrairement à "avant", et quand il rentre... il n'a plus de "réels" plaisir à être avec nous depuis qu'on a acheté on n'a que des soucis (c'est vrai) sa mère qu'on a dû interner (avec difficulté faute de place on a dû la prendre en charge), l'incendie de la maison, mon chômage, puis ensuite Anne est née et peu de temps après c'était lui qui était au chômage et ne trouvait plus... depuis c'est "paris, paris, paris et quand je rentre je ne sers à rien". Il dit qu'il n'est même plus capable de se faire des amis, que je m'en fais limite plus que lui qu'au moins les miens, je n'en ai que 2 mais au moins "ils te sont fidèles et acceptent de venir manger à la maison ou t'appelle pour prendre de tes nouvelles, même tu as des copines, tu ne veux pas forcément les voir, tu dis ne pas les supporter mais elles, elles cherchent à te voir au moins, et ce sont les même depuis notre arrivée moi je n'ai personne". Je lui ai dis que s'il voulait je pouvais inviter Régis (un type qu'il a rencontré sur internet sur un forum où les personnes sont passionnés par un son de qualité). Il va le voir de temps en temps... et là il baisse la tête en me disant "ce n'est pas faute de lui avoir tendu des perches pour qu'il vienne à la maison, mais il ne les prend jamais, je n'ose plus, je me croyais sociable mais je ne suis même plus capable d'avoir des amis. Je ne me reconnais plus non plus dans la société d'aujourd'hui, où tout le monde s'affiche volontairement raciste, on commence même par me regarder de travers" (mon mari a un teint qui fait un peu "arabe"). Il m'a dit qu'il n'a plus envie de rien. Même l'idée de partir au Canada (son grand projet) il se dit que c'est finalement pas une solution, qu'il va tout foirer là-bas, que c'est un gros nul, alors autant rester ici.

Bon, vous vous doutez bien que j'ai tenté de lui dire le contraire. En final il m'a dit qu'il ne savait plus qui il était et n'avait pas sa place dans cette famille puisqu'il ne prenait plus de plaisir à y être même s'il nous aimait toujours autant J'ai accusé le coup, j'ai cru un instant qu'il allait demander le divorce Je lui ai proposé de suivre les cours de bateau comme on avait prévu, mais il ne veut plus. On doit (rêve) changer le salon l'année prochaine pour une meilleure acoustique (on n'a pas franchement les moyens, mais je le laisse rêver), il ne sait plus s'il le veut vraiment... Bref, je ne sais pas quoi faire pour lui remonter le moral. Je pense "psy", mais il n'ira jamais, il est trop fier pour ça.

Je sais que j'ai beaucoup écrit... merci à ceux/celles qui ont eu le temps et la patience de me lire et merci aussi si vous répondez.

Re: bonjour

Posté : 12 nov. 2013, 14:28
par feemystere
Bienvenue à toi, merci de ton témoignage et au plaisir de te lire! Prend bien soin de toi et je vous envoie, à ton conjoint et toi, de bonnes ondes lumineuses et positives! À bientôt! :) :!: :idea:

Re: bonjour

Posté : 13 nov. 2013, 19:26
par Jeff
Bonjour Christelle,

vous faites face à une multitude de problèmes mais disons que c'est principalement un
problème d'argent.

Votre mari pourrait sûrement s'essayer dans un autre domaine informatique que celui des
"vieilles" technologies. Je suis moi-même dans le domaine et on est continuellement dans
le changement et sommes obligés de s'adapter. Cela a toujours été comme ça. Je connais
pas beaucoup la situation en France mais ça ne semble pas bien aller et le président
de la république a l'air pas mal critiqué.

Pour la déprime, je conseillerais d'aller faire du sport. Ça évacue le stress et redonne
de l'énergie pour faire face au problèmes de la vie. Je trouve que c'est le meilleur truc.

Venir un jour au Canada pourrait être intéressant. Ici au Québec, il y a beaucoup de français.
Le copain de ma tante est parisien ( il est ici depuis 45 ans ), ma psychiatre est
française et j'ai une collègue de travail également française. Il ne m'est jamais arrivé
d'avoir des problèmes d'intercommunication à cause de l'accent même avec des voyageurs
français n'ayant jamais résidé au Québec.

Bonne chance!

Jeff