Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Pour les familles et les amis d'une personne atteinte de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires
xymissal
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Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Message par xymissal » 25 mai 2014, 09:24

Bonjour et merci de lire mon histoire;
Son comportement "atypique" dure dans mon couple depuis le début (30 ans de vie commune). Je suis le mari, travailleur, loyal, responsable (deux enfants de 18 et 23 ans maintenant). C'est ce que je crois du moins. J'ai tout fait pour comprendre, expliquer, discuter, supplier, mais son attitude ne s'est pas améliorée bien au contraire, son éloignement périodique de la vie à deux et son mutisme est allé empirant crescendo. Aujourd'hui elle n'a plus d'état "normal" entre les crises comme c'était avant.
Je restais jadis perplexe et criais parfois. Mais depuis 2010-2011, j'ai compris que c'est grave et me suis mis à consulter (sur accusations incroyables me concernant de sa part). Rassuré sur mon état (je surveille depuis mon état de santé), j'ai commencé à noter ses comportements et à lire sur les pathologies psy.
Pour être bref, les symptômes évoqués pour la "paranoïa sensitive", la "bipolarité", la "PN" lui correspondent, mais comment savoir le bon diagnostic qui convient? Les symptômes de ces pathologies se recoupent plus ou moins et ce n'est pas évident pour un néophyte comme moi.
Pourquoi savoir ? parce que je veux me comporter en conséquence pour éviter les crises et la comprendre, je ne veux pas rompre (à moins qu'elle n'aille faire le nécessaire), même si elle, elle le veut et le réclame dans ses colères et ses menaces, me vouant une haine destructrice et profonde. Je suis sûr que la maladie est à la base de son comportement apathique, impulsif et égoïste. Et puis les enfants, je crois, s'y perdraient car ils ne comprennent pas vraiment; ils font leur possible pour vivoter autour de notre couple hanté par les silences et le manque de dialogue.
Ma psy ne veut pas parler d'elle, car dit-elle, celà peut être utilisé contre elle (elle a vu mon conjoint et a évoqué la "paranoïa sensitive" de façon évasive en ma présence, mais au bout de deux séances seulement, ma femme ne suit pas).
Quand je lui demande d'aller consulter elle m'insulte et se met dans une fureur terrible.
Elle est impulsive, agressive, manipulatrice à souhait, en délire de relation depuis 2010-2011 au moins (tout est de ma faute d'après elle, elle pervertit les situations pour que la responsabilité m'incombe toujours).
Instable, secrète, violente verbalement, gros mots, accusatrice, retourne les situations à son avantage avec un brio désarmant, manipule les enfants en dégradant mon image à leurs yeux. Je ne suis certes pas le père parfait, mais je fais ce que je peux et que puis-je faire, si derrière, elle défait par un génie qui lui est propre ce que j'essaie de construire pour nous tous.

Je rêve que d'une chose: qu'elle prenne conscience de son mal, briser ce déni qui l'habite de façon forte (en 2002, elle m'a pourtant reconnu dans un courrier qu'elle a parfois un comportement destructeur et dont elle n'a pas conscience).
Votre avis, votre expérience et vos critiques me seraient bien utiles. Merci infiniment.
Amede

blondebleue
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Re: Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Message par blondebleue » 26 mai 2014, 15:42

Bonjour Amédé et bienvenu!

Ce n'est pas facile ce que tu vis. Malheureusement, les personnes en déni sont peu susceptibles de se faire aider et souvent même réfractaires aux suggestions de leur environnement de le faire. Ça me semble donc une bonne chose que tu consultes pour toi.

Il semble y avoir plus que de la bipolarité dans le cas que tu décris ou peut-être même pas de bipolarité. On n'est pas tous irascibles tu sais. Je me considère comme une bipolaire très gentille en fait. :roll:

Les gens consultent quand ils sont souffrants. Si vous vivotez tous autour d'elle et qu'elle vous fait souffrir mais qu'elle-même n'en souffre pas trop parce qu'elle en subit peu de conséquences ou n'a pas d'épisode dépressif immonde, elle ne consultera peut-être jamais.

xymissal
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Re: Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Message par xymissal » 29 mai 2014, 10:03

Merci Bondebleue pour votre réponse et votre avis.
Je note que l'agressivité n'est pas automatique dans la BP. Et dans la paranoïa ? Est-elle PN tout simplement?
Mais de quel mal souffre-t-elle sans se rendre compte et sans empathie pour moi et les enfants ?
Le quotidien est dur quand elle se réveille de mauvaise humeur. Sa capacité de travestir les événements, de manipuler les autres (les enfants, ses parents, les miens, etc.) est incroyable. Très rancunière, impulsive, alternant les nuits courtes et les réveils difficiles. Parfois le visage sombre d'une dépresion et parfois l'allure rapide et prête à tout, l'oeil vif et figé, le visage faisant des mimiques pour me dénigrer et me rabaisser.
Je suis démuni. En sachant, je pourrais au moins mieux accepter mon quotidien et savoir me comporter avec elle. Rien ne la calme et tout est critiqué chez moi par elle: que je réponde, que je me défende, que j'explique avec les meilleurs arguments, que j'observe le silence. Tout est utilisé pour me dénigrer, me contredire, me blesser. Tout est toujours de ma faute, quoique je fasse.
PS: elle est solitaire, ne sort pas avec un homme. Sa haine est intérieure et permanente.
Merci à ceux qui reconnaitraient ces signes qu'ils ont vécu (ou pas) dans leur chair. Eux seuls peuvent me donner la voie.
Amede.

xymissal
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Re: Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Message par xymissal » 29 mai 2014, 13:01

...
Pour Blondebleue:
J'ai écorché ton pseudo par mégarde et t'ai vouvoyé. Là, je corrige et vais essayer de faire moins de fautes d'orthographe (comme sur le mot "dépression" par exemple).
Bonne soirée.
Amede

blondebleue
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Re: Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Message par blondebleue » 29 mai 2014, 15:32

Bonjour Amédé,

Je ne peux pas me substituer à un avis médical psychiatrique mais ce que tu décris fait penser à un trouble de personnalité plus qu'un trouble de l'humeur, à tout le moins, une personne incapable de jeter un regard objectif sur elle-même.

Il y a un thread sur le forum dans la portion Revivre dans lequel on discute de la différence entre bipolarité et trouble de personnalité (limite surtout). Peut-être y trouveras-tu certaines réponses?

Je crois qu'il revient à chacun de déterminer ce qu'il est prêt à vivre dans ses relations interpersonnelles. Pour ma part, j'ai peu de tolérance pour la violence sous toutes ces formes, la violence verbale et psychologique incluses. Il semble y en avoir dans ce que tu décris. Je pense que ces formes de violences sont souvent entretenues par l'entourage qui accepte, contre son gré souvent, d'en être la cible et de se taire pour garder la paix. Avec le temps, ces patrons d'interaction toxiques deviennent habituels et la personne qui les inflige en subit peu de conséquences...et continue de malmener ses proches.

xymissal
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Re: Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Message par xymissal » 30 mai 2014, 01:09

Bonjour Blondebleue;

Mon conjoint à 54 ans.
Mon psy (dont j'ai changé depuis pour des raisons géographiques) m'a dit que ce trouble s'estompe avec l'âge, au delà de la quarantaine, j'ai donc arrêté d'envisager ce trouble.
Si mon conjoint refuse de se poser la question, les psy ne peuvent pas l'aider, c'est mon problème et c'est pourquoi je m'adresse aux personnes du forum, dont les avis peuvent être vraiment pertinents.
Je vais lire sur le forum les références que tu m'as indiquées.
Merci.
______________
Voilà, je viens de lire la comparaison reportée dans ce forum entre le TPL et la BP. Je n'avais pas vu au début, merci Blondebleue de m'avoir indiqué ce topic.
Je voudrais dire d'abord, en tant que nouveau sur ce forum combien j'apprécie la concision et la pertinence des interventions comme cette comparaison.

J'ai de suite compris en effet la frontière par l'expression simple mais parlante que je cite ici:
"la bipolarité est héréditaire et concerne la chimie du cerveau, le TPL concerne les évènements de la vie, l' enfance surtout."
Est-ce pour celà qu'il semble (d'après mes lectures par ci par là) que le TPL puisse être vaincu par la thérapie, la chimie étant seulement un appoint ?
En réanalysant ma vie de couple de 30 ans avec mon conjoint, je peux expliquer les événements à la lumière des éléments de ce topic:
- Instabilité de l'image de soi-même et des autres: oui absolument
- Instabilité des émotions et des émotions ressenties envers soi-même et les autres :oui
- Instabilité dans ses relations interpersonnelles, projets, études, emplois, etc...: Non, mais penchant fort vers la procrastination
- La peur d'être abandonnée, de ne pas être aimé suffisamment: oui, elle me demandait des preuves de mes sentiments et me reprochait de ne pas donner beaucoup de preuves mais celà pouvait être naturel ou acceptable quand c'est isolé comme attitude. Celà ne l'empêchait pas de prendre ses distances sans raison apparente, restant froide, éloignée quelques jours avant de revenir. Pendant les invectives, elle me demandait souvent dans ses colères de partir chercher une autre car elle n'avait pas besoin de moi, etc. mais quand on se réconciliait, elle me faisait des déclarations enflammées inverses. Elle est ainsi très versatile, elle change d'avis, d'opinion, de jugement au gré de son humeur
- La colère est souvent l'émotion la plus présente dans la vie d'une personne qui souffre de TPL: absolument, avant c'était d'abord la bouderie et l'évitement avant l'explosion et la furie, mais depuis ses 48 ans, elle est devenue logorrhéique et agressive, ne me laissant aucune place; illogique et contradictoire, fermée au dialogue et au compromis
- Un sentiment de vide, de non-sens, de désorganisation: elle est naturellement désorganisée, jamais d'agenda par exemple malgré l'importance de ses charges, un sentiment de malaise dans son comportement avec les autres mais elle ne me parlait pas ou peu de ce type de sentiments personnels
- Très sensible à l'anxiété, trouble de sommeil, problème de consommation ou de troubles alimentaires: Je l'ai connue anxieuse pour tout, fidèle consommatrice d'anxiolytiques depuis le premier jour de notre rencontre, elle a un sommeil très léger et très irrégulier, pas de consommation d'alcool ni d'autres substances illicites mais une propension assez forte aux achats compulsifs, vit des troubles alimentaires et est plutôt anorexique que boulimique, avec des maux de tête chroniques et des troubles digestifs depuis longtemps
- Jamais de ''pause'' dans le TPL. C'est un trouble qui se vit 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7: j'ai essayé de trouver une périodicité dans ses crises mais je crois maintenant qu'elle réagit plus aux événements auxquels elle est confrontée, donc je suis enclin à penser qu'elle est sans pause
- Perception de la réalité déformée: c'est un point pour moi qui est crucial car c'est une des raisons de nos disputes depuis toujours; elle travestit les événements, a des jugements qui ne tiennent pas compte du contexte, raisonne par intuition avec une incapacité (qu'elle reconnaissait à nos débuts) à analyser en prenant en compte le contexte, ne vit que dans le présent, incapable de se projeter dans l'avenir, refuse de tenir compte de notre vécu passé pour en tirer des leçons. Par contre dans sa vie pro, elle doit sûrement faire autrement car je ne pense pas qu'elle ait des problèmes importants pour l'heure

MAIS:
1-elle est manipulatrice, peu empathique, secrète. Aucune reconnaissance, beaucoup de calculs, etc.
2-elle a 54 ans. J'ai lu que le TPL souvent s'estompe vers l'âge adulte et aussi qu'il ya comorbidité forte, notamment avec la BP.
Je ne sais donc pas quoi penser de tout ça !
Merci pour votre avis

DemiLiard
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Re: Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Message par DemiLiard » 05 juin 2014, 00:37

Personnellement, dans ton cas, j'opterais pour la séparation. La situation est trop empêtrée, malsaine, et doit être invivable.

Avec les enfants devenus adultes, c'est un facteur en moins. Je n'élaborerai pas plus, je ne veux pas encourager les ruptures en général, mais la description que tu fais de te situation me semble très extrème.

xymissal
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Re: Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Message par xymissal » 05 juin 2014, 12:44

Bonsoir DemiLiard;
Tous mes amis, nombreux (elle a perdu tout le monde en faisant le vide autour de nous), me disent la même chose que toi.
Mais je n'ai aucune chance de sauver notre fils dans ce cas; il est en dépression. Notre fille aussi a besoin de renfort car elle fait des études délicates pendant un an encore elle est fragile.
Le contexte familial particulier, les décisions aléatoires de mon conjoint envers nous et les enfants, mes sentiments pour les enfants (pas si indépendants bien que majeurs) me mettent dans l'embarras et me lient dans cette situation infernale pour moi. Je viens de chez mon médecin ce soir qui comprend bien ce contexte et qui m'aide à sauver notre fils. Mais ce ne peut durer indéfiniment, pourvu que je tienne encore.
Merci pour ton avis qui est celui de beaucoup de gens autour de moi.

DemiLiard
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Re: Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Message par DemiLiard » 05 juin 2014, 14:00

Je ne sais pas quoi dire d'autre alors... Si tu as une idée de ce qui pourrait t'aider dis-le ici.

xymissal
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Re: Conjoint manifestement malade mais dans le déni

Message par xymissal » 06 juin 2014, 14:42

DemiLiard a écrit :Je ne sais pas quoi dire d'autre alors... Si tu as une idée de ce qui pourrait t'aider dis-le ici.
Non, je ne sais pas quoi dire ni quoi faire.
Dans l'immédiat, j'ai besoin de mettre une étiquette sur son trouble pour pouvoir me dire, je dois faire ceci pour récupérer les choses, l'aider en ceci ou en celà; ou me dire, c'est fini, je ne peux rien, je dois abdiquer, dire ou pas dire que je baisse les bras, disperser ou pas la famille, est-ce peut-être mieux maintenant que plus tard.
Va-t-elle, se reprendre un jour, rester en l'état avec l'âge ou empirer ?
Voilà les questions qui me harcèlent la pensée. Mais pour celà, il faut connaitre son trouble.
Celà m'est bien difficile, et seul un érudit du forum, touché dans sa chair mais s'étant battu comme un brave contre son mal ou celui de son proche, peut me dire: je ne suis pas médecin mais il est possible que...
Pour moi tout deviendrait plus clair après.
Bonne soirée et merci de lire mes paroles. Elles viennent comme celà, sont-elles à côté, ou à l'endroit, je ne sais. Voilà.

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