Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Dépression majeure - Dépression saisonnière - Dépression post-partum - Dysthymie
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floralie
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Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Bonsoir,

je suis une ancienne du forum qui n'a pas écrit depuis un certain temps mais voilà que le besoin d'exprimer mes états d'âme pathétiques refait surface. Évidemment, bien peu de membres actuels sont présents depuis quelques années, puisque la plupart des gens évoluent, passent par des moments difficiles puis s'en sortent, voient un faisceau de lumière au bout de leur tunnel. Contrairement à la plupart des gens, je suis un être en stagnation; je reste toujours aux prises avec les même démons qui ne font que devenir de plus en plus sombres et envahissants avec le temps. Ceux-ci prennent toujours les mêmes formes: anxiété généralisée, attaques de panique, état dépressif chronique, solitude perpétuelle, manque cruel d'habiletés sociales, amertume envers la vie et la nature humaine en général, dégoût de soi et désespoir continuel. Le tout est agrémenté de plusieurs symptômes physiques et une fatigue constante qui contribuent à rendre mon existence encore plus pénible.

Je suis lasse de tout, de me battre pour continuer une journée de plus dans cette morne existence qui n'en finit plus. Elle est vide de tout ce qui pourrait lui donner un sens, de tout lien d'attachement, de relation significative, de sentiment d'appartenance. J'existe mais je ne vis pas. Je suis une personne froide de l'extérieur avec qui personne n'a envie de tisser des liens significatifs, question de bien me protéger contre les déceptions et blessures éventuelles desquelles je serais bien incapable de me relever. Bien des gens possèdent cette charmante qualité qu'est la résilience mais pas moi. Je n'ai jamais su vraiment surmonter les déceptions et blessures de mon passé. J'y ai survécu, sans plus, en accumulant de l'amertume et du ressenti qui n'ont fait que contribuer à accroître mon mal-être. Je ne suis pas une personne qui est en mesure d'apporter quoi que ce soit de positif aux autres alors je comprends les gens de me fuir. Il n'y a rien d'intéressant en moi et je ne ressens à peu près jamais d'émotions dites positives. Par contre, je suis tout à fait familière avec les émotions plus sombres, comme la tristesse, le désespoir, la colère, la frustration, le dégoût, l'envie, la nostalgie, l'angoisse. Elles font partie intégrante de mon quotidien.

Je ressens un besoin d'exprimer ce qui m'opprime sans être jugée sur mon manque de positivisme. Je suis une personne avec une grande tendance au pessimisme et je l'assume bien que je sois consciente que ça fait partie du problème. Comme je ne parviens visiblement pas à me départir de cette part d'ombre en moi, je tente malgré tout de l'apprivoiser en la couchant sur papier (ou plutôt sur un écran d'ordinateur).
Nath2727
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Nath2727 »

Bonsoir Floralie,

je m'incline respectueusement devant une ancienne du forum.

Je sens beaucoup de tristesse dans tes mots, beaucoup de vide et une grande solitude. On voit tout de suite le désespoir transpirer de ta vie et ta façon de te décrire est d'une dureté que seul un coeur et une âme qui ont beaucoup souffert peuvent le faire.

Ton jugement sur toi est si acéré, comme tu dois te sentir mal... Mais je fais la part des choses entre réalité et perception.

Tu écris très bien, on peut presque sentir ton désespoir de façon palpable. Tu as tout à fait le droit d'être la personne que tu es avec les défauts que tu penses avoir. Comme je ne te connais pas, je ne peux pas juger s'ils sont réels ou le visage de ta dépression. Pourquoi te détester à ce point? Même les gens qui ont des défauts ont le droit d'être aimés, une chance sinon, on serait tous une gang de suicidaires :mrgreen: . Et quoi que tu en penses, la résilience, la vraie, est une qualité rare dans la société.

J'imagine que depuis le temps, tu es suivie par un médecin et/ou un psychologue. Ça, c'est mon côté solution. Ensuite tu as aussi le droit d'être pessimiste. Tu le sais et tu l'assumes. quand la souffrance est trop longue, le cerveau devient pessimiste par la force des choses et pas forcément de façon volontaire. Mais tu peux lutter contre cette tendance, car elle t'empêche inévitablement d'entrevoir un certain répit. Cette lutte est très énergivore par contre...

J'aimerais tellement pouvoir te rassurer, cette personne froide ne me fait nullement peur. J'aimerais pouvoir t'encourager, te dire que tu peux changer ta vie si elle ne te convient pas, mais ce sont des paroles de personne euthymique et je sais qu'elles pourraient se heurter à ce pessimisme justement. Il n'est jamais trop tard pour modifier certains aspects de notre vie, notre comportement et notre façon de voir. Rien, absolument rien n'est éternel, même la souffrance ou le désespoir.
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
isa456
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par isa456 »

Bonjour Floralie,

J'ai changé de pseudo, j'étais Zacharlotte avant. Je t'ai déja rencontrée lors d'une sortie entre membres à Québec. Je t'avais trouvé bien sympathique, la description que tu fais de toi est dure...

Je suis désolée de lire que tu te sens toujours aussi mal, j'aimerais pouvoir t'aider même si je suis loin

C'est une bonne idée de coucher tes idées sur papier, peut être est ce que ça t'aidera à y voir plus clair
floralie
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

Merci pour vos commentaires et encouragements. ;)

Shosin: J'avoue que je suis peut-être dure envers moi-même mais c'est que je ne peux renier ma part de responsabilité dans mon malheur. Certes, les événements de ma vie ainsi que les personnes que j'ai côtoyées ont contribué à façonner la personne que je suis mais il n'en demeure pas moins que je ne peux blâmer entièrement les circonstances extérieures pour expliquer qui je suis devenue. Or, mon mal-être est directement lié à qui je suis en tant que personne. Si j'étais une autre, avec certaines qualités que je ne possède pas ou si je parvenais à voir la vie sous un autre angle ou si j'avais fait d'autres choix dans ma vie, je ne serais possiblement pas rendue dans le gouffre où je suis en ce moment.

Nath: Je te rassure, je suis suivie par une psychologue, une nouvelle en fait que je vois depuis seulement 2 semaines. J'ai consulté plusieurs psychologues au fil des ans dont les deux derniers qui m'ont avoué après 1 an de suivi qu'il se sentaient tout aussi impuissants que moi face à mes problèmes. Tout à fait rassurant et réconfortant. Fait à noter, je prends également des antidépresseurs depuis seulement 18 ans. C'est à se demander si mon corps n'est pas si habitué aux antidépresseurs au point de ne plus en ressentir les effets.

Isa: J'avais également apprécié te rencontrer lors de la sortie entre membres à Québec. Dommage que l'on n'habite pas plus près, nous aurions peut-être pu aller prendre un café ensemble de temps en temps. Merci de me dire que tu es Zacharlotte puisque je n'aurais pas deviné.

Je vous pose quelques questions pour alimenter mes réflexions: qu'est-ce qui vous motive dans la vie, qui vous pousse à continuer à avancer malgré les épreuves et la souffrance ? Est-il possible de trouver un sens et une motivation à notre existence lorsqu'on n'a aucun lien significatif avec quiconque alors qu'il s'agit d'une valeur importante pour nous ? À quoi se raccrocher quand notre existence n'est que souffrance, angoisse et malaises ? Comment peut-on s'en sortir lorsqu'on dispose d'une énergie limitée au point où l'on ressent presque constamment le besoin de se reposer (et dans mon cas, ça s'explique par un problème de santé physique pour lequel il n'y a malheureusement rien à faire à part endurer...) ?
Nath2727
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Nath2727 »

Salut Floralie,

moi, ce qui me faisait continuer malgré la fatigue et le désespoir: je me répétais constamment que mon état n'avait pas toujours été ainsi et que il n'y avait aucune raison pour qu'il le demeure, que toutes ces souffrances étaient TEMPORAIRES...
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
isa456
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par isa456 »

Ça me ferait plaisir de prendre un café avec toi, si tu passes par Québec fais moi signe :)

Pourquoi continuer quand rien ne semble aller comme on veut ?

On se dit que le meilleur est à venir et qu'avec de la médication, une thérapie, de l'exercice, du temps, on peut arriver à se sentir mieux.

Au printemps et à l'été j'étais vraiment dans un creux de vague, maintenant je sens que ça remonte tranquillement, l'énergie revient, l'envie de faire des choses aussi. J'ai espoir que je continue de remonter la pente et que je serai en pleine forme dans quelques semaines.
Ouena
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Ouena »

Pour tenir le coup je tente de vivre en pleine conscience, je médite à ma façon à différents moments de ma journée et je tente d'apprécier chaque petite chose positive, un popsicle, un compliment de ma patronne, une journée ensolleillée. J'essaie aussi de briser mon isolement en me rendant à des sorties avec les anciens du forum comme toi, et en m'inscrivant à un cours de dessin (en janvier il se donne pas à l'automne). Un petit pas à la fois.
floralie
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

shoshin a écrit :Je ne cherche pas à éliminer la souffrance ... elle est là ... qu'elle soit physique ou morale ... mais je n'ajoute rien à celle-ci ... j'essaie seulement d'avoir la juste réaction ... celle qui n'ajoute rien ... être me suffit ...
Certains d'entre vous sont visiblement rendus à un état de sagesse et de détachement que je n'atteindrai peut-être jamais un jour... En fait, personnellement, je n'accepte carrément pas ma souffrance continuelle puisqu'elle m'est justement insupportable. Je ne parviens pas à seulement me "contenter d'être", pour moi, ce n'est pas suffisant. Ça peut sembler superficiel et exigeant mais j'ai besoin de plus que ça pour que je sente que ma vie ait un sens et pour me donner le goût de continuer de lutter au quotidien. Il en résulte bien sûr de la frustration puisque malgré cette lutte perpétuelle, je ne fais que m'enliser.

Je constate également que ce qui permet à d'autres d'entre vous de continuer, c'est l'espoir que ça puisse aller mieux un jour et c'est tout à fait compréhensible comme motivation. Or, dans mon cas, la flamme de l'espoir est quasiment éteinte alors ce n'est pas surprenant que je sois aussi découragée. J'ai vécu d'espoir pendant des années, la flamme s'éteignant graduellement au fil des échecs et déceptions. À un moment donné, aussi pervers soit-il, cesser d'espérer, ça devient un mécanisme de protection pour se prémunir contre les futures déceptions qui sont trop douloureuses à supporter. D'ailleurs, je n'ai aucune preuve ni indice que ma situation s'améliorera un jour, au contraire, elle ne fait qu'empirer plus le temps passe et ce, malgré les thérapies et la médication. Et je ne crois pas qu'un miracle me tombera dessus et transformera ma vie, ça n'arrive que dans les films ou peut-être aux autres mais pas à moi. Je me m'attends pas non plus à ce que la vie mette sur mon chemin une personne qui me sauvera et me redonnera le goût à la vie, ça aussi c'est de l'illusion. Plusieurs personnes, dont un psychiatre, m'ont déjà recommandé de me trouver un conjoint, rien de moins, afin d'atténuer mes souffrances ! C'est fou parfois quelles inepties certains intervenants peuvent dire quand ils se sentent impuissants à aider la personne mais qu'ils n'osent pas lui avouer ou se l'avouer à eux-mêmes. Méchant mauvais conseil, à mon avis, puisque très souvent, une personne qui est mal dans sa peau ne fait qu'attirer un conjoint encore plus tourmenté et malade qu'elle-même, ce qui se termine inévitablement en relation toxique qui ne fait qu'aggraver la situation initiale. D'ailleurs, que le bonheur d'une personne repose entièrement sur la présence d'une autre est, à mon avis, plutôt malsain et donne beaucoup trop de pouvoir à l'autre personne pour la blesser et la manipuler. Qu'en pensez-vous ??
Ouena
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par Ouena »

Tu es très lucide Floralie et c'est intéressant d'échanger avec toi. Contiues de chercher ce qui donnerait un sens à ta vie et je souhaite que ton cheminement avec ta nouvelle psy soit plus fructueux que les autres. Cent fois sur le métier il faut remettre l'ouvrage. Il ne se produira pas de miracle mais je souhaite que la vie soit meilleure avec toi un peu plus chaque jour. Donnes des nouvelles.
floralie
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Re: Mon journal: Mélancolique solitude et amère lassitude

Message par floralie »

shoshin a écrit :Cherche tu as atteindre? Avant d'être simplement ... il y a rien à atteindre ... tout à vivre là maintenant avec ce qu'on a ...
Ce que je cherche à atteindre ? Simplement d'être bien avec moi-même et avec la vie... ce que je n'ai jamais connu, en fait. Certes, j'ai déjà vécu des périodes un peu moins pénibles qu'en ce moment mais je crois que ce qui fait la grande différence maintenant, c'est l'usure du temps, la perte de l'espoir de me sentir mieux un jour. Je souffre beaucoup de solitude; mon réseau social est quasi-inexistant et j'ai une micro-famille qui ne se compose que de mes 2 parents déjà âgés. Pourtant, je suis une personne introvertie qui a besoin de moments de solitude quotidiens, je ne demande donc pas d'être constamment entourée de gens, loin de là. Toutefois, ma vie n'est que solitude et isolement, au point où je pense à m'inventer un ami imaginaire à défaut d'être capable de tisser des relations réelles avec de vrais humains. Je n'ai absolument aucune aptitude concernant les contacts humains en général alors ce n'est nullement surprenant que je sois aussi isolée. Peut-être que, paradoxalement, j'ai une vision trop idéalisée des contacts humains que je souhaiterais avoir. Ce qui me manque cruellement, c'est d'avoir des relations significatives, profondes et réciproques. C'est un peu à l'image de l'ami idéal à qui on peut tout dire sans se sentir jugé et réciproquement. La quête inaccessible de toute une vie dans mon cas. Dans ce sens, l'ami imaginaire a ça de rassurant que c'est nous -même qui le créons alors on est sans crainte d'être jugé ou rejeté. Depuis mon enfance, j'ai toujours eu des chats; avec eux aussi, pas de risque d'être blessée ou jugée. En prime, contrairement à l'ami imaginaire, il est possible d'avoir de vraies interactions, du moins, si l'on considère une interaction comme étant simplement une réaction de part et d'autre aux comportements ou aux paroles de l'un et de l'autre. N'empêche, malgré toutes leurs qualités indéniables et leur caractère rassurant, les animaux ne parviennent pas à combler entièrement le vide humain dans une existence. Et, malheureusement, l'humain est un être social qui ne peut pas vivre totalement isolé et sans contact significatif avec ses semblables sans ressentir un vide immense et un manque de sens dans son existence. Et, pourtant, la nature humaine me dégoûte souvent bien plus qu'elle ne m'enchante, surtout dans une société aussi nombriliste et superficielle que la nôtre.
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